Les billets du Père Lucien Marguet

Chroniques et billets de réflexion sur des thèmes religieux, de société et d'actualité

07 novembre 2009

Prière d’ado-naissant…

 

Seigneur, permets-moi de te confier ma vie puisque je sais que tu t’intéresses à moi et que je crois en Toi.

 

Je te parlerai d’abord de mes parents, dont j’apprécie l’affection et l’attention, mais envers qui il m’arrive d’être impoli et impatient. J’aime bien mes frères et sœurs, mais suis parfois jaloux et injuste à leur égard, surtout quand il s’agit de répartir des services à la maison.

 

L’école demande des efforts et du courage pour apprendre, participer, travailler en classe et chez moi. Aide-moi à développer en moi le goût et la ténacité de chercher, la volonté dans la durée. Que je respecte les élèves qui ont du mal à suivre en classe, comme ceux dont je pourrais envier les capacités scolaires. Sur les terrains de sport, que je sache fournir le maximum d’efforts et d’habileté, tout en essayant de faire gagner l’équipe sans mépriser l’adversaire.

 

Seigneur, fais que j’apprenne à exercer ma liberté pour discerner quels choix je dois faire. Aide-moi à accomplir ce que j’ai décidé. Et à demeurer fidèle à mes engagements personnels tant vis-à-vis de moi-même que de mes amis. Seigneur, donne-moi de cultiver des relations d’amitié qui encouragent à mener une vie droite et juste, généreuse et ascendante. Donne-moi l’humour qui me permette de transmettre la gaieté autour de moi. Donne-moi de développer mes qualités et mes talents, de combler mes manques et de polir mes défauts.

 

Seigneur, accorde-moi d’être reconnu digne de confiance par ma famille et mes amis, et donne-moi d’avoir aussi confiance en moi. Fais-moi choisir d’être sincère et vrai. S’il m’arrive d’être critique, que je le sois avec modération et correction. Garde-moi, Seigneur, de juger et encore moins de condamner. Si je suis amené à exprimer mes convictions, que je le fasse avec exactitude et ouverture sur celles des autres.

 

Tout en étant friand d’ordinateur, de portable et de télévision, que je ne sois accro d’aucun objet ou habitude qui me priverait de liberté et de disponibilité. Fais que je fasse tout avec enthousiasme sans me prendre au sérieux. Que je sache recevoir des cadeaux sans jamais les exiger. Que je sache me passer des choses inutiles et me détacher de celles qui sont superflues.

 

Passionné par tout ce que la vie me fait découvrir et aimer, que je n’oublie pas de te remercier et de te louer pour ce monde immense et beau, comme pour cet univers gigantesque à explorer et respecter.

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20 juin 2009

A la fin d'une année scolaire

Le temps de l'enfance et de la jeunesse ressemble à ces bateaux à quai que l'on charge de provisions avant de s'embarquer pour la haute mer. La famille, l'école, tous les lieux d'instruction, d'éducation et d'initiation chargent l'esprit et structurent la personnalité de chacun. De port en port, d'école en école, de lieu de vie en autre lieu de vie, d'âge en âge, chacun intègre et intériorise les richesses qui lui sont fournies pour la traversée.

Car il faudra à tous de la volonté, du courage, de la détermination, pour affronter les vents et courants contraires. Savoir discerner et s'engager, se diriger et garder le cap, éviter les rochers à fleur d'eau et les récifs. Parfois ils traverseront des tempêtes et des brouillards, et ils seront tentés de jeter l'ancre ou même de débarquer. Heureusement, les amis avec qui ils font route seront là pour les encourager à tenir bon et atteindre le but qu'ils se seront fixé. Tels des bons marins, ils sauront transformer en force pour avancer les vents contraires qui risquent de les freiner ou les faire dériver.

Les jeunes ont plein de désirs et de rêves dans leur tête. Leur dynamisme et leur enthousiasme sont la force de leur âge. S'il n'y avait plus de jeunesse, le monde serait trop sérieux. Un jour, ils reviendront peut-être à leur port de départ pour y terminer leur course tels ces rafiots fatigués d'avoir sillonné les mers, battus par les vents et éprouvés par les ans. Heureux d’avoir accompli leur vie.

Heureusement, il y a cette flotte de bateaux nouvellement nés qui se préparent ardemment à lever l'ancre…

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09 octobre 2008

A toi qui vas vers "ta" vie

Quand tu quitteras le port d'attache qu'est ta famille et que sur ta propre embarcation tu t'avanceras vers la haute mer, certaines sensations pourront surgir en toi et certains sentiments monter dans ton cœur. Mais qu'est-ce qu'éprouve un jeune qui grandit en autonomie et en responsabilité ? Tu as nourri ce rêve de liberté et de conduire ta barque. Mais, telle une embarcation confrontée aux courants dérivants, aux vents contraires, soumise aux bourrasques, ta vie de jeune est remplie de désirs, de besoins, d'aspirations et de projets, mais aussi de peurs et de méfiances.

Il te faudra demeurer éveillé et debout à la barre de ta vie, garder le cap et tenir ta route. Parfois tu regretteras la sécurité du quai où tu n'éprouvais ni tangage ni roulis. Tu as réclamé cette liberté dont tu es maintenant chargé. Tu as demandé à être considéré comme un adulte, mais tu vois qu'il te faut maintenant l'assumer. Tu te sais maître à bord de ton embarcation, mais tu te sens parfois aussi fragile. Et si tu croises d'autres jeunes, tu es tenté de te comparer.

Ne succombe jamais à la tentation de te décourager, de jeter l'ancre, de ne voir que les récifs. Mets la force du vent dans ta voile pour faire progresser ta vie. Et si un jour tu "craques" devant la dureté des événements, n'hésite jamais à déclencher tes feux de détresse. Tu verras alors combien l'amitié se traduit facilement en fraternité.

A toi qui vas vers ta vie, je te souhaite "bon vent".

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Prière d'adolescent

Seigneur, je te prie sans que personne ne le sache. Surtout pas mes copains... Ils pourraient se moquer de moi.

Tout le monde me dit que je grandis. Et ça commence à m'énerver. Mon corps, ma voix, changent. Je me sens un peu dépassé et me demande si je suis bien normal !

Parfois je suis plein d'enthousiasme et parfois je me sens triste. Devant les autres, il m'arrive d'être timide et peu après je sens la moutarde me monter au nez. Parfois, j'ai une envie folle de faire du sport, et parfois, à l'inverse, j'ai envie de rêver...

Seigneur, j'ai envie d'avoir des vrais copains et des vraies copines. Mais pour m'en faire des amis, ce n'est pas si facile ! Pourtant j'aimerais pouvoir leur confier mes secrets. Enfant, je disais tout à mes parents. Aujourd'hui, j'en ai moins envie. Quand je découvre le monde des adultes, il m'arrive d'être déçu. Je croyais qu'ils étaient tous de bons parents, et voilà que je m'aperçois que certains sont pleins de haine, de jalousie, de méchanceté. Dans les journaux et à la télévision, que d'images de violence, de guerres et de crimes ! Et on me dit que c'est vers ce monde-là que je vais en grandissant !

Seigneur, donne-moi la force d'y arriver sans renoncer à ce que je désire de meilleur. Si je perds mes illusions en cours de route comme certains me le prédisent, Seigneur, fais que je garde ma confiance en toi et ma joie de dévorer la vie.

A force de parler de mes ami(e)s, j'allais oublier de te parler de mes frères et soeurs. Ne le leur dis pas, car ils en profiteraient peut-être, mais sans eux et ma famille la vie serait fade...

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Toi tu crois encore en Dieu ?

Ce couple me confie son désarroi. La plupart de leurs amis leur disent ne plus croire en Dieu. Ils ne vont plus dans les églises que pour des cérémonies d'obligation, des visites culturelles ou l'écoute de concerts. Selon eux, la foi en Dieu serait dépassée et plus du tout d'actualité. Dieu béquille ou prothèse, l'homme a acquis les moyens de s'en passer !

Mes visiteurs, eux, ne se voient pas sans foi. Elle les soutient. Elle oriente leur vie. Elle éclaire leurs choix. Elle influence leur comportement. Elle leur donne un horizon qui leur indique un itinéraire sûr ! Ils me disent que vivre sans Dieu, ce serait comme "accepter de monter dans un bateau sans se préoccuper de sa destination".

A l'inverse, pour leurs amis, Dieu est une illusion, tout au plus une consolation. Eux ont rayé Dieu de leur carnet d'adresses. Ils n'ont d'intérêt que pour ce qui dépend d'eux. Ils veulent être seuls maîtres à bord de leur existence et libres d'agir. Mais en évacuant Dieu, ne serait-ce que pris comme hypothèse, ne se privent-ils pas de la chance que seul l'être humain possède, à savoir celle de s'interroger sur son origine et sa fin ? Ecarter Dieu de la liste des questions que la Raison et l'esprit, par curiosité et satisfaction, se posent normalement, n'est-ce pas renoncer à explorer ce domaine de la transcendance qui pourtant est la caractéristique de l'humain ?

La Raison, les sciences ont donné à l'homme le goût de découvrir, de connaître, d'expérimenter, d'expliquer comment "ça marche", et la capacité d'utiliser les lois de la nature, d'inventer, d'améliorer, de progresser. Mais l'homme doit-il pour autant déserter les questions tout aussi importantes de l'origine, "d'où vient-on", du sens de l'existence et de sa finalité, de son arrivée, "où va-t-on" ?

A l'évocation de croyances religieuses, certains ressentent avec émotion la nostalgie de leur enfance, mais un peu à la façon dont on monte au grenier de la grand-mère pour ouvrir le coffre de souvenirs. Or en réalité la foi chrétienne est un levain qui fait lever la vie quotidienne, une lumière qui éclaire le devant du chemin, du sel qui donne sa saveur à l'humain.

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L'Evangile est-il encore une bonne nouvelle ?

Partout en France, les effectifs d'enfants inscrits au catéchisme sont à la baisse. En certains endroits il n'est même plus utile de mettre les enfants en équipe tant ils sont peu nombreux. Peut-on savoir les raisons de cette dégringolade rapide ? Beaucoup de familles ont abandonné toute pratique religieuse et même tout intérêt pour l'aspect vertical de l'existence. Dans le cadre de la préparation au mariage, la plupart des jeunes couples avouent leur totale ignorance de la culture religieuse qui ne leur a jamais été transmise en famille : "On ne m'en a jamais parlé..."

La culture contemporaine dans laquelle nous baignons tous diffuse, comme valeurs nécessaires pour vivre, l'efficacité et la rentabilité, les moyens de consommer, de se distraire, de s'évader. La préférence est donnée à l'immédiateté sur la durée, à l'image et la virtualité sur la réalité. Le rapport au temps ignore facilement le passé, jugé dépassé, et l'avenir incertain sur lequel nul n'a prise. Il en résulte des mentalités qui ne s'accrochent qu'au sensible, tangible, visible. Le matérialisme pratique n'est pas loin d'être devenu une façon d'envisager la vie. Les enfants sont les premiers atteints par une culture dominante. Tous les moyens modernes de communication diffusent largement cette culture contemporaine.

Faut-il attendre, pour atteindre à un sursaut de la conscience, que des frustrations, des insatisfactions, se développent à partir de cette culture qui ne manquera pas de montrer ses limites face aux désirs humains les plus profonds et permanents ? "La proposition de la foi" peut-elle être une bonne nouvelle qui oxygène l'atmosphère matérialiste actuelle dans laquelle certains donnent des signes d'asphyxie ? Mais à quelles conditions cela est-il réalisable dans le dispositif pastoral actuel ?

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A quoi reconnaît-on la présence du diable ?

Le diable a en horreur toute recherche de compréhension, d'entente, d'unité. Il divise pour mieux régner et dresse les uns contre les autres. Il enferme et obstrue tout désir d'ouverture. Il se plait dans l'ombre, les ténèbres et le nauséabond. Il camoufle, déguise, masque, travestit la vérité.

Le diable est le prince et le principe du mensonge. Il atomise et fait voler en éclats la vérité. Il sème la confusion, encourage à la suspicion, insinue le doute, distille le trouble. Il introduit le poison du mensonge dans le goutte à goutte de la vérité. Il pousse à médire et à calomnier. Il cultive le mensonge dans la vie de personnes qu'il berce d'illusions.

Son hypocrisie, sa duplicité, sa perversité sont contagieuses. Il évolue dans les eaux troubles de l'incrédulité, de la contestation systématique, de la corruption en tout genre. Il défigure Dieu autant que le visage et la dignité de l'humain. Il déstructure et fragilise pour mieux prendre possession de la conscience. Il inocule le scepticisme à haute dose. Il a en horreur le pardon et la réconciliation et leur préfère la jalousie, la revanche et la haine.

Le tableau des œuvres maléfiques est désastreux. Sombrer dans le désespoir comme Judas après avoir livré Jésus, voilà bien le guet-apens dans lequel le diable aime attirer ses victimes. La tristesse, la morosité bouchent l'horizon et suppriment toute confiance dans l'avenir.

Or c'est de tous ces mirages que Jésus vient nous libérer pour nous permettre de trouver joie, confiance, liberté et volonté, bonheur de vivre. Autant que le devoir de charité, celui de vérité demeure, plus que jamais, d'actualité. Jésus est "le chemin,la vérité et la vie".

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Aimer

Il n'y a pas de mot plus diversement usité que celui d'aimer. Tantôt il décrit l'intention de prendre et même de s'accaparer, de rechercher pour soi-même et même de détenir et retenir : c'est alors l'amour possession, l'amour dévorant, l'amour ravageur et même destructeur... Car cet amour-là retient tout et ne cède rien. Tantôt aimer décrit au contraire le désir de tout donner, et ce que l'on est et ce que l'on a. Aimer, c'est alors se dessaisir et offrir, c'est se réjouir du bonheur de l'autre, c'est faire de l'épanouissement d'autrui la condition du sien.

Entre aimer le chocolat, l'argent, posséder, entre aimer dominer et se faire servir et aimer servir, communiquer ses sentiments et ses talents, quelles différences immenses ! Certains recourent volontiers au mot "aimer" mais évacuent d'avance ce qu'il peut demander de volonté, d'effort, de souffrance, d'exigence. Or chacun peut en avoir l'expérience, aimer c'est préférer, donc renoncer, jusqu'à se sacrifier !

Certains, trouvant le mot "aimer" trop fade, le remplacent volontiers par "adorer". Ils n'adorent pas que les "êtres" qui leur sont chers, mais aussi les choses possédées, les mets préférés, les films vus à la télé, les romans "dévorés", les vogues musicales et les modes vestimentaires... L'amour ici encore est unilatéral. Il ne cherche pas une réciproque.

A force d'employer le même mot pour évoquer des réalités très différentes, on finit par brouiller l'horizon de l'amour. Qui ne cherche pas d'abord à être aimé en aimant est souvent celui-là qui est aimé en retour. Car son amour est vrai et gratuit.

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Devant la mort et les catastrophes…

Un accident mortel, la disparition subite d'un enfant, une catastrophe naturelle qui engloutit des milliers de gens, le décès à l'issue d'une maladie grave en pleine force d'âge, tout cela génère une grande souffrance, parfois le désespoir, souvent l'incompréhension, le doute sur Dieu, parfois la révolte jusqu'à lui réclamer d'expliquer son rôle exact dans ces malheurs. Et d'abord, s'il existe, pourquoi laisse-t-il de tels drames destructeurs se produire alors qu'on le dit tout-Puissant !

Tout en admettant avec humilité que la mort elle-même demeurera toujours un mystère avant d'aller "au-delà", il n'est pourtant pas inutile d'y réfléchir. Comme rien n'existe sans cause, qui est responsable de tels drames ? Qui est coupable ? Et comme rien n'existe sans raison, le mal et les malheurs ont-ils un sens ? Comportent-ils un Message pour l'humanité ? La violence des images provoque parfois des questions virulentes…

1.      L'univers et ce qu'il renferme est fini. Tout a un commencement, une existence et une fin. Rien n'est absolu, complet, total ni éternel. Seul Dieu l'Infini est Parfait. Aussi le Monde créé est marqué par le temps. A la différence de l'âme vouée à l'éternité. L'usure, l'épuisement, la détérioration et enfin la mort font partie de la finitude du Monde créé. L'homme est une de ces créatures dont la destinée, pour être définitivement éternelle, doit passer par la mort physique. La mort qui se situe au terme d'une existence terrestre accomplie jusqu'au bout demande à être intégrée comme un processus annoncé auquel il faut d'avance consentir. Naissance, vie et mort. Tout finit et chacun meurt un jour. Dans ce cas, la mort apparaît comme un accomplissement, l'achèvement d'une existence.

2.      Il est par contre des morts qui interrompent le déroulement naturel d'une vie. Accident, maladie, assassinat, suicide… Un chauffard sait qu'il risque de tuer. Un ivrogne menace sa santé. L'ignorance, l'inconscience, l'orgueil et la cupidité, et bien sûr le choix volontaire de nuire et détruire compromettent la vie, que les faits soient démasqués et dénoncés, jugés coupables ou non. Des choix ou des pratiques hasardeuses actuelles peuvent générer des conséquences néfastes, mortelles, dans les générations suivantes. "Les parents ont mangé les raisins et les enfants les pépins". Il existe une chaîne de la vie, mais aussi de la mort. Dans ces scenarii de mort annoncée, la responsabilité humaine est hautement impliquée.

3.      Après la mort au bout d'une vie, celle que l'on risque ou même que l'on provoque, il y a une catégorie de morts inattendues, qui résultent de cataclysmes, séismes, typhons, catastrophes naturelles, tornades gigantesques. Le raz de marée consécutif à un gros tremblement de terre sous-marin qui vient d'avoir lieu dans l'Océan Indien et qui a provoqué des dizaines de milliers de morts sur les côtes est de ces catastrophes qu'on parvient bien à expliquer et dont il aurait été possible d'empêcher les conséquences humaines désastreuses en avertissant les populations, à condition d'avoir pris par anticipation les bonnes mesures. Il semble en effet que l'on ait aujourd'hui les moyens scientifiques de détecter une secousse sismique avant qu'elle ne survienne.

On aborde là le rôle majeur de l'homme dont la responsabilité, dès le début de la création, était de découvrir la terre, la soumettre et l'améliorer. Certes on a fait d'immenses progrès de prévention, de précaution et d'adaptation face à ces éléments naturels hostiles et dangereux. On a fait d'énormes progrès pour éradiquer certaines maladies et éviter des épidémies qui autrefois faisaient des ravages considérables. Mais face à un univers mobile, évolutif, qui craque, se transforme, mute, l'homme a fort à faire encore pour connaître les lois et les mécanismes, anticiper les conséquences néfastes et nuisibles pour lui et faire avec.

Il a surtout à développer ces moyens et les répartir à égalité sur toute la surface de

la Terre

, en pensant à toute l'humanité. On peut regretter que Dieu n'ait pas livré clé en mains à l'homme un Monde parfait, achevé, accompli. Mais alors comment l'homme se serait-il montré chercheur, acteur, créateur, responsable, libre ? Il n'aurait été appelé à aucune initiative, aucun choix. Il n'aurait développé aucune confiance et couru aucun risque. Certes le coût de la liberté semble très élevé. C'est sans doute le prix immense de la dignité.

Dans un univers évolutif et en cours d'achèvement, l'homme peut participer par sa raison, son cœur, sa volonté, sa conscience morale, le développement des sciences et des technologies. Il peut se prononcer et s'engager sur des choix publics et politiques. C'est ainsi, sur cette route pleine d'embûches, de projets, d'échecs et de bonds en avant qu'il s'humanise et que grandissent son cœur et son esprit.

Enfin, il reste cette question : une telle catastrophe, qui provoque tant de milliers de morts, peut-elle prétendre délivrer un Message à l'Humanité ? Ces vacanciers heureux de passer une semaine sur les plages, ces villages entiers de pêcheurs qui ont tout perdu - "la mer m'a même pris mon filet", "toute ma famille a disparu"…- Tous des victimes innocentes, impuissantes… Ces gens côte à côte, d'origine diverse, pauvres et riches, de toute culture et religion, morts au même moment et ensemble. Cet événement devrait nous inciter à reconnaître qu'il n'est vraiment qu'une seule Terre, une seule Humanité, et cela devrait nous inciter à en tirer les conséquences écologiques, économiques et politiques… Affaire à suivre dans la durée et la fidélité…

Non, Dieu n'est pas à l'origine de telles catastrophes. Oui ! Dieu souffre avec l'humanité souffrante comme le montre Jésus tout au long de sa vie et au Golgotha en Croix. Mais si, des malheurs, on peut retenir un message, c'est celui de la solidarité et de la fraternité humaine, et c'est aussi pour l'homme la nécessité de tout faire pour prévenir de tels drames. Les moyens existent, il s'agit de les mettre à la disposition de tous. Cela aussi, c'est assumer

la Mission

d'humanité confiée par Dieu à l'aube de la genèse du Monde.

Certes Dieu n'a pas besoin d'avocat pour défendre sa cause si certains voulaient le traduire en jugement et le condamner de ne pas empêcher systématiquement que de tels drames se produisent. Va-t-on aussi lui reprocher de n'avoir pas forcément le même point de vue que nous sur la souffrance et la mort ? Il nous reste beaucoup à comprendre du sens vrai de l'existence qui, loin de se réduire au temps et à l'espace d'une vie, débouche sur l'Eternité par le passage obligé de la mort. Et cette idée têtue de l'homme de penser qu'il faut tout prévoir et programmer et qui se trouve surpris par l'imprévu !

La terre craque et continue à évoluer. L'Humanité aussi est remplie de tensions et de bouleversements. Elle se forme et se découvre unique et unie.

Seigneur, devant ces images effroyables que les médias nous donnent à regarder, nous ne comprenons pas pourquoi de tels drames se produisent. Devant tant de souffrances et la mort atroce de tant de gens innocents, notre gorge est serrée et notre cœur est blessé, notre esprit embrouillé. Que dire, que faire ? Il nous reste à prier. Pour ces malheureux emportés. Pour leurs familles décimées. Pour les sauveteurs accourus.

Donne aux Etats la sagesse et les moyens de reconstruire. Donne à ceux qui ont tout perdu de ne pas désespérer mais de rebâtir leur maison, de recommencer à gagner leur pain et de retrouver goût à poursuivre leur vie. Et, de ces événements bouleversants, fais-nous tirer un Message de solidarité et de fraternité universelle et mondiale. Fais, Seigneur, que des systèmes d'alerte soient réalisés afin d'assurer une prévention de tels séismes. Fais que l'humain sorte grandi de cette épreuve majeure. Amen.

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Le croyant et l'incroyant

Il arrive que l'homme "moderne" prétende qu'il n'a besoin de personne, et surtout pas d'un dieu, pour se construire et bien agir. Il se fait et s'oriente par lui-même. Donc, à quoi bon une foi religieuse puisque tout humain peut puiser en lui l'idée et le désir d'avoir une vie belle et bonne...

De fait, on entend parfois ces phrases : "On n'a pas besoin d'être chrétien pour faire le Bien". "Quelle différence y a-t-il entre un non croyant et un croyant qui se mettent tous deux au service des autres ?" D'ailleurs, le jugement dernier raconté par Jésus et rapporté par Matthieu au chapitre 25 suggère la réponse. Du point de vue de Dieu, il n'y a pas de différence puisque ceux qui auront secouru leurs semblables seront étonnés de s'entendre dire qu'ils ont du même coup servi Dieu. La différence ne serait donc pas la foi ou l'incroyance, semble suggérer le texte, mais le fait de se faire proche des blessés de la vie, ou, à l'inverse, de les ignorer : "Venez les bénis de mon Père", dira le Juge, "ce que vous aurez fait au plus petit des miens, c'est à moi que vous l'aurez fait". Ainsi donc, l'Esprit Saint anime et soutient le cœur et la conscience de tous les hommes de bien, sans qu'ils le sachent toujours !

Quand même ! Celui qui agit sous l'impulsion de sa générosité naturelle ne se prive-t-il pas du dynamisme de la foi qui ressource et accompagne les capacités et qualités, les dons et charismes naturels de la personnalité ? La foi n'est-elle pas une force qui, sans vous contraindre, vous rappelle et vous interpelle, vous soutient dans les moments difficiles, vous fait résister aux tentations de renoncer à servir et de baisser les bras ? L'Evangile et la relation intime au Christ n'apportent-ils pas une certitude intérieure de n'être jamais seul dans la vie et en particulier aux pires moments de découragement ?

Quant à l'incroyant et au croyant à l'ego hypertrophié jusqu'à l'égoïsme, le premier n'aura que ses capacités pour changer tandis que le deuxième pourra recevoir, en plus, "les clairs signaux" de la religion qu'il pratique !

A l'élan humain spontané qui donne déjà du sens à l'existence, le croyant ajoute la conscience qu'un sens ultime existe. Les chrétiens croient qu'ils viennent de Dieu et qu'ils vont à Dieu. Certes savoir le chemin n'empêche pas parfois de s'égarer, de faire des fautes de conduite, de tomber en panne. Ils peuvent alors se tourner vers Dieu et s'ajuster sur lui. Ils sont reliés par GPS à Dieu. Alors celui-ci les aide à se relever et à continuer. La foi est une chance. Mais elle n'est en elle-même jamais une caution divine pour le croyant, plutôt une confiance et une responsabilité.

Posté par lucien marguet à 16:33 - Le coin des jeunes - Commentaires [0] - Permalien [#]



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