19 mars 2008
A quoi bon le sacrement du Pardon ?
Certes, à l'image du Père de l'Enfant prodigue, dans cette parabole racontée par Jésus, Dieu, en son cœur paternel, se tient toujours prêt au retour vers Lui de ses enfants éloignés. Mais, comme l'enfant prodigue qui n'a pu bénéficier pleinement des preuves de pardon de son Père et de son amour intact, nous avons besoin du signe sacramentel du Pardon que Jésus a confié à l'Eglise, le soin d'accomplir en son nom : "au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, je vous pardonne tous vos péchés". Parce que nous sommes Corps et Esprit, nous avons besoin de signes sensibles, visibles et audibles. Nous le savons d'expérience, nous vivons de gestes, d'attentions, de lettres, de paroles, qui font signe des liens existant intérieurement. Et s'il arrive que ces liens se détériorent, nous éprouvons le besoin de les réparer par des actes concrets. Comment avoir la certitude que l'offensé me pardonne, sinon en lui donnant l'occasion de me le dire de vive voix ? Ce qui suppose que je me suis approché de lui et lui ai fait comprendre le regret de l'avoir blessé.
"La confession" est l'inverse d'une pratique culpabilisante. Elle détruit en soi tout ce qui empêche de progresser avec sérénité. Le sacrement du Pardon célèbre l'amour du Père toujours offert. Certes, comme pour la source jaillissant en abondance, il revient aux marcheurs de s'y arrêter et de s'y abreuver.
"Seul Dieu peut pardonner les péchés..."
Pardonner, ce n'est pas devoir oublier. Car si l'on n'avait plus la mémoire d'une faute, comment serions-nous en mesure de l'absoudre ? J'invite surtout à regarder le Christ qui lui-même, sur la Croix, en appelle à Dieu pour qu'Il montre lui-même sa propre miséricorde à ceux qui viennent de le condamner et sont en train de le crucifier. 'Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font". Quand pardonner m'est impossible, puis-je témoigner d'un Dieu qui lui ne cesse jamais d'en avoir la capacité. Car Dieu sait bien plus de choses que moi sur les raisons et les circonstances, le degré de responsabilité de la personne qui a fait le mal.
Avez-vous remarqué avec quel empressement ce Père qui n'a jamais cessé de penser à son fils et d'attendre son retour rajeunit tout d'un coup ? "Comme il était encore loin, son père l'aperçut (ses yeux du cœur le devinent) et fut touché de compassion ; il courut (comme un sportif), réduisant rapidement la distance que son fils avait mis si longtemps à creuser entre eux. "Il se jeta à son cou et l'embrassa longuement" : le Père a besoin de tenir son fils dans ses bras de Père et lui permettra une renaissance à la vie. Il n'a pas oublié le mal qui l'a tant fait souffrir. C'est précisément la gravité de ce mal que la toute-puissance de son Amour paternel s'avère capable de pardonner.
23 mai 2007
Les sept sacrements
Tout sacrement comprend une réalité visible symbolique, comme l'eau pour le baptême, le pain pour l'Eucharistie, les alliances pour le mariage, l'huile pour l'onction... et une réalité audible qui accompagne les rites comme la formule trinitaire pour le baptême : "je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit", les paroles de la consécration : "ceci est mon corps, ceci est mon sang", ou celles du Pardon : "je vous pardonne vos péchés au nom du Père..."
Le baptême
Le baptême des petits enfants repose sur le choix et la foi des parents. L'enfant grandissant devra intégrer lui-même cette démarche au fur et à mesure du développement de son autonomie.
Baptiser, c'est désirer suivre le Christ qui a dit un jour de lui : "Je suis le chemin, la vérité et la vie".
Le baptême, c'est consentir à devenir membre du Christ selon l'image que prend St Paul pour parler de l'Eglise Corps du Christ.
Baptiser un enfant, c'est le plonger dans la vie de Dieu dont l'eau est le symbole rappelant le passage de la Mer Rouge pour les Hébreux, l'eau du Jourdain au baptême de Jésus et surtout l'eau vive dont parle Jésus au puits de Sychar.
Lorsqu'un enfant est conçu, il reçoit tous les éléments biologiques appelés à se développer, mais les chrétiens croient qu'il reçoit aussi une âme personnelle et immortelle. Ce principe moteur et unifiant dont Dieu dote chaque être humain est créé, mais il passe au-delà de l'espace et de la durée de la vie terrestre. L'âme est unie au corps comme le levain à la pâte et le sel aux aliments. L'âme rappelle l'origine et l'horizon de toute existence. Elle assure l'unité et l'être spirituel de la personne. Elle veille à l'intégrité de la personne.
Signes, symboles, sacrements...
Les gestes, les attitudes proposés dans la liturgie ont un sens spirituel, mais pas à proprement parler de nécessité. S'asseoir, se mettre debout, se frapper la poitrine, faire un signe de croix, donner une poignée de main à la Paix, s'agenouiller, se prosterner, tout cela contribue à disposer le cœur et l'esprit à rencontrer Dieu et les frères, mais n'a pas d'utilité immédiate. Quant aux signes, l'eau, l'huile parfumée, le feu des cierges, l'encens, ils délivrent aussi des sens et révèlent quelque chose de l'amour de Dieu.
Les prières, dans leur diversité, expriment toutes à Dieu une confiance en réponse à sa présence permanente. La prière est adoration silencieuse du Saint Sacrement, présence réelle. Elle est contemplation de son visage dans une séquence d'évangile ou une œuvre d'art religieuse. Elle est demande de pardon de fautes reconnues et avouées, regrettées. Elle est offrande de vie avec tout ce qu'elle comporte de souffrances et de bonheurs. Elle est prière universelle qui glane ce qui, ici et là-bas, habite les cœurs et en parle à Dieu. Elle est eucharistique quand elle rejoint la prière de Jésus qui s'offre en sacrifice dans un don absolu d'Amour à son Père.
Or tout cela se décline et se conjugue dans une logique de la grâce offerte et accueillie...
Se marier, c'est un fruit de l'amour
Se marier, c'est choisir de donner priorité à l'amour sur tout le reste. Un couple se marie parce qu'il s'aime, mais aussi avec le projet de s'aimer toujours mieux et plus. Le mariage donne la couleur dominante de l'amour à la vie du couple. Il est la fréquence commune sur laquelle chacun des deux accorde et fonde ses choix, ses actes, ses projets. Il fait tout tenir debout et ensemble.
Si aimer se conjugue dans toutes les situations de l'existence, dans le meilleur et dans le pire, il n'y a qu'une seule source vitale à l'amour. Or les chrétiens voient dans tout amour la manifestation de Dieu. Car pour les chrétiens Dieu est amour. Dieu est l'Amour. En Dieu, tous les amours vécus s'enracinent. Une vie embrasée d'amour, c'est Dieu à contempler et remercier. Aimer, c'est participer à la vie divine. Le sachant ou pas, le voulant ou non, tout être qui aime est irradié de divin, à la manière dont les vitraux des églises délivrent leurs plus belles couleurs quand ils sont traversés par la lumière intense d'une journée ensoleillée. Dans sa très instructive encyclique "Dieu est Amour", le Pape Benoît XVI écrit : "L'amour entre homme et femme, dans lequel le corps et l'âme concourent inséparablement et dans lequel s'épanouit pour l'être humain une promesse de bonheur qui semble irrésistible, apparaît comme l'archétype de l'amour par excellence, devant lequel s'estompent à première vue toutes les autres formes d'amour".
Se marier (2)
Le mariage n'est pas une simple formalité, mais une décision après une longue et fructueuse réflexion. La liste est très longue des sujets abordés durant tous ces mois avant de se marier. Comment se découvrir et se connaître en vérité et faire grandir l'amour mutuel ? Comment faire l'alliance de deux parcours personnels qui se rejoignent ? Comment conjuguer deux tempéraments, deux caractères, associer des talents et des dons différents ? Comment dialoguer, partager et trouver l'entente dans le respect de la personnalité de chacun ? Pour cette maison commune, quels plans adopter, comment l'aménager, quelles orientations et ouvertures lui donner ?
S'unir dans le mariage, chacun le sait, ce n'est ni l'absorption de l'un par l'autre, ni la fusion, mais l'association, l'alliance. L'amour conjugal devient au fil des années comme un alliage, un acier spécial résistant et éprouvé. L'accompagnement et le mariage du couple donnent au prêtre d'être le confident de l'aventure humaine la plus belle et la plus constructive qui est celle de fonder un foyer. Se marier en croyants, c'est accepter d'être dans une vie à deux et ensuite, dans l'élargissement qu'est la famille, les dépositaires agréés de l'amour confié par Dieu.
"J'ai changé depuis qu'on se connaît". "Je vivais beaucoup pour moi, je vis maintenant pour elle et elle pour moi". L'amour transforme et améliore. Il dépoussière l'égoïsme. Il décape l'orgueil. Il développe la simplicité. Il invite à parler. Parce que se préparer au mariage et se marier est un chemin de progrès humain, comment ne pas être heureux pour un prêtre de marcher aux côtés de ceux et celles qui s'y engagent ?
Se marier (1)
Se marier, c'est annoncer le départ pour toute la durée d'une vie de couple tractée et finalisée par l'amour. Se marier exprime donc la confiance de chacun dans l'amour de l'autre. Je t'aime et tu m'aimes d'un amour assez puissant pour progresser ensemble dans l'avenir. Se marier, c'est, sans rien ignorer de la nature humaine et des conditions de vie, affirmer en paroles et en actes, en promesse et engagement, que l'Amour en chacun et au sein du couple s'appuie sur la promesse de Dieu de ne jamais nous abandonner quand il s'agit d'Aimer.
On ne se marie pas seulement parce qu'on s'aime, on se marie pour s'aimer encore plus. Des chrétiens ne prennent pas Dieu seulement pour témoin, mais comme la source inépuisable de l'Amour.
Qu'est-ce qu'un parrain et une marraine ?
Pour que la responsabilité qu'ils acceptent de prendre soit en cohérence avec leur vie, l'Eglise demande qu'ils soient chrétiens et capables d'aider leur filleul(e) dans sa vie de baptisé(e) ; et qu'ils aient 16 ans révolus. L'Eglise accepte qu'il n'y ait qu'une seule personne, marraine ou parrain.
Le parrain et la marraine, c'est pour les parents accepter de n'être pas les seuls responsables de l'enfant. C'est lui donner des tuteurs et des recours possibles s'il le désire. Parrain et marraine sont aussi deux images et deux visages différents, ils rappellent l'altérité dont l'être humain a besoin pour se construire.
Pardonner au nom de Dieu
On entend dire parfois : "En frappant mon frère, je ne voulais pas faire de mal à Dieu ; pourquoi me dis-tu que je dois lui demander pardon ?" Un jour, Jésus a expliqué à ses proches : "ce que vous aurez fait au plus petit des miens, c'est à moi que vous l'aurez fait". Ainsi, blesser un frère c'est blesser le cœur de Dieu qui aime tous ses enfants. Comme dans une famille les parents souffrent de voir leurs enfants se faire tort mutuellement.
Soit ! Mais pourquoi alors demander pardon à Dieu quand j'ai péché sans faire de tort aux autres ? Parce que Dieu m'aime et que mes péchés personnels l'atteignent donc en son cœur de Père. Par nos mauvais choix et une mauvaise utilisation de notre liberté, nous gaspillons la confiance que nous fait Dieu par les capacités dont nous sommes dotés. Les talents, les dons reçus, nous sommes invités à les faire fructifier.
