01 octobre 2008
L'appel
Chaque être humain, au fond de sa conscience, reçoit et ressent des appels à faire tel choix, à poser tel acte, à s'engager dans telle ou telle direction. On peut dire qu'il est attiré, impressionné, à l'occasion d'une rencontre avec une personne, une parole..., ou peut être marqué par un événement qui devient un panneau indicateur pour continuer, ou même un carrefour qui oriente la marche.
Les appels les plus personnels et intimes se font parfois lors d'une épreuve, un échec, une période de désert. Les croyants peuvent entendre Dieu les appeler à réagir, à se relever, à prendre la parole, lors d'une prière personnelle ou lors d'un rassemblement. Parmi les signaux qui transmettent un appel comptent beaucoup la lecture et la méditation de textes bibliques. Les récits des vocations de Moïse, Elie, Isaïe, Samuel, et bien sûr l'appel à le suivre que Jésus adresse directement à des hommes sont de nature à révéler aux chrétiens qui les entendent leur propre vocation. L'appel rend plus clair en soi l'orientation d'une vie. Un des signes qui authentifient l'origine divine d'un appel, c'est que peu à peu il est reconnu et publié par l'Eglise elle-même.
Seule une conscience ressourcée et exercée saura interpréter les signaux rencontrés en cours de route. Etre chrétien, c'est à la fois avoir son portable pour entendre les appels, y répondre et en fonction orienter sa vie. La fréquentation du Christ par la connaissance des évangiles qui nous parlent de ses attitudes, ses choix, ses réactions, ses enseignements, finit par imprégner l'esprit et le cœur des amis de Jésus et leur faire adopter la même façon de vivre.
06 septembre 2008
Celui qui aime vivra
St Jean nous affirme que tout l'Amour dont notre quotidien est à la fois imprégné et en recherche nous donne de vivre maintenant. Or celui qui aime en cette vie a dès maintenant pied dans l'Eternité. Puisque Dieu est Amour.
Si tu aimes, tu vis. Si tu vis, alors tu n'as qu'à aimer. Ce monde est laid si l'on ne regarde que la violence, l'intolérance, la haine, les guerres, mais ce monde est en même temps magnifique si l'on regarde le cœur d'un jeune qui découvre la tendresse, l'amitié joyeuse d'une rencontre, le don de la vie que font des parents à leur enfant, le courage des savants, la solidarité de tant de gens…
St Jean nous dit : "si vous aimez, maintenant vous trouverez la vie. Et cette vie vous fera passer la mort."
17 juin 2008
Ma feuille de route...
J'ai rencontré le Christ dans ma vie. Il m'a appelé à le suivre. Rien n'a compté plus pour moi que d'être à son service en m'efforçant d'être son témoin auprès des gens rencontrés. Je crois en Lui. Or, pour lui, rien n’est plus important que la vie : la vie dans toute son épaisseur. La vie, c’est son sens, c’est chercher des réponses aux pourquoi naître, vivre, aimer, mourir... La vie, c'est aussi s'engager pour qu'elle soit meilleure.
Etre prêtre, c’est marcher avec tout le monde, chacun ayant sa lampe à la main. Non une lumière aveuglante, mais une lumière qui éclaire les pas de chacun et ceux des autres. Je pense que celle des chrétiens est une bonne lampe pour progresser. Je veux la partager, non pour nous mettre en lumière, mais pour faciliter l’avancée de tous. Dans la vie, tout le monde a besoin d’eau, d’air et de lumière. Etre chrétien, c’est s’oxygéner à l’Evangile. En cours de route, chacun a besoin de ressourcer sa vie. Les chrétiens ont leur nappe phréatique que leur foi en Dieu réapprovisionne sans cesse.
Prêtre, je suis d’abord un homme qui cherche, comme tout le monde, des réponses aux questions rencontrées dans la vie. Or comme avec la foi je pense avoir trouvé des réponses à la vie, ma façon d’être solidaire et frère, c’est de partager ce que j’ai trouvé. Et c’est une personne : le Christ. Il n’a pas réponse à tout. Il est pourtant « Chemin, Vérité et Vie ». Le Christ, c’est l’homme tel que chacun doit tendre à devenir pour être vraiment homme. Et les gens qui comme moi croient au Christ sont regroupés, et cela s’appelle l’Eglise. Nous ne sommes pas regroupés contre d’autres, mais pour approfondir notre lien et servir les autres pour qu’ils connaissent aussi la source et la destinée de toute vie. Nos réponses chrétiennes, ce n’est pas une pensée unique, clés en mains, sous vide, abstraite... mais une Personne qui nous regarde et qui nous aime, qui nous entraîne à sa suite. Croire en Dieu, pour moi, cela implique de croire encore plus en l’homme, car croire en Dieu c’est avec lui croire en l’homme, quand bien même les raisons de désespérer l'emportent parfois sur le moment !
Deux mots peuvent résumer cela : vie et sens. Une vie que l’on reçoit mais qu’il faut développer. Un sens qui existe mais qu’il faut chercher. Et si l'on conclut et croit que Dieu existe, il n'est que justice de le faire savoir et connaître ! C’est même un devoir. Et aussi une preuve de fraternité.
21 septembre 2007
L'homme intérieur
Ephésiens 3 16-21
En regardant un bel arbre, le commerçant évaluera le prix à en tirer, l'ébéniste quel meuble il peut fabriquer, le poète remarquera sa stature et la beauté de ses branches. Notre situation conditionne notre regard et l'appréciation de ce que nous voyons.
Devant un être humain, il y a tant d'aspects différents à découvrir. Son apparence, son visage, son allure que l'on peut percevoir et décrire. Mais déjà une limite s'impose : qui est-il ? D'où vient-il ? Quelle est son histoire ? Cela, je peux encore le découvrir s'il me le confie. Son caractère, son tempérament et ses désirs, ses besoins, ses idées, il peut aussi m'en parler. Mais quel est l'avenir de cette personne ? Plus encore, quel sens a son existence ? Quelle source alimente son goût de vivre, ses choix de liberté et de responsabilité, de donner et d'aimer ? En un mot, pourquoi, par qui, pour qui vit-il ?
La frontière entre savoir des choses sur quelqu'un et croire en lui a été franchie. C'est toute la différence entre connaître et aimer. Aimer inclut la connaissance et la déborde de beaucoup. N'est-ce pas au fond le message contenu dans ce texte de Paul aux Ephésiens ? L'amour fait comprendre d'avantage : "enracinés et fondés dans l'amour, vous aurez ainsi la force de comprendre, avec tous les saints, ce qu'est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur... et de connaître l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance".
Quand cette personne est un nouveau-né, un bébé, chacun comprend que l'amour des parents finit par leur faire savoir des choses que nous ne voyons pas. Depuis sa conception jusqu'à sa naissance et maintenant sa croissance, un lien de tendresse et d'amour unit les parents à leur enfant. Cet enfant est un concentré d'Amour. Désiré et né par Amour. Aimé tendrement par Dieu d'Amour. Promis à un avenir grâce à l'Amour.
04 septembre 2007
La beauté sauvera le monde
Aujourd'hui, plus que jamais, la beauté est un chemin privilégié qui conduit vers Dieu.
15 août 2007
La foi comme l'eau d'une source
Comme l'eau provient de la source et passe par des torrents, des ruisseaux, en irriguant les terres avant de se jeter dans l'océan, la foi a son origine en Dieu et alimente le jardin personnel des humains et leurs champs communautaires. Oui ! Le fait de croire en Dieu a forcément un impact sur les comportements, les choix, les actions individuelles et politiques. La pluie arrose les plantations, et l'irrigation prend le relais en période aride et sèche. Les pluies abondantes, filtrées par la terre, sont stockées pour former des nappes phréatiques qui offrent leur eau pure et fraîche aux marcheurs déshydratés, aux troupeaux assoiffés, et elles pourvoient ainsi aux besoins des terres avides et gourmandes.
L'Eglise, par ses sacrements, a reçu la mission du Christ d'offrir ces dons de Dieu. A l'image du marcheur, aux grandes étapes de l'existence - naissance, adolescence, mariage, âge avancé, mais aussi les pardons réclamés et les réconciliations scellées -, l'Eglise accueille et accompagne, compatit et réconforte, écoute et donne confiance. L'Eglise est dépositaire agréée du Don de Dieu "à qui rien n'est impossible".
30 mai 2007
"Les valeurs" peuvent-elles exister sans source ?
Nombre de gens affichent leur bienveillance vis-à-vis de la foi chrétienne. Mais à la façon de spectateurs devant leur téléviseur. Ils regardent à distance, mais sans participer. Certains déposent leurs enfants aussi bien au caté qu'au foot ou à la danse et demandent à quelle heure il faut venir les rechercher. Ils reconnaissent volontiers à la religion le rôle important d'offrir des valeurs humaines afin d'apprendre à bien se conduire dansa la vie. Ce mot "valeurs" est souvent évoqué. Ces personnes attendent de l'Eglise qu'elle leur livre ces "valeurs" sous vide, clés en mains..., telles des clients qui veulent consommer ce qu'ils viennent d'acheter.
Les habitants de la vallée ont l'eau courante dans leur maison, elle jaillit même sur la fontaine du village. Mais si peu se demandent d'où vient cette eau, si peu en connaissent la source... Il en est ainsi des valeurs, qui n'existent pas sans une source pour les alimenter et les renouveler sans cesse. Cette source principale est souvent cachée et secrète au cœur de la montagne, sous un rocher, près d'un ravin...
Etre chrétien, ce n'est pas seulement vivre des valeurs, c'est connaître en amont la source de toute réalité humaine. C'est aussi se savoir chargé de la faire découvrir à d'autres afin que, même en saison sèche et traversée désertique, il y ait cette certitude qu'il existe "plus haut" cette source intarissable qu'est Dieu.
24 mai 2007
Le sel et la lumière
Matthieu 5 13-16
"Vous êtes le sel de la terre", disait Jésus. La foi est comme du sel. Le sel n'est pas fait pour rester dans la salière. Il n'est heureux et précieux que mélangé à la nourriture. Ni trop, ni pas assez. Lorsqu'il est mêlé, on ne le voit plus. Mais on ressent sa présence quand les aliments en sont imprégnés. Comme le sel est mélangé, la foi est mêlée à la vie.
Comme le sel en cuisine, la foi donne goût et saveur à notre vie. La foi imprègne notre humanité, nos choix, nos actes, nos attitudes, nos paroles, sans les dénaturer. On ressent la présence de Jésus en quelqu'un au travers sa façon de vivre. La foi à l'état pur et surtout à l'extérieur et à côté de la vie est comme du sel qui reste sur la table. La foi, comme le sel, est modeste et humble, mais pas dissimulée. On sent sa présence ou son absence. Elle doit être bien dosée.
Jésus disait encore : "Vous êtes la lumière du monde". Non une lumière qui éblouit et aveugle, qui veut qu'on la regarde, mais une lumière qui permet de voir, de découvrir, connaître et se reconnaître. La foi ne cherche pas à éblouir et s'imposer. La foi éclaire nos pas en cours de route. Elle est signal lumineux dans les nuits. La foi ne se met pas en avant. Elle focalise sur le présent à vivre et la confiance à susciter pour l'Avenir. La foi dans le Christ permet de découvrir dans les visages étrangers des frères et sœurs en humanité à rencontrer, Jésus lui-même à reconnaître.
Le sel de la terre
Jésus aurait vécu dans la presqu'île du Croisic, il aurait sans doute fait de la récolte du sel marin une Parabole...
L'eau chargée de sel arrive jusqu'au cœur des terres. Elle transporte et dépose ce sel. Ayant ainsi accompli sa mission, l'eau s'évapore sous l'action du soleil et du vent.
Et le sel est là offert, donné gratuitement ; ainsi l'Evangile est-il diffusé par les chrétiens, en Eglise !
C'est du bon sel pour la terre des hommes. A la disposition de tous.
Chacun de l'Evangile peut s'inspirer et guider sa vie. Et comme le sel donne saveur et goût aux aliments..., l'Evangile du Christ donne sa pleine teneur divine à l'humain.
Ecrit sur la saline de Jean-François LEHUEDE
Développer en soi des "raisons" et "un horizon"
On ne peut identifier le progrès d'une civilisation seulement à la capacité de produire et au pouvoir de consommer. Si chaque être humain n'accorde son existence qu'à la jouissance de biens matériels, il prend le risque de faire dépendre le sens de son existence de réalités dont il n'a pas entièrement la maîtrise.
En effet, au gré des aléas économiques et des évolutions politiques et sociales, il peut perdre son emploi ou subir un revers financier et se voir privé de tout pouvoir de consommer. Sa vie s'en trouve désorientée. Et s'il n'a pas en lui développé une énergie qui lui donne la force et la volonté de franchir cette épreuve, s'il n'a pas entretenu une vie spirituelle qui "entretient" en lui une Espérance qui le pousse en avant et lui conserve le goût et l'enthousiasme pour recommencer, poursuivre, élaborer des projets, en un mot s'il n'a pas des raisons et un horizon personnels de vivre, une source vitale intérieure, alors il est tributaire des conditions et des circonstances de son existence.
Je ne minimise pas l'importance du milieu, de l'environnement, je trouve pourtant encore plus important de donner à tous le goût et le désir de se forger une personnalité curieuse de savoir, heureuse de développer des capacités, des qualités humaines, une sagesse de l'existence, et pourquoi pas de viser une sainteté, qui ne laisse jamais en rade sur la route ceux que la société "marchande" abandonne. Mieux vaut produire son énergie soi-même que d'être à la merci de fournisseurs imprévisibles !
