11 septembre 2009
Des paroissiens missionnaires
Jésus
a commencé l’Eglise avec douze hommes dont un l’avait renié et un autre trahi
et vendu. Le petit nombre de convaincus de foi en Jésus ne doit pas faire
baisser les bras et surtout pas inciter à se replier sur le cercle des
croyants. L’Eglise, par nature, est tournée vers l’extérieur. Elle se renierait
et cesserait d’être la communauté des amis de Jésus si chacun de ses membres,
en même temps qu’il s’efforce de nourrir et pratiquer sa foi, n’essayait de la
diffuser en paroles et en actes. Dans notre siècle, rendre compte de sa foi et
la proposer autour de soi demande audace et confiance. Cela exige d’avoir
soi-même pris conscience de ses propres raisons de croire. Cela appelle d’avoir
réfléchi à la meilleure façon d’en parler et de savoir saisir toutes les
occasions de le faire.
La
grande tentation, pour les chrétiens, est de se croire assiégés par un monde
sécularisé et matérialiste. Le piège serait pour eux de se retrancher du Monde.
L’Eglise, ici ou là, peut prendre l’apparence de clubs privés et fermés avec
ses règles dont seuls les initiés ont la clé. J’ose le dire, dans la
propagation de la foi il faut le dynamisme et l’enthousiasme que l’on rencontre
parfois chez certains dans l’exercice de leur profession. Certains vont me
dire : Pourquoi ne parlez-vous pas de l’Esprit Saint, lui qui est si
actif ? Oui, l’Esprit Saint agit, mais aussi avec les chrétiens dont il
fait des témoins.
L’Eglise
n’a pas vocation à prendre possession du monde, mais à être signe du Christ.
Les membres de l’Eglise seront toujours le petit nombre. Ceux qui la font vivre
ressemblent souvent à ces gens qui ont accepté d’entretenir le feu. Ils le
rechargent de bois. Ils veillent pour que la flamme demeure. Tout le monde le
voit et en bénéficie, surtout dans la nuit. Les passants peuvent s’y arrêter,
s’y éclairer et s’y chauffer. L’Eglise, heureusement qu’elle est là avec sa
poignée de pratiquants accueillants et rayonnants…
12 novembre 2008
Que faisons-nous de nos églises ?
Que pouvons-nous donc faire de nos églises au moment où les chrétiens aiment se regrouper pour des assemblées paroissiales dans lesquelles chaque croyant, quel que soit son âge, peut se sentir partie prenante et soutenu dans sa foi ? Une église propre, embellie, fleurie, ouverte, invite le passant à s'arrêter. On peut y prier seul, en groupe. La messe de la fête du village, la St Eloi, les mariages, les obsèques, peuvent s'y dérouler. Des concerts, pourvu qu'ils soient en harmonie avec le lieu sacré, peuvent y être donnés. Le chapelet en mai et octobre, mois dédiés à Marie, peut y être récité. Des groupes d'enfants peuvent y être initiés à l'art, à l'histoire et, dans le cadre de la catéchèse, au recueillement et à la prière intérieure. Et tant d'autres initiatives cultuelles et culturelles possibles... Je pense à l'excellente initiative des visites de nos églises organisées en été...
A côté de l'école, de la mairie, du silo à grains, lieux d'utilité pour la vie quotidienne et citoyenne, n'est-il pas heureux que l'église soit le lieu qui rappelle la gratuité, le besoin d'oraison et de contemplation, et le désir en chacun de se rassembler par delà toutes les différences qui nous séparent ? Le clocher pointé vers le haut n'est-il pas un rappel visible de la verticalité de notre vie et une invitation à nous "élever" ?...
Au menu de leur assemblée de Lourdes de novembre 2008, les évêques de France avaient cette question : "Quel avenir pour nos églises ?", que Mgr Minnerath, archevêque de Dijon, a transformée en cette formulation : "Faire vivre nos églises". Dans son discours de clôture, le président, le cardinal André Vingt-trois, a enfoncé le clou :"Il ne s'agit pas pour nous, chrétiens, d'être les héritiers précautionneux des souvenirs d'une religion qui a jadis irrigué nos campagnes, mais d'être les acteurs vivants de la fécondité actuelle de ce patrimoine... C'est à chaque chrétien, à chaque groupe de chrétiens, de manifester son attachement à son église par l'usage qu'il en fait..."
17 octobre 2008
Passer de l’église bâtiment à l’Eglise communauté de croyants
Depuis l’arche d’alliance et la tente de la présence de Yahvé en passant par les synagogues et le Temple de Jérusalem, les croyants ont toujours éprouvé le besoin d’édifier des lieux pour Dieu. Or Jésus dira à la Samaritaine, par exemple, que désormais il ne sera plus indispensable d’aller au Temple de Jérusalem pour prier ; les croyants pourront le prier partout et en tout temps.
De plus, en disant un jour à la foule qui lui annonçait l’arrivée de sa famille : « Qui sont mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs, ce sont tous ceux-là qui font la volonté de mon Père qui est aux cieux », Jésus fait des chrétiens un Peuple que la foi donne d’intégrer.
On peut donc dire que pour Jésus ce ne sont pas les églises et les temples qui comptent le plus, mais la foi qui rassemble et unit. « Quand deux ou trois se réunissent en mon nom, je suis au milieu d’eux ».
Nous sommes attachés à l’église de notre village, endroit de souvenirs nombreux. Nous regrettons qu’il n’y ait pas la Messe plus souvent ! Et quand elle a lieu, elle attire si peu de monde. Or l’Eglise que nous aimons et que nous avons à faire vivre, c’est celle que représente la communauté paroissiale regroupée dans sa diversité d’âge et de situation familiale et sociale. Aussi, quand nous pensons Eglise à faire vivre et grandir, Eglise priante, il nous faut passer de l’église édifice à l’église communauté de personnes.
Souvenons-nous que le christianisme s’est répandu dans l’Empire Romain dans une quasi clandestinité. Les chrétiens priaient sous terre, dans des catacombes où se réunissaient aussi bien des gens issus de la plèbe que des gens de la noblesse, des maîtres et leurs esclaves. Tous formaient ensemble le corps du Christ qu’est l’Eglise.
Il ne s’agit pas d’abandonner les églises de nos villages, mais de les utiliser judicieusement au service de la vitalité de nos Paroisses.
25 juin 2008
Pierre et Paul... deux piliers de l’Eglise
La foule, qui ne comprend pas le discours de Jésus sur le pain de vie éternelle, l’abandonne... Jésus se tourne vers ses disciples : « Vous aussi, vous voulez me quitter ? « Et Pierre, l’homme spontané, sincère et généreux, lui dit : « A qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle. » Pierre, l’homme des reniements : dévisagé, il est sommé de prendre position sur ce Jésus de Nazareth que l’on juge : « Je ne connais pas cet homme ». Sous une écorce qui lui donne une apparence de rudesse dont le dur métier de pêcheur l’a revêtu, Pierre est un être sensible. Quand son regard croise celui de Jésus qu’il vient de renier, « il pleure amèrement ».
Au bord du lac, Pierre se laisse interpeller par Jésus ressuscité qui lui demande trois fois : « Pierre, m’aimes-tu ? » Et celui-ci de s’en remettre à la connaissance intime que Jésus a de lui, de ses faiblesses, ses limites et ses capacités... « Tu sais bien, Seigneur, que je t’aime »...
Quant à Paul, d’origine juive, il reçoit une éducation rabbinique à Jérusalem auprès du pharisien Gamaliel. Il parle l’hébreu, le grec et l’araméen. Il est présent lorsque Etienne est lapidé. Sur le chemin de Damas, il est saisi par la lumière du Christ. Il devient le grand missionnaire, courageux, audacieux et avisé dont ses lettres témoignent, ainsi que Luc dans les Actes des Apôtres. Paul est devenu l’infatigable missionnaire des pays du Bassin méditerranéen.
Pierre et Paul sont morts tous deux de mort violente à Rome. Leurs corps reposent, l’un au cœur de Rome sous la basilique St Pierre (on y accède avec émotion par un labyrinthe qui ne laisse passer que quelques personnes à la fois), et l’autre sous la basilique St Paul érigée hors les murs. Leur tombeau est l’image de l’Eglise appelée à la fois à aller vers et à rassembler.
19 mars 2008
L'Eglise n'est pas le bateau de sauvetage des gens en perdition
Il arrive que le témoignage verbal des croyants soit, c'est du moins ce que je pense, trop embrayé sur le mal et les échecs patents des initiatives humaines. Comme si le Foi ne devenait "utile" qu'à l'homme qui n'arrive pas à se débrouiller tout seul. Ainsi l'Eglise peut-elle apparaître comme le SAMU ou le véhicule de dépannage sur la route après l'accident. Sur fond d'échecs et de malheurs, le Christ et l'Eglise ressembleraient à des agents d'assurance multirisque universelle !
Je n'aime pas beaucoup les discours chrétiens qui commencent par décrire tout ce qui va mal et parfois tourne au drame dans le monde pour mieux arriver à convaincre qu'avec la foi ces situations auraient pu être évitées. Cela risque d'instrumentaliser le Sauveur et surtout de donner au christianisme plus un rôle de voiture-balai qu'une énergie spirituelle et un itinéraire à suivre pour progresser. Cela peut même compromettre la découverte du visage de Dieu donné par Jésus qui dit : "Qui me voit voit le Père".
La phrase de Jésus "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie" me semble positivement conjoindre l'aspiration humaine à vivre et le don de la vie que le Christ offre en croyant en Lui. La rencontre du Christ et du jeune homme riche me semble pouvoir inspirer notre pédagogie de témoins du Christ. Ce n'est pas sur fond de médiocrité et de raté que Jésus appelle cet homme au salut, mais sur sa droiture déjà pratiquée. Il le regarde. Il l'aime. Il le laisse parler. Il l'invite à avancer à sa suite. Il n'y a là ni jugement ni condamnation ni menace. Quand Jésus accueille l'officier romain venu lui demander d'aller guérir son serviteur malade, il souligne la beauté de cette démarche : "Je n'ai jamais vu autant de foi dans tout Israël..."
21 septembre 2007
Fidèles
Ces fidèles ressemblent aux divers membres d'une famille qui se réunit autour de la table. Les fidèles chrétiens font par exemple de la Messe hebdomadaire une priorité respectée. Quoi qu'il arrive dans la vie, quelque soit leur état physique ou moral, leur humeur, à moins d'un empêchement majeur ils sont fidèles aux grands rendez-vous de leur paroisse. Fidèles à Dieu, fidèles à leur communauté.
Ces fidèles ne sont pas des nostalgiques d'un passé révolu. Ils sont debout dans le temps où ils entendent se tenir pleinement présents. Leur fidélité ressemble aux eaux calmes et décidées d'un fleuve qui avance, en s'adaptant au relief, vers la mer, sans jamais revenir en arrière.
Croyants "acteurs"...
Des chrétiens prennent parfois l'Eglise comme un supermarché de la religion. En consommateurs ; alors que leur baptême fait d'eux, aussi, des acteurs.
La sécularisation a laissé en jachère religieuse des générations entières. Tout langage religieux y est souvent considéré comme étranger aux désirs et préoccupations de la vie. Tout au plus peut-il y être étudié comme expression d'une époque révolue. Dans ce contexte d'indifférence, témoigner sans gêne, avec délicatesse et humilité, réclame une foi éclairée et sereine, parce qu'elle-même est martelée par les multiples interrogations et interpellations du monde.
On ne devrait jamais entendre des chrétiens exprimer des appréciations sur l'Eglise, ou telle paroisse, ou telle position, en se mettant à l'extérieur. Chacun devrait, plutôt que de se demander ce que l'Eglise lui apporte, se demander comment il contribue, à sa place, au témoignage missionnaire de l'Eglise.
23 mai 2007
Si vous souhaitez une Eglise vivante et innovante...
En semant les graines d'Evangile qui invitent à quitter la peur, à avancer en eau profonde avec courage et confiance, à être levain, sel et lumière, à être libre et responsable, debout et en route... Alors des murs de Berlin ne sont plus infranchissables, les violences s'apaisent, les cultures diverses ne sont plus des bastions et des divisions mais des occasions de colloques fraternels, et le monde devient un village. Un croyant a une richesse qu'il peut partager avec les incroyants. Il connaît la source de l'eau vive qui dévale de la montagne et irrigue les terres pour les rendre fertiles. Ce n'est pas mince pour tout homme de savoir d'où il vient et il est convié à aller... Tous les membres de l'Eglise sont chargés d'une façon ou d'une autre d'en témoigner.
Parlant de l'Eglise, ne vous contentez jamais de prononcer des "il n'y a qu'à...", "il faudrait...", ou des regrets, des jugements ou des rejets. Ne vous contentez pas d'attendre qu'elle vous serve ou qu'elle soit conforme à l'image que vous avez d'elle : demandez-vous aussi quels services elle attend de vous. Car, accepter de vous y impliquer, c'est aussi une façon de servir "les autres" en leur humanité...
Etre membres actifs et unis dans l'unique Corps du Christ
Paul parle de l'Eglise comme d'un corps humain dont chacun des membres a sa fonction propre (1ère Corinthiens 12, 12...). Chaque membre de l'Eglise offre sa participation et bénéficie de celle des autres. La tête du Corps est le Christ qui, par l'Esprit, impulse les décisions et accompagne les actions. Car le Corps, pour être vivant, doit assurer sa cohésion et se montrer uni entre ses membres différents. De par son baptême, chaque chrétien est relié au Christ et, par Lui, aux autres membres qui tous ensemble forment l'Eglise, Présence contemporaine du Christ dans le monde actuel.
"Vous êtes le Corps du Christ et membres chacun pour sa part. Il en est que Dieu a établis dans l'Eglise, premièrement comme apôtres, deuxièmement comme prophètes, troisièmement comme docteurs." Et le chapitre 13 qui suit donne la clé de l'unité et du rayonnement du Corps : c'est la charité, s'aimer de l'Amour même de Dieu.
Un édifice religieux
Tout édifice religieux est un symbole fort car il associe en un même lieu des éléments distincts et différents qui annoncent Dieu dans ses rapports à l'homme. Son clocher, ses flèches, indiquent le ciel, la transcendance, tandis que sa nef et ses bas-côtés invitent l'humanité à se rassembler. Une église accueille des gens, collecte leur vie et invite à en faire un offertoire. Ces mains qui offrent sont aussi celles qui recueillent, avec l'esprit et le cœur, les dons offerts par Dieu. Une église est donc un lieu où Dieu vient rencontrer les humains et les unir entre eux.
Dans la ville et les villages, côtoyant les édifices utilitaires, la mairie, l'école, l'atelier ou l'usine, le silo à grain, l'église est signe de la gratuité et de l'intériorité. Elle est comme le grenier de la Parole et du Pain de vie de Dieu. Elle est comme le bouquet de fleurs qui s'offre à regarder et qui donne de la joie puisque tous les arts s'y retrouvent. Architecture, sculpture, peinture, musique, arts du vitrail sont associés pour dire Dieu et l'humain, leurs liens, la vie et la foi, l'Espérance et l'Amour.
