07 novembre 2009
Je crois en la résurrection de la chair et en la vie éternelle…
Les chrétiens disent cette
phrase du credo chaque dimanche. Beaucoup s’interrogent sur ce qu’elle signifie
vraiment, tant l’expression « résurrection de la chair » leur parait
inimaginable. D’une façon réaliste, chacun se demande comment un corps qui est
passé par la mort peut revivre, fût-il qualifié de « glorieux ».
Réfléchissons sur le mot
« chair » en nous aidant de St Jean qui, au chapitre 1 de son
évangile, décrit la venue de Jésus comme une Incarnation : « Le
Verbe de Dieu s’est fait chair ». Que nous dit-il ? L’Esprit
divin s’insère dans l’humain, c’est-à-dire en un temps, un lieu, une lignée,
une culture, un être, un Peuple. Jésus est venu de Dieu pour être un homme et
tracer à celui-ci un chemin certain qui le conduit au Père des cieux. Chacun
nait avec cette double vocation de vivre sur terre et d’aller chez Dieu. Ainsi,
prendre chair, pour Jésus, est le mouvement qui le rend singulier et
particulier, quelqu’un sur terre. Dans le mouvement inverse, la résurrection de
la chair c’est pour un être humain retrouver sa source originelle et universelle,
sans renoncer à ses richesses humaines développées durant sa vie terrestre et
qui prennent leur valeur plénière en Dieu. Oui ! Tout ce que chacun vit
dans sa chair et dans sa vie terrestre de juste, de bon, de bien, de concret,
de réel, n’est pas anéanti par la mort,
mais transformé, divinisé, et trouve sa finalité en Dieu qui est le Tout,
l’Absolu, l’Eternel. Chacun demeure soi-même, singulier et particulier, mais
dans la communion de Dieu qui réunit tout être en Lui.
Mais alors, que fait Dieu
de nos erreurs, de nos mauvais choix destructeurs et défigurants, de nos
bêtises, de nos omissions coupables, du mal commis ? Jésus-Christ, notre libérateur
et sauveur, tamise nos vies pour ne garder que ce qui peut demeurer en Dieu. La
mort est donc un passage de vérité, comme une sorte de portique électronique.
Chacun doit se débarrasser de tout ce qui en sa vie peut porter à de mauvaises
intentions, blesser, détruire…
On peut aussi évoquer la
mort comme un dépouillement du physique conditionné pour accéder à un être
spirituel sans restriction. Or, le
premier à être retourné dans la Trinité avec une chair de ressuscité, c’est
Jésus lui-même. Ainsi nous est-il possible de croire que tout ce qui, dans
notre vie actuelle, parait opaque, lourd, difficile, tout ce qui brouille la
communication, nous empêche de connaître et d’apprécier, tout cela est enlevé
de notre chair mortelle en faveur d’une vie libre, relationnelle, communionnelle
en Dieu Trinité de personnes formant communauté, vivant non en circuit fermé,
mais ouverte sur le monde.
« Oui,
je crois en la Résurrection de la chair et en la Vie Eternelle. Amen ».
21 octobre 2009
Pourquoi demander de prier pour les défunts ?
La prière pour les défunts non seulement lors de leurs
obsèques mais aussi dans le "memento" prévu par l'Eglise lors des
différentes messes célébrées est-elle souhaitable et justifiée ? Les personnes
décédées ont-elles besoin que l'on prie pour elles ? Leur état définitif dans
l'au-delà n'est-il pas fixé dès leur mort ? La prière peut-elle intercéder
auprès de Dieu en leur faveur ? Sinon, à quoi bon prier pour les morts ?
Les chrétiens croient que les "morts à la
terre" sont vivants en Dieu. La prière habitée des souvenirs que les
vivants conservent en eux établit une communion entre ces deux rives de la vie,
celle actuelle et celle éternelle. Aussi peut-on dire que la prière pour les
morts permet une aide mutuelle. Chez Dieu, les défunts aident ceux qu'ils ont
laissés continuer leur chemin, et ceux-ci, dans la prière, la Messe, parlent
d'eux à Dieu.
Mais pourquoi faut-il offrir de l'argent pour
"faire dire des messes" ? L'amour de Dieu n'est-il pas gratuit ?
N'est-ce pas attribuer un aspect commercial à un DON de Dieu que l'Eglise est
chargée de transmettre ? Bien sûr il arrive souvent aux Paroisses de prier pour
les morts sans recevoir d'offrandes. Pourtant chacun devine qu'une Paroisse
doit faire face à des besoins financiers, par exemple la subsistance des
"permanents" d'Eglise que sont les prêtres. Offrir un peu d'argent à
sa Paroisse quand on demande à ses membres rassemblés pour la Messe de prier
pour un défunt est une forme d'échange réciproque. En aucun cas un troc ou une
opération marchande ! L'offrande pour une "intention" de Messe, c'est
une façon de contribuer à faire vivre l'Eglise pour qu'elle continue à remplir
ses diverses missions.
09 octobre 2009
La mort contient la vie
Si
la mort débouche sur le néant, notre foi est vaine.
Si
après le temps de vivre, la joie de découvrir, de connaître, si après avoir
servi, donné, aimé, pardonné, créé, amélioré, si après avoir peiné, souffert,
souvent essayé, parfois échoué, si après les choix et les combats, les débuts
et les recommencements, tout disparaît entièrement, alors le sens de la vie ne
dure que le temps de son existence.
Alors
le sens de la vie ne dure que la vie temporelle elle-même.
Par
contre, si peu à peu dans cette vie que désagrège la mort, existe une autre vie
que l'usure du temps ne peut détruire, une vie divine accueillie, telle une
source fréquentée à laquelle notre existence s'alimente, alors la mort n'est
pas seulement une fin, elle devient surtout un début.
La
mort devient une naissance à cette autre vie, un accostage à l'autre rive,
après la traversée qu'est la durée d'une existence terrestre, la mort débouche
sur la découverte du versant caché de la montagne que l'on gravit et du sommet
que l'on atteint. C'est le fleuve qui découvre la mer et s'y jette.
La
mort des êtres chers nous en sépare, mais c'est en attente de retrouvailles
futures. La douleur déchire notre coeur, interroge nos esprits, parfois nous
révolte.
Il
y a des morts qui accomplissent une vie comme s'achève une journée bien
remplie, il y a des morts interruption brutale comme on fauche un blé en herbe,
il y a des morts délivrance quasi souhaitée quand la vie n'est plus la vie.
Saint
Paul disait : "Si le Christ n'est pas ressuscité, notre foi est vaine,
mais s'il l'est, comme nous le croyons, la mort est "passage" à
Dieu".
Après la mort, la vie
Notre civilisation avait phagocyté la mort. Les
cimetières qui entouraient nos églises sont parfois passés en lointaines
banlieues, hors les murs de la ville, par exemple à sa sortie. Loin des yeux.
Autrefois, le mort était exposé dans la maison de la vie familiale. Les gens du
village ou du quartier défilaient pour rendre un dernier adieu à son visage.
Aujourd'hui, il attend ses obsèques et la mise en terre ou la réduction en
cendres dans l'asepsie d'un salon mortuaire.
Or, aujourd'hui, la mort revient comme une réalité
qu'il faut bien affronter. Car la mort est la plus grande certitude de notre
vie : chacun disparaîtra. D'autres habiteront notre logis. Assumeront nos
tâches. Accompliront les actes que nous aurons laissés. Les traces de notre
présence s'estomperont. Tout cela semble pouvoir donner raison à Sartre qui
disait que "l'existence est absurde
et que rien n'aurait dû exister".
En fait les hommes de tous les temps ont cru à leur
immortalité. Les philosophes grecs parlaient d'aura spirituelle. La Bible
perçoit plus profondément l'amour comme ce qui demeure par delà la mort. Car
quiconque aime vraiment en ce monde, non du simple désir qui s'assouvit et
oublie tout pour ne penser qu'au désir suivant, mais de l'amour don de soi,
sait que l'amour ne meurt pas. St Jean l'écrit explicitement.
Ceux qui s'étourdissent ou se disciplinent sagement
pour oublier "la catastrophe finale" qui nous attend tous n'ignorent
pas l'angoisse qui habite tout homme. Une voie souhaitable est celle des saints
qui partagent la vie de Dieu : l'amour véritable qui est don au-delà du désir.
La mort devient pour eux une nouvelle naissance "à Dieu" et au
bonheur dont la vie ici-bas est gestation, pour former en nous l'amour qui ne
meurt pas. Bergson voyait dans cette expérience la meilleure preuve de
l'existence de Dieu.
Chaque fois que nous célébrons la messe,
l'Eucharistie, nous faisons mémoire de la mort du Christ, mais aussi de son
passage à la vie par la Résurrection. "Si nous mourrons avec le Christ,
avec lui nous vivrons". Voilà l'Espérance qui nous habite en ce jour de
souvenir de tous nos morts. Ils sont vivants. Avec eux, prions Dieu d'Amour et
de Vie.
Devant la mort
Vous avez marché ensemble sur les routes humaines.
Vous étiez unis par un lien lentement tissé, au fil des événements difficiles
ou heureux partagés de tant de façons. Cet être qui vous était si cher est
parvenu au terme du parcours. Il a moissonné et engrangé les fruits de son
existence terrestre. Il est parvenu au sommet de la montagne. Il en contemple
maintenant le versant caché.
Il est mort à une vie, mais pas à la Vie. Il y est
même entré pleinement, sans limites, sans restriction,. Comme une goutte d'eau
prend toute la place qu'elle veut dans la mer, ainsi les êtres qui nous
quittent sont accueillis dans l'océan d'Amour du Père.
Assister à des obsèques provoque émotion et
compassion. Une petite voix en nous avertit qu'un jour ce sera notre tour de
passer à l'autre rive et d'accoster à l'autre vie. Nous le savons, vivre c'est
marcher vers l'horizon de notre vie.
La mort des êtres que nous aimons est l'occasion en
soi de profondes interrogations : pourquoi vivre ? si tout est anéanti avec le
dernier souffle... ? Si au contraire il y a une vie céleste après la vie
terrestre, comment s'y préparer ? Et qu'en savons-nous ? Qui peut vraiment nous
en parler ? Certes, nous le savons bien, tout autour de nous a un commencement
et une fin. Y compris l'être humain, qui est mortel.
Les chrétiens, eux aussi remplis d'interrogations sur
l'origine, le sens et la finalité de leur humanité, reçoivent la réponse de
Jésus qui a vécu notre condition humaine, qui a subi la mort dont il a fait un
passage pour l'Eternité. Jésus qui a fait cette promesse : "Je suis la
Vérité, le Chemin et la Vie"...
Dieu est-il tout puissant sur la vie et sur la mort ?
Selon la foi des chrétiens, Dieu est à l'origine de
tout l'univers créé, qui d'ailleurs continue à évoluer. On peut donc
logiquement penser qu'à tout moment il peut intervenir pour modifier les lois de
la nature, puisqu'il en est l'ingénieux créateur. Or, s'il peut le faire,
pourquoi n'empêche-t-il pas les malheurs accomplis par les humains, les
catastrophes déclenchées par la nature ? Pourquoi n'arrête-t-il pas plus
souvent le processus destructeur des maladies ? Dieu n'est-il pas le maître de
la vie et de la mort ? Après avoir initié l'univers, en aurait-il perdu la
maîtrise ? Au fur et à mesure de la conquête et de la domination de la nature
par l'homme, Dieu se retire-t-il au point qu'on peut le croire absent ? Parce
que Dieu reste silencieux et discret, certains en concluent qu'il n'existe pas.
Certains autres doutent de sa Toute-Puissance. Mais de quelle Puissance peut-on
parler à propos de Dieu ?
Parce que l'univers a ses lois et parce que l'homme a
la liberté de penser et d'agir, Dieu consent à ne pas tout pouvoir à tout
moment. Par choix, il compte avec la nature et avec les pouvoirs de l'homme
qu'il appelle à se comporter en associé.
Le monde créé par Dieu est imparfait et inachevé,
transformable et perfectible. La vie, la souffrance et la mort en font partie.
Bien sûr, miraculeusement Dieu peut soustraire la condition humaine à ses lois
qu'il a lui-même initiées. Mais il le fait très exceptionnellement.
Et en réalité, c'est grâce à Jésus que nous découvrons
une autre et inimaginable Toute-Puissance de Dieu ! En partageant pleinement
notre vie humaine, la pauvreté, les souffrances, les échecs, le mépris, le
rejet et la mort, Jésus révèle que la toute-puissance libératrice, c'est
d'aimer en tout et tout le temps de la vie. Jésus, le Fils, montre ainsi quel
pouvoir Dieu le Père a choisi. Plusieurs fois pourtant, Jésus a ressenti la
tentation d'échapper à ce long chemin de l'existence humaine semé d'embûches.
Mais Dieu ne l'y soustraira pas ! Ainsi Jésus, serviteur souffrant, pourra-t-il
devenir "chemin, vérité et vie" pour tout homme. Jésus se soumet aux
lois de l'existence terrestre qu'il transforme en occasions de progrès par le
pouvoir exclusif de l'amour.
De la Toute-Puissance de Dieu invoquée pour échapper à
la condition humaine, par Jésus l'on comprend que l'authentique puissance que
Dieu peut exercer en notre faveur, c'est celle de nous aider à demeurer dans la
foi, l'Espérance et l'Amour. Comme Jésus. Si Dieu n'intervient pas directement,
mais par l'homme, dont il a fait un associé, contre le mal, le malheur, la
mort, ce n'est surtout pas parce qu'il se désintéresse de nous. Il souffre en
silence de nos blessures et se réjouit des progrès de la vie.
"Son
seul pouvoir, c'est l'amour désarmé", selon le mot du philosophe Paul Ricoeur. Or cet Amour qu'il nous
partage développe une vie en nous que n'atteint pas la mort. Ce qui fait dire à
St Jean : "Celui qui aime ne meurt
pas". La seule puissance de Dieu, c'est l'Amour. Et par le chemin de
l'Amour, c'est la vie.
LA MORT EST UN PASSAGE VERS LA VIE
La
splendeur de l'Invisible rayonne en tout être et relie tous les êtres dans sa
lumière, de l'atome à l'étoile et des vivants aux morts. Mais seuls les yeux du
coeur voient l'invisible, la beauté pure : la beauté d'une vie en est le
reflet. Tandis qu'ici-bas nous sommes plongés dans la séparation, absents à
nous-mêmes et absents aux autres car inachevés, imparfaits et par suite
insatisfaits, dans le royaume de l'Invisible qu'on appelle à tort l'au-delà
nous sommes présents à nous-mêmes et aux autres. Nous avons trouvé la béatitude
dans celui qui, nous unissant à lui, nous rend parfaits et nous donne sa
plénitude : tous nos manques sont comblés en lui.
30 octobre 2008
Les morts ont une vie ailleurs et autrement…
Sous la lourde pierre du tombeau où tu es enfoui dans la terre que tu as cultivée et qui t’a nourri toi et les tiens, et d’autres, je sais que ton corps est là. Ce corps a été le véhicule, l’enveloppe, le visage de ton existence humaine. Sans ce corps, comment tes sens, ton cœur, tes cris, tes convictions et tes engagements auraient-ils pu s’exprimer ?
Corps, fidèle serviteur de la vie intérieure. Compagnon en cours de route. Corps parfois affaibli par les maladies et les blessures provoquées par les épines au bord du chemin.
Sur la tombe où tu reposes, je viens m’incliner... Pour te remercier d’avoir si bien servi celui que tu as porté depuis sa naissance terrestre jusqu’à sa vie désormais devenue « autre ».
A cet office quotidien de l’existence humaine, au travers mille circonstances, tu t’es donné avec générosité jusqu’à t’y user. Tel un grain de blé tombé en terre, heureux de voir l’épi multiplier ses capacités de vie.
Certes, parfois ce corps a eu ses faiblesses. Il a comme trahi dans ses attitudes et ses gestes, ses réparties, l’être profond, dont il était censé exprimer les sentiments, le cœur et la raison.
Déjà, Saint Paul ne regrettait-il pas de « ne pas faire le Bien qu’il aurait voulu accomplir et faire le mal qu’il aurait voulu éviter ? »
Avec reconnaissance, dans ce petit cimetière, je viens me recueillir sur la tombe où ton corps a été déposé à sa mort et dire merci à Dieu et à Toi pour ta si belle et simple vie.
27 janvier 2008
La mort...
Plus que la mort de l'être aimé, ce sont les souvenirs de sa vie et le désir de lui montrer notre reconnaissance qui nous rassemblent. Dans le recueillement, la prière et la méditation.
La mort n'exprime pas tant un terme qu'un commencement. Elle est bien plus un événement de la vie que son anéantissement. Elle est même l'avènement d'une vie nouvelle..., libérée de ses limites spatiales et temporelles. Elle est un passage qui ouvre, plus qu'une porte qui se referme. Un livre que l'on termine avant d'en commencer un autre. Sur le versant de la montagne que l'on gravit, la mort est franchissement du sommet et découverte de l'autre versant longtemps deviné et espéré. La fin de vie n'est pas pour les croyants la fin de toute vie, mais la fin d'une forme de vie. Le Christ, par son itinéraire terrestre, est devenu chemin pour les chrétiens, celui qui nous y conduit en marchant à sa suite.
"Vous voudriez connaître le secret de la mort. Mais comment le trouverez-vous sinon en le cherchant dans le cœur de la vie"", écrit le poète Khalil Gibran.
De la naissance à la mort, le temps déroule l'existence de chacun et lui fait traverser et endurer des situations multiples. Chacun(e) doit affronter les diverses étapes et saisons de son itinéraire terrestre. Chacun(e) reçoit, donne, aime, espère, construit, parfois tombe, se relève et continue. Ces fruits de la vie, non seulement matériels mais surtout moraux et spirituels, sont confiés aux vivants. A eux de poursuivre cette route, fidèles à ce qu'ils ont le plus reçu et apprécié en la vie de la personne qui les devance dans la vie Eternelle.
St Augustin était évêque en Afrique. Un jour, il célébrait des funérailles dans une paroisse rurale. Après la cérémonie, lorsqu'on mit en terre le défunt, les assistants se mirent à pleurer. Alors Augustin dit à toutes ces personnes qui étaient là : "Lorsque vous faites vos semailles, est-ce que vous pleurez sur le grain que vous jetez en terre ?"
Chaque dimanche, lorsque nous récitons le Credo, nous disons que nous croyons en la résurrection des morts et en la vie éternelle.
"Celui qui croit en moi et qui écoute ma parole, celui-là possède la vie éternelle. Il passe de la mort à la vie".
Et St Jean nous dit aussi : "Celui qui aime ne meurt pas."
La résurrection, c'est une éclosion à une vie nouvelle. Lorsque l'enfant naît, il souffre et crie à cause de la séparation. De même, la mort est une rupture qui fait souffrir celui que la voit arriver et ceux qui en sont témoins. Mais, dans la Foi, je sais que cette mort est une entrée dans la Vie : "Si nous mourons avec le Christ, avec lui nous vivrons."
"Et puisque Dieu existe", disait Platon, "il ne peut arriver rien de mal à l'homme juste ni pendant sa vie ni après sa mort".
"Ne considérons plus la mort comme des païens","écrivait Pascal, "mais comme des chrétiens, c'est-à-dire avec l'Espérance... puisque c'est le privilège spécial des chrétiens."
A propos de la mort
Au fond, la question est donc de savoir comment affronter la mort. A défaut de pouvoir totalement surmonter la mort, l'homme cherche à la neutraliser. Les anciens, tels Sénèque, Cicéron, Lucrèce ou Epicure, ont traité de cette question liée à toute humanité. Pour Epicure en particulier, la mort ne devait pas être considérée comme un mal. Il était irrationnel de la craindre puisque nous pouvons en faire une expérience personnelle directe.
Mais au fait, qu'est-ce que la mort ? Pour les uns, la fin de vie doit rester attachée aux fonctions biologiques de l'organisme, pour d'autres elle est liée à la partie irréversible de certaines propriétés humaines (psychologiques, sociales, cognitives). Comment ne pas constater que les problèmes éthiques posés par l'avortement, l'infanticide, l'euthanasie ou les expériences biomédicales dépendent en partie d'une définition de la mort !
L'être humain cherche à transmettre non seulement ce qu'il est, mais aussi ses valeurs, son expérience de la vie, dans une société qui cultive souvent des immortalités illusoires : recherche de la célébrité, culte du corps, conduites à risques... Les débats actuels sont âpres autour du "droit à mourir dans la dignité". Les partisans de la mort biologique et ceux de la mort personnelle s'affrontent désormais sans merci. La morale chrétienne a choisi : il ne faut jamais décider de la mort.
