Les billets du Père Lucien Marguet

Chroniques et billets de réflexion sur des thèmes religieux, de société et d'actualité

12 mai 2009

Au printemps

 

Sans doute avons-nous tous une préférence pour l'une des quatre saisons. Moi j'apprécie surtout le printemps. Après l'hiver durant lequel la nature s'était renfermée sur elle, les perce-neige donnent le signal du jaillissement de la vie. Voici les jonquilles, le mimosa, les tulipes, les pâquerettes. Autant de signes précurseurs qui donnent de l'assurance à toutes les composantes de la Nature. Fleurissent les arbres, verdit l'herbe tendre et fraîche. Chantant gaiement, voilà les oiseaux à tire-d'aile. Tous tissent patiemment leur nid en transportant fébrilement des brindilles et des mousses qui rendront chaud et douillet le lieu de naissance de leurs petits.

 

J'aime le printemps, saison qui s'habille en blanc, couleur de lumière et de fête. J'aime le printemps car il est recommencement et tourné vers l'Avenir. Il est réveil et éveil. Il est naissance et croissance. Quel émerveillement devant cette nature que l'on croyait sans ressort ni vie, mais qui, comme une troupe, tout à coup précipite chacun à son poste. Le printemps ressemble à un enfant qui s'éveille à la vie. En lui, pas de passé. Que de l'Avenir ! Que des promesses, que des possibles appelés à devenir réalité ! On comprend que le blanc soit la couleur choisie pour nos fêtes. Elle annonce la vie, elle annonce l'avenir. Elle dit la joie.

 

C'est un festival qui embrase la nature tout entière, de fleurs de toutes couleurs chatoyant sous la lumière de jours toujours plus longs pour nous permettre d'en profiter... Des quatre saisons, le printemps est celle que je préfère, parce qu'elle est un appel général à l'Espérance qui nous dit : "En route, la vie se poursuit !"

Posté par lucien marguet à 12:39 - Vie quotidienne - Commentaires [1] - Permalien [#]

11 septembre 2008

La canne

J'ai souvent observé que la canne était un objet dont les personnes âgées se méfient dans un premier réflexe. Car elle produit en eux l'effet d'un miroir. Elle leur fait entrevoir que leur corps vieillit et menace de se dégrader. Elle leur rappelle aussi leur jeunesse et le temps des pleines capacités. Pourtant, dans un deuxième temps, les personnes âgées consentent de façon exceptionnelle à s'emparer, dans un geste quasi méprisant pour elles, d'une canne. Et vient alors progressivement la troisième étape. « La » canne, parfois offerte par les enfants, inquiets et qui veulent du bien à leurs parents, devient « leur » canne qu'ils s'approprient jusqu'à en faire leur compagne. Et elles n'ont alors plus envie de « s'en passer ».

Cette canne adaptée devient d'ailleurs leur troisième jambe, leur point d'appui et un rappel permanent à la prudence. Une personne habituée à sa canne vient-elle à l'oublier ou à la perdre, la voilà bouleversée par cette infidélité. Mais si la canne pouvait parler, n'en dirait-elle pas autant de ce qu'elle ressent d'avoir été abandonnée ? La canne et son maître sont désormais liés pour le meilleur et pour le pire. J'ai déjà vu, ramassée dans l'église et remisée en sacristie, une canne oubliée qui n'en finissait pas de prier qu'on lui fît retrouver la main tremblante et brûlante à laquelle on l'avait confiée pour s'en faire une alliée.

Je trouve que les liens entre la canne et son maître offrent une belle image de ce que doivent être les relations humaines. Pouvoir se soutenir, compter les uns sur les autres, participer aux mêmes événements de la vie et aux cérémonies. Aller vers la fin en compagnie...

L'image des liens qu'entretient une canne et son propriétaire illustre aussi très bien la communion existant entre le Pasteur et ses paroissiens. Sans eux, pas de pastorale. Et sans Pasteur, pas de Paroisse. Les deux ne sont-ils pas indissociables ?

Posté par lucien marguet à 16:01 - Vie quotidienne - Commentaires [0] - Permalien [#]



« Accueil  1