29 avril 2007
Dieu crée l'homme libre et appelé à lui ressembler
Devant les catastrophes et les drames humains qu'elles génèrent, devant les maladies et les vies qu'elles interrompent, devant les atrocités, les défauts et pièges auxquels l'homme est sans cesse confronté, des questions surgissent. Pourquoi Dieu n'a-t-il offert à l'homme qu'un monde trop souvent inhospitalier et parfois hostile ? Pourquoi pas un univers mieux organisé et moins anarchique où l'homme aurait pu vivre tranquille, et non sous le règne de la crainte et de la peine ? Certains vont jusqu'à dire : "pourquoi Dieu n'a-t-il créé l'homme qu'à son image et pas comme son égal ?" A ces questions légitimes j'ose apporter quelques brèves réponses. Elles demanderaient un long développement...
Dieu ne pouvait faire de l'homme son clone. Il n'est de Dieu possible que Dieu lui-même. Toutefois, l'homme a reçu les capacités personnelles et collectives pour progresser, sur une longue durée, vers la ressemblance de Dieu à laquelle il a vocation d'accéder, ainsi que toute l'humanité. Et ce parcours, Dieu en a montré le chemin par Jésus. Ce n'est plus mission improbable ni impossible. Jésus n'a pas seulement été Dieu parmi les hommes, mais l'Homme que nous devons devenir et faire advenir.
Or, ce qui caractérise cet homme selon Jésus, c'est sa liberté, c'est son amour, c'est sa force intérieure, qu'Il a montrés en évitant tous les pièges et maux, toutes les blessures de la condition humaine, et en sortant indemne de tout le mal auquel Il a été confronté. Il est demeuré libre, digne, responsable, animé d'Amour jusqu'au bout. Ainsi la grandeur de l'homme n'est-elle pas de consentir à ses limites et de demeurer debout sans replier les bras, de chercher à savoir, apprendre, connaître et comprendre, faire les choix que sa conscience lui dicte, s'engager, lutter, transformer, améliorer, en un mot de développer en lui le goût de la liberté, de la responsabilité et du service ?
Influençable et vulnérable, l'homme peut se tromper dans ses choix. Capable de progrès, il échoue ou régresse parfois aussi ! Mais il a toujours un avenir possible grâce aux talents qu'il a de se relever et de poursuivre sa marche. Cette marge constante entre l'horizon et lui l'invite à l'initiative, à la créativité et à la responsabilité.
Dieu a donné à l'homme un monde inachevé, à celui-ci d'en assurer les transformations et les finitions, un monde imparfait, à lui de le parfaire. C'est d'ailleurs ainsi qu'il déclinera son identité humaine et qu'il tendra à ressembler à Dieu.
Liberté, responsabilité et éducation
J’ai remarqué que les questions d’éducation des enfants et des jeunes reviennent souvent dans les réunions de couples. Or, d’une façon presque contradictoire, il est souvent affirmé la primauté de la liberté et de la responsabilité comme condition à la maturité. L’on ne devient adulte qu’en assumant sa liberté, en reculant ses limites et en atténuant ses entraves. Mais, à l’inverse, il est aussi souvent avancé que le mal trouve ses causes dans le conditionnement sociologique, l’héritage familial, social, génétique, voire politique. Comme pour enlever, à tout prix, tout nid à la culpabilité et donner une autre raison que personnelle au faux pas commis. Ainsi d’un côté on revendique la liberté et de l’autre, en certaines circonstances, on tend à en minimiser l’importance comme pour soustraire la personne au poids des choix !
Il existe une culpabilité destructrice. Le poids du remords enferme dans le passé et empêche d'avancer. Le sentiment de culpabilité participe aux choix de la conscience et, par anticipation, ressent les dangers et les dégâts qu'il y aurait à faire telle ou telle chose. Comme il existe une peur qui inhibe, freine, et d'autres peurs qui avertissent des risques.
Regardez autour de vous, on explique toujours tout par l’extérieur ! Or, à vouloir tout comprendre par l’environnement, ne risque-t-on pas de jeter le discrédit sur la liberté et la responsabilité ? Cette aventure risquée et si belle à laquelle tout être humain est invité à participer, car, attention, « si nul n’est plus méchant volontairement, si tout est affaire de conditionnement, nul n’est bon non plus que par l’effet d’une situation favorable". Autrement dit, évanouies et la liberté et la responsabilité !
Cette conception mécanique et, il faut l’avouer, matérialiste, enlève à mon avis toute chance à l’homme de s’en sortir puisqu’il serait définitivement prisonnier et victime d’une généalogie, d’un milieu, bref de conditions implacables contre lesquelles sa conscience, sa liberté et toutes ses facultés ne pourraient que se cogner !
Pauvre humanité qu’il faudrait alors traîner ! Et pauvres et faibles éducateurs, parents, enseignants, catéchistes qui n’auraient rien d’autre à faire que de constater et d’expliquer les dégâts, tout au plus les endiguer !
Heureusement il n’en est pas ainsi car la liberté et la responsabilité sont prêtes à soulever les rochers qui obstruent le chemin, se débattre, combattre et avancer, vite ou à pas lents, c’est aussi cela devenir ce que l’on est ! Homme appelé à la dignité par la liberté et la responsabilité.
