Lorsqu’un couple se présente à l’Eglise pour se marier devant Dieu, il aspire à fonder aussi une famille et il arrive même qu’il ait déjà conçu des enfants auxquels il veut offrir une parentalité confirmée et engagée. Aussi, en accompagnant un couple vers son mariage, on s’attachera à évoquer l’importance des relations parentales et la vie familiale qui en découle. Dressons donc une liste, bien sûr non exhaustive, des points d’attention auxquels un couple chargé d’enfants doit s’efforcer de veiller.

La santé vient en premier lieu puisqu’un bébé doit son développement physique et biologique aux soins vigilants de ses parents. Tout en étant intégralement un être humain à part entière depuis sa conception, sa vie est donc totalement assistée par ses parents. Ceux-ci doivent lui parler et favoriser l’éveil du langage, le goût de communiquer par les sons, car c’est ainsi que l’enfant aura à son tour le goût d’écouter et de s’exprimer. On observe qu’une fratrie facilite l’accession à cet « entre-tient » avec les proches. L’habitude du dialogue dans le couple, le respect mutuel avec lequel il est conduit, la qualité d’écoute et la confiance créent un climat familial favorable à la croissance intellectuelle et morale, spirituelle, des enfants.

Les adultes ont aussi à initier leurs enfants à l’admiration, en silence et avec le minimum de commentaires, à ce qui est beau et magnifique, à ce qui est bien et bon, juste et vrai, à ce qui est mieux et préférable, à ce qui est gratuit et bénévole, accordé, don et pardon. Centrés sur eux parce qu’ils aspirent à construire leur « moi personnel », les enfants devront aussi éprouver au contact de leurs proches et de leurs semblables la joie d’associer leur « Je » à un « Nous » familial et social. Naturellement enclins à imiter et mimer, ils  devront peu à peu s’appuyer sur la découverte de leurs propres talents, qualités et capacités, pour oser leur propre personnalité en paroles, en convictions exprimées et en initiatives et actions assumées.

Il arrive que des parents, parce qu’ils sont habités par la crainte, jalonnent le chemin de leurs enfants d’interdits multiples. L’éducation n’incite-t-elle pas au contraire à remplacer ces panneaux par d’autres qui incitent à penser, analyser, discerner, choisir et décider toujours plus par eux-mêmes, non pour être indépendants et sectionner les liens, mais pour devenir plus autonomes, c’est-à-dire progresser par leurs propres moyens, quitte à consulter les adultes pour recevoir leurs conseils, leur approbation ou leur désaveu !

Les parents auront à faire passer à leurs enfants le cap, parfois déstabilisant, voire cruel, de la découverte et de l’expérience, de la différence, des différences. Car celles-ci peuvent générer des tendances à établir une échelle de valeurs, à rivaliser et dominer. Il nous faut intégrer le principe positif que l’altérité, les différences, n’amputent nullement l’égalité, la dignité de tout être humain, quelle que soit sa situation personnelle, familiale, sociale, religieuse, culturelle, mais qu’au contraire cette pluralité de situations offre autant d’occasions d’invitations à s’enrichir.

Enfin, je voudrais attirer l’attention des parents sur cette phrase que certains prononcent parfois lorsqu’ils décident de « différer » le baptême de leurs enfants en disant : « Ils choisiront eux-mêmes plus tard ». Oui ! Vous considérez-vous responsables, en ce domaine spirituel et religieux, de leur fournir les « éléments » dont ils auront besoin pour choisir ? Ou, comme au désert où aucune piste ne s’impose, en une étendue vague, les laisserez-vous errer sans leur donner aucune direction ni aucune instruction ?...