Pour nous chrétiens, Dieu se présente à nous sous trois noms : Dieu est Père, il est Fils et il est l’Esprit dont la mission est d’unir les deux. C’est d’ailleurs au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit que l’on commence et termine les offices religieux, que l’on baptise, que l’on accorde le pardon, que l’on bénit les personnes…

Or Dieu a beaucoup agi et parlé. Il est à l’origine de ce qui existe concrètement. Mais personne ne l’a jamais vu. Sauf deviné à travers l’immensité de l’univers et la complexité de ce qu’il renferme de végétaux, d’animaux sur terre et dans les océans, et bien sûr l’être humain. En observant, en explorant, en découvrant ce monde toujours de mieux en mieux, certains ont conclu que tout cela était apparu sans que personne ne le veuille, par le fait des hasards. D’autres au contraire voient dans les merveilles de la Nature l’œuvre et la volonté d’un Etre supérieur, selon ce principe universel de base que nul n’est jamais l’auteur de sa propre existence. Ils lui ont donné le nom de Dieu, c’est-à-dire l’Etre qui, lui, existe depuis toujours et pour toujours. Qui n’est pas soumis à l’encadrement du temps, du lieu et des limites physiques en général.

A toute époque de l’histoire, des penseurs, des chercheurs, des philosophes ont cherché à le définir et le décrire. Certains ont fabriqué son visage sous forme de statue divine. D’autres, sceptiques, à défaut de pouvoir se le représenter, ont conclu à son irréalité. Dieu est un leurre, une virtualité, et le chercher est un gaspillage d’énergie. Nous le savons tous, tout a été dit et écrit sur Dieu, entre ceux qui croient et ceux qui en nient la réalité.

Or nous, les chrétiens, nous affirmons que Dieu a pris visage humain et qu’en vivant parmi nous dans une séquence de l’histoire humaine, Jésus nous a montré qui est Dieu, ce qu’il pense et quelle relation il souhaite développer avec nous sur terre. Les récits des évangiles et des écrits profanes authentifient les faits, gestes et paroles de Jésus et nous donnent à le connaître. Notre désir instinctif et naturel de voir et connaître Dieu rejoint la volonté qu’a Jésus de nous le révéler clairement. Pour satisfaire non seulement notre besoin d’expliquer,  mais aussi la nécessité que nous ressentons de donner de l’assurance à nos vies par des repères, des signaux, des orientations qui en fournissent le sens. Jésus finira par désigner sa venue ainsi : « Je suis venu pour que tous aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ». Et un jour il se définira ainsi : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». Ainsi, croire en Jésus et s’efforcer de pratiquer l’Evangile, c’est marcher en compagnie de Dieu.

Après avoir vécu assez de temps pour incarner ce chemin humain, Jésus a physiquement disparu. Il fallait qu’il s’efface pour laisser place à l’Esprit. De nouveau Dieu serait à chercher à l’intérieur de soi. Il ferait signe, appellerait, chuchoterait, suggèrerait, apporterait sa lumière et son énergie vitale dans la conscience de tout être humain et dans le cours des petits et grands événements de sa vie. C’est la grande œuvre accomplie par Jésus. Il nous dit : découvrez et rencontrez Dieu dans la multiplicité des êtres et des choses qui existent, au moyen de votre conscience, de ce que les évangiles et l’Eglise vous font connaître de Dieu.

D’ailleurs les croyants ne sont-ils pas appelés à s’exercer à reconnaître le passage de Dieu dans les pas des hommes qui avancent ? Comme Dieu créateur dont on ne voit la présence qu’à travers les effets de son passage, l’Esprit Saint, présence intérieure, n’est perceptible que lorsque celui qu’il touche se met à bouger, à s’améliorer, se transformer, prendre des initiatives bénéfiques. N’est-ce pas ce qui s’est passé ce jour de Pentecôte ? Les apôtres n’ont plus peur, ils osent, ils parlent avec clarté et conviction, ils témoignent. Et leur parole rejoint chacun dans sa propre situation. L’Esprit traverse toutes les frontières…