Les billets du Père Lucien Marguet

Chroniques et billets de réflexion sur des thèmes religieux, de société et d'actualité

09 novembre 2007

Dis-toi que Dieu t'appelle à être saint...

Quand tu ne ramènes pas tout à toi mais t'intéresses à ce qui est important pour les autres,

Quand tu t'efforces sincèrement d'être vrai et amical,

Quand tu éprouves de la joie devant le bonheur d'autrui et sais compatir à leurs souffrances,

Quand tu sais rendre le bien pour le mal,

Quand tu ne baisses pas les bras devant un projet juste mais difficile,

Quand tu ne te contentes pas de voir mais entreprends ce qui te parait utile en conscience,

Quand tu n'accroches pas ta vie au paraître mais à l'Etre,

Quand tu es bienveillant avec ceux qui se trompent ou s'égarent tout en demeurant ferme en tes convictions,

Quand tu prends du temps pour nourrir ta relation avec le Christ dans la lecture de la Bible, la pratique des sacrements, celui de l'Eucharistie et celui du Pardon, et la prière intime,

Quand, pour réfléchir et choisir, tu invoques l'aide de l'Esprit Saint,

Quand tu offres tes talents, tes dons, tes qualités et ce que tu possèdes au service des autres,

Quand tu t'engages et t'impliques en osant prendre des risques,

Quand tu t'investis pour la vie interne et missionnaire de l'Eglise,

Quand tu acceptes les responsabilités auxquelles on t'appelle,

Quand tu contribues en paroles et en actes à faire connaître et aimer Jésus-Christ et les valeurs que diffuse l'Evangile,

Quand, tout en étant pleinement investi quelque part, tu t'intéresses à ce que vivent les autres ailleurs,

Quand tu t'efforces de conjuguer l'oraison et l'action,

Quand le bien est plus important dans ta vie que le bonheur qui d'ailleurs en découle,

Alors...

... dis-toi que tu es sur un chemin de sainteté.

Posté par lucien marguet à 15:19 - "Saints" d'aujourd'hui - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 mai 2007

Frère Roger Schutz...

Le frère Roger Schutz, fondateur de la communauté de Taizé, a été  assassiné mardi soir 16 août 2005 alors qu’il priait au milieu de ses  frères dans le chœur de l’église de la Réconciliation. Il avait 90 ans. Il était devenu un symbole de l’ouverture à la différence et de l’affirmation de la ressemblance, un témoin de la diversité et de la recherche d’unité. Son visage lumineux, son regard profond, son sourire confiant, sa voix douce, ses mains ouvertes, son comportement modeste, traduisaient immédiatement le Christ qui l’habitait et l’animait.

Que de jeunes passés à Taizé ont reçu dans ce haut lieu de la spiritualité la grâce de l’éveil à la foi, à la prière intime et communautaire, que de jeunes ont expérimenté à Taizé la pluralité et l’universalité de l’Eglise, que de jeunes ont découvert là l’appel à s’engager au service des autres !

Frère Roger homme de paix est mort dans la violence, lui qui n’avait choisi que la puissance de l’amour, de la foi et de l’Espérance… Volontairement désarmé de tout autre moyen que celui de « sa parole », Frère Roger, au nom de Jésus, a été un semeur d’Evangile en tant de cœurs humains !

Cette violence extrême qui tue le corps mais n’atteint pas l’esprit doit nous tenir vigilants sur toutes les formes de violence qui, tout en blessant, laissent vivants : calomnies, délations, mensonges, préjugés, condamnations, mépris…!

Comme le disait si bien Paul Ricoeur, l’un des plus grands penseurs et philosophes chrétiens du XXème siècle décédé il y a peu à 92 ans, « Le seul pouvoir de Dieu, c’est l’amour désarmé… Dieu n’a pas d’autre puissance que celle d’aimer et de nous adresser, lorsque nous sommes dans la souffrance, une parole de secours… Le visage humain est le lieu de  l’extrême vulnérabilité, mais aussi par la bouche et par les yeux le lieu de la sortie de soi… Le visage est la seule icône que nous ayons de Dieu. Et ce visage humain, visage de Dieu, est aussi le visage de la faiblesse, de la non puissance de Dieu et en ce sens seulement de la puissance de Dieu. »

A côté de la photo de Mère Teresa, de Jean-Paul II, on peut accrocher cette autre icône de Dieu, celle de Frère Roger Schutz…

Posté par lucien marguet à 15:18 - "Saints" d'aujourd'hui - Commentaires [0] - Permalien [#]

L' Abbé Pierre : "Il a essayé d'aimer"

Il s'appelait Henri Grouès. On lui donna le nom de Pierre quand il entra dans la résistance contre le nazisme. Il fit passer des Juifs en Suisse. Sa capacité à la lutte, non violente et déterminée, illustra à merveille ce nom de Pierre qui évoque la solidité et la fermeté.

Parmi toutes les sources qui lui ont fourni l'énergie spirituelle pour accomplir son formidable parcours humain et chrétien, il faut d'abord citer sa famille, bourgeoise de Lyon, pour qui posséder de l'argent et des talents invitait surtout à les développer et les mettre au service de la vie de tous.

Articulé à l'éducation familiale, le scoutisme auquel il a participé durant son enfance et son adolescence l'a également encouragé à faire de sa propre vie ce qu'il voyait faire à son père dans la sienne : secourir et servir. Ses compagnons scouts lui avaient donné pour nom de totem "Castor méditatif". Ce vocable sera pleinement exprimé par sa personnalité à la fois réactive et entreprenante et dans le même temps par sa quête incessante d'intériorité aimantée par la miséricorde d'un Dieu d'Amour sans bornes.

Enfin, la troisième source qui est venue rejoindre les deux autres pour faire ensemble de sa vie un torrent impétueux fut la spiritualité franciscaine. Il entretint toujours le sincère désir de conformer sa vie aux vœux de pauvreté, d’obéissance et de célibat consacré.

J'ai un souvenir personnel de l'abbé Pierre. C'était lors de la messe des funérailles combien émouvantes et priantes de l'Abbé Joseph Wresinski à Notre-Dame de Paris. En présence d'une assemblée composée des plus hautes autorités de l'Etat, d'acteurs et d'alliés du mouvement ATD Quart Monde et des plus pauvres de la société, l'abbé Pierre avait concélébré avec le cardinal Lustiger et de nombreux prêtres dont j'étais. Alors que nous étions revenus à la sacristie, il nous confia combien il se sentait proche de son ami Joseph. Tous deux ne voulaient-ils pas sauver les pauvres de la misère en leur donnant l'occasion de devenir eux-mêmes sauveurs ? L'abbé Pierre, fils d'administrateur de sociétés textiles, rejoignait les convictions et l'inspiration du Père Joseph, fils d'immigrés polonais miséreux. Tant ATD qu'Emmaüs sont devenus dans le monde des mouvements que les deux abbés ont confiés à des laïcs de grande pointure "humaniste"... Gageons que les deux fleuves n'oublieront pas les sources d'où ils viennent !...

L'abbé a demandé que soit inscrite sur sa tombe en épitaphe cette simple phrase : "Il a essayé d'aimer"...

Posté par lucien marguet à 15:15 - "Saints" d'aujourd'hui - Commentaires [0] - Permalien [#]



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