18 février 2009
Se mettre à la place de l'autre
J'ai ma propre histoire, je suis marqué par ma culture, la mentalité de ma famille, les conditions dans lesquelles je vis ; mon interlocuteur aussi, mais de façons différentes. Pour que le courant passe bien entre nous, nous avons intérêt à discerner en quel point de vue chacun est situé. La tentation est instinctive de prendre pour universelle notre conception singulière et particulière. Le mari devra se mettre à la place de sa femme et réciproquement. Les parents doivent apprendre à considérer leurs enfants dans leur environnement scolaire et culturel, dans le réseau de leurs relations. Les conflits, les incompréhensions naissent souvent d'une mauvaise connaissance des autres.
Pour autant s'efforcer d'apprécier les situations et les conditions qui influencent les personnes et leurs choix n'est pas s'amputer du droit de marquer sa différence. Aussi longtemps que nous ne cherchons dans les autres que les traces de ce que nous sommes nous-mêmes, nous aurons des difficultés à dialoguer et à nous comprendre. Pratiquer l'altérité, accepter les différences, renoncer à l'amalgame, peuvent aider à dialoguer en vérité. Un proverbe dit : "Pour comprendre quelqu'un, il faut avoir longtemps marché avec ses godillots..."
20 novembre 2008
Arrêtez la rumeur...
Le jeu dit "du téléphone" rencontre souvent la faveur des enfants. On forme un cercle. Un joueur chuchote à l'oreille de son voisin une phrase que celui-ci devra transmettre. Et le dernier récepteur dit à voix haute la phrase telle qu'il l'a comprise. Ce qui déclenche en général un éclat de rire des participants, à commencer par son concepteur. Car souvent cette phrase, après avoir circulé de bouche à oreille, se trouve déformée. Parfois elle a même perdu tout sens.
Ce jeu d'enfants montre ce que devient un secret lorsqu'il est répété au premier venu par un indiscret. Celui-ci va modifier les mots, en retrancher ou en inventer d'autres. Le contenu et le sens finissent par être très éloignés de l'objectivité première. Personne ne sera en mesure de vérifier, de rectifier. Il est facile de lancer un bruit, de le faire courir, de l'amplifier. Il est facile de médire, de calomnier, de mentir. Dans le jardin d'Eden, Dieu avait permis à Adam et Eve de se servir de toute la nature, sauf d'un arbre interdit. Le serpent diabolique transforme l'interdit d'un arbre en interdit de tout arbre. Il introduit, par le mensonge, la convoitise de l'homme de se faire Dieu plutôt que d'assumer la condition humaine.
Déformez, falsifiez, calomniez, inventez, colportez, il en restera toujours quelque chose : comme un parfum de scandale, une salissure indélébile, une rumeur comme un incendie ravageur. Le seul pare-feu, c'est de faire taire et de taire un bruit, c'est de refuser les "on dit" et les "à peu près"... C'est d'être soi-même clairement porteurs de vérité. Mieux vaut avouer ne rien savoir que se faire colporteur de "rumeurs"...
27 janvier 2008
Etre à l'écoute de l'autre
Un dialogue a des chances d'être fécond si les interlocuteurs ne cherchent pas coûte que coûte à avoir raison, mais désirent en priorité progresser vers plus de vérité et de Bien. En toute discussion, il est utile de discerner à quels ressorts intérieurs il est fait appel. Si l'on recherche un consensus à tout prix en éludant tous les sujets qui fâchent, le contenu de l'échange ne va-t-il pas s'en trouver tronqué ? Si l'on minimise dès le début les différences de point de vue, ne va-t-on pas faire avorter tout débat et empêcher tout enrichissement d'idées ?
Enfin, un dialogue est envisageable lorsqu'il est entouré de simplicité et d'humilité, lorsque les silences que chacun ménage permettent aux autres de déposer leur parole, lorsque personne n'est interrompu ni dominé par des discours ne visant qu'à se justifier, lorsque chacun s'efforce de considérer, respecter et comprendre les propos des autres, sans les déformer ni les détourner.
Pour qu'un échange soit un profit pour tous, il faut à la fois que chacun puisse exprimer ses idées et se soumettre à une très sincère écoute de celles des autres, il faut aussi que la confrontation qui s'ensuit soit toujours bienveillante, confiante et courtoise, et vécue dans un désir de se rapprocher ensemble d'une vérité qui appelle chacun à avancer.
