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Les billets du Père Lucien Marguet

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30 mai 2026

C'est ici que s'arrête mon blog...

Les personnes qui me connaissent un peu savent que  j'aime exprimer mes idées et commenter l'actualité ou un texte par écrit. En créant un blog, j'ai voulu partager ces idées et commentaires avec les lecteurs  qui  le souhaiteraient.

.Je n'ai pas souvent eu d'échos à ce qui paraissait sur ce blog...

A partir de ce Dimanche de la Trinité , en raison de problèmes de santé j'arrête d'alimenter ce blog. C'est l'occasion pour moi de dire un grand merci à toutes les personnes qui m'ont soutenu dans mon parcours pastoral, en particulier dans l'écriture et la diffusion de mes écrits modestes et sincères. Merci mille fois à tous ceux et celles qui m'ont encouragé en ce sens.

Comme demain nous célébrons "Dieu relation" ainsi que la Fête des Mères, je  nous souhaite à tous et à toutes de toujours soigner notre attention aux autres, proches ou lointains .J'ai eu comme professeur de  théologie morale un certain père Emériau, sulpicien qui ne manquait jamais de nous parler de Dieu comme Trinité et communauté de personnes. Et  ses cours m'ont marqué. Merci à lui et à tous nos maitres qui nous transmettent l'essentiel pour vivre en croyants.

Avec mes  amitiés fraternelles,

Lucien Marguet

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30 mai 2026

Dieu Trinité…

Exode 24 4b-6.8-9 - 2ème Corinthiens 13 11-13 - Jean 3 16-18

 

Les chrétiens croient en un seul Dieu, mais dont la vie est la réunion de trois personnes. L'unité en Dieu n'est pas le résultat d'une fusion, d'une absorption ou d'une domination de deux personnes par la troisième. Le Père, le Fils et l'Esprit ont chacun une identité singulière. Leur relation les unit pour n'en faire qu'un Dieu unique. Ils se concertent et agissent en parfait accord. En Jésus sur terre, il faut voir présents et le Père et l'Esprit. Dans les évangiles, on voit souvent Jésus élever les yeux au ciel vers son Père.

 

Plusieurs théophanies nous sont rapportées dans l'Evangile, parmi lesquelles le baptême de Jésus dans le Jourdain : la voix du Père se fait entendre : "Celui-ci est mon Fils bien aimé, en lui j'ai mis tout mon amour". Quant à l'Esprit, il est figuré par une colombe faisant la liaison entre le Père et le Fils. L'on peut d'ailleurs dire que c'est Dieu Trinité en totalité qui va s'engager unanimement à travers les trois ans de vie publique de Jésus.

 

Or cette conception chrétienne de Dieu vivant en trois personnes distinctes et unies influence et interpelle notre façon d'envisager notre vie personnelle et sociale. Car, si l'homme a été créé à l'image de Dieu, c'est que notre vie a vocation à lui ressembler. Ainsi, être "un" tout en étant "trois", n'est-ce pas l'horizon des familles dans la qualité des relations dans le couple, des parents aux enfants, de ceux-ci aux parents, à l'intérieur de la fratrie elle-même ? Chaque être est distinct, unique, différent. Il est appelé à être en lien avec les personnes qui l'entourent ou qu'il côtoie. Il a droit au respect de son identité essentielle. Toute famille est un lieu et un temps privilégié pour déployer le schéma trinitaire et unitaire. L'on peut ainsi affirmer que tout être humain se construit et vit par ses relations aux autres.

 

La violence, la domination, la captation, n'existent pas dans les relations en Dieu. Les mots qui qualifient la vie de Dieu sont : l'alliance, l'union, l'amour, la communion. Or les sociétés humaines elles-mêmes peuvent aussi se considérer appelées à vivre à l'image de Dieu Trinité. Dans les cités des hommes, on parlera de "vivre ensemble", de bien commun, de négociation à la table, de vote et de décisions démocratiques… Toute tentative de négation ou d'exclusion de l'autre pour imposer par surprise, ruse ou violence, est à l'inverse de la façon dont Dieu, Père, Fils et Esprit, existe en Lui-même et pour les humains. Dieu est Don et Amour, inconditionnel, car il aime bien avant d'être aimé et même si on ne l'aime pas. Dieu propose, invite, mais n'impose ni ne s'impose. Le bien souhaité par Dieu avec nous n'est pas de nature commerciale. Il est de l'ordre de la grâce sans redevance obligatoire.

 

Dieu est Tout-Puissant, mais d'Amour. Il peut tout, mais prend très au sérieux la revendication de l'homme à faire valoir sa capacité de liberté et de responsabilité. Il n'envahit pas ni ne piétine l'espace confié à l'homme. Dieu ne gouverne pas en direct sans laisser à l'homme sa marge d'altérité dans laquelle celui-ci peut discerner, choisir et s'engager. Par sa vie, ses paroles, ses attitudes, ses actes, ses engagements, par sa préférence de mourir sur la Croix plutôt que de trahir son message et renier, renoncer à ce qu'il avait toujours dit et fait, Jésus nous révèle qui est Dieu Trinité et communauté de vie et d'Amour.

 

Il n'est jamais de violence, de vengeance, de domination, en Dieu Trinité, mais que des liens qui donnent à chacune des trois personnes l'importance de sa présence et à l'ensemble des personnes leur éternelle et inaliénable unité.

25 mai 2026

Pentecôte (Année A)

24 mai 2026

Actes, 2 1-11  - 1ère Corinthiens 12 3b-7-12-13 - Jean 20 19-23

 

Nous avons tous une petite veilleuse en nous... fragile, modeste... Mais Dieu tourne le bouton et cette petite lumière devient tout à coup une grande flamme qui s’embrase, produit la chaleur... Ainsi est la petite veilleuse dans chaque être ; si la grâce de Dieu survient, une vie est tout entière transformée et devient lumière éclairante et rayonnante. Les flammes descendues du ciel transforment les Apôtres de fond en comble comme la lumière intérieure d’une cathédrale éclaire les vitraux.

 

Dieu est l'alpha et l'oméga. De tout temps, Dieu existe. Par lui, il y eut la création et la genèse de l'univers. Par Jésus venu de Dieu, il y eut l'Incarnation et la Rédemption. A la fête de la Pentecôte commence l'Eglise qui est le temps de l'Esprit Saint…

 

Après la création, l'Incarnation, voici le temps de l'Eglise inauguré en la Pentecôte. A la Pentecôte, la promesse de Jésus d'envoyer l'Esprit Saint se réalise. Comme Jésus est né de l'Esprit Saint et de Marie, l'Eglise naît de l'Esprit et des Apôtres qui l'accueillent. Chacun d'eux reçoit séparément mais au même moment le feu lumineux de Dieu en lui. Et le résultat est spectaculaire. La peur et l'inaction les quittent. On sait l'impact historique qu'a eu la phrase "n'ayez pas peur" prononcée par le Pape Jean-Paul II devant ses compatriotes. La confiance et l'audace libèrent les Apôtres. Ils sortent dehors, en plein vent. Ils risquent l'opposition et les représailles. Avec force et clarté, ils témoignent du Christ ressuscité. On assiste à la passation de services. Ils assurent la relève sur les chapeaux de roue. Puisqu'une foule nombreuse et pluriethnique entend les Apôtres annoncer "les merveilles de Dieu". A la différence de l'alliance ancienne entre le Peuple hébreu et Dieu, l'alliance nouvelle est destinée à tous les peuples de la terre.

 

Depuis ces commencements, que de chemin déjà parcouru par l'Eglise dans l'histoire du monde ! Constituée d'hommes et de femmes ayant leurs grandeurs et leurs travers, traversant des époques très houleuses, située dans des contextes culturels très rebelles à l'Evangile, l'Eglise n'a jamais été chimiquement pure de l'esprit chrétien. Elle a parfois été contaminée, malmenée… Et pourtant toujours habitée par l'Esprit… Certains en ont profité, d'autres l'ont persécutée. On entend parfois avancer l'idée que les chrétiens pourraient se passer de l'Eglise. Jésus, oui ! mais pas l'Eglise, disent-ils. N'est-il pas aussi beaucoup de chrétiens qui vivent sans se préoccuper de faire vivre réellement leur église ? Ils ne la vivent qu'au travers leurs besoins ponctuels et personnels...Certains autres la regardent à la façon de spectateurs qui, depuis les tribunes, font leurs commentaires souvent critiques des joueurs actifs sur le terrain. Il ne faut pas seulement venir quand l’équipe gagne, mais aussi venir la soutenir, l’encourager, quand elle s’essouffle et peine... Car l'Eglise comme institution et dans sa hiérarchie, dans son fonctionnement, ne serait pas fidèle à celui qui est l'origine de sa fondation. L'Eglise aurait trahi son origine et sa finalité ! Les critiques des prêtres, des évêques, sont sévères et souvent injustes. Parfois elles frisent la délation. Elles manifestent en tout cas beaucoup d'ignorance du Mystère de l'Eglise.

 

Certaines personnes sélectionnent dans ce que disent les prêtres et évêques ce qui correspond à leur sensibilité. Elles n'accueillent que ce qu'elles apprécient. La Parole d'Eglise ne sert alors que de caution à leur pensée. Elles refusent les prises de parole sur les questions de société, les choix économiques, politiques, les problèmes moraux. Face aux idéologies totalitaires, le Pape s'insurge. Il dénonce les inégalités Nord-Sud. Il prend des positions claires et exigeantes dans les domaines de la bioéthique. L'Eglise ne serait pas, selon ces gens, dans son rôle lorsqu'elle dit son avis, approuve ou émet des réserves, pose des questions sur les mœurs et les conduites humaines… Alors que tout chrétien sait bien que le Christ lui-même n'a développé et transmis son message qu'à partir de la condition humaine dans laquelle il était complètement inséré et incarné ! Des enfants peuvent apprécier ou non leurs parents, peut-être leur manquer de respect, se montrer en désaccord, mais ils ne peuvent nier qu'ils ont reçu la vie de leurs parents !

 

A qui donc les chrétiens doivent-ils leur baptême, l'Eucharistie, le Pardon, la connaissance de Dieu, de Jésus, la confirmation dans l'Esprit ? Sinon à l'Eglise, dépositaire agréée des sacrements… Chacun de nous, avant de critiquer l'Eglise ou de dire que l'on peut s'en passer, pourrait-il d'abord faire la liste de tout ce qu'il a déjà reçu d'elle et reçu par elle ? "L'Eglise peut me décevoir, m'énerver parfois, elle peut paraître retardée et décalée, et pourtant elle est ma mère". "Je ne puis que l'aimer, l'apprécier et lui dire ma gratitude en lui restant fidèle, quoi qu'il arrive !"

Eric Emmanuel Schmitt, l'auteur de "Oscar et la dame rose" et de l'Evangile selon Pilate", est plutôt un chercheur de Dieu en solitaire, mais, dit-il, "il m'arrive parfois d'aller suivre, en contrebande, des offices, le plus souvent catholiques, pour essayer de voir ce que cela me fait de partager ma foi avec d'autres. J'éprouve alors parfois un désir proprement religieux, le besoin de me sentir relié à d'autres par une même foi au Christ, de pouvoir célébrer ensemble cette foi. Mais je reste sur le seuil, quitte à éprouver une forme de souffrance à vivre ma foi en solitaire et non communautaire..."

 

Certains vont jusqu'à se réclamer de l'Esprit Saint en direct, et déclarer qu'ils n'ont pas besoin de passer par le standard qu'est l'Eglise ! Comme si l’on pouvait s’approprier l’Esprit Saint alors qu’il est à la fois celui qui distingue et celui qui unit aux autres pour former le Corps du Christ dont parle St Paul dans les Corinthiens. Alors que Jésus lui-même a prévu l'Eglise comme sa présence continuée dans le monde. Une présence qui rappelle sans cesse les droits de l'homme liés à ceux de Dieu. Une Eglise qui montre le chemin de la vie et transmet et traduit celle de Dieu, en particulier par la Parole et le Pain de Vie. Une Eglise proche qui partage, qui accueille, qui console et redonne confiance et Espérance. Une Eglise qui met son tablier de service. Une Eglise qui ne surplombe pas le Monde, mais vit dedans en étant distincte pour être libre.

 

La Parole de Jésus éteinte à la Croix renaît à la Pentecôte en langues de feu, incandescente, rayonnante. A Jérusalem, beaucoup de personnes ouvrent leur cœur à l'Esprit qui vient habiter et transformer leur vie.

 

Le pape Jean-Paul II lui-même avait souvent appelé de ses vœux une nouvelle évangélisation, jamais finie, toujours à répandre puisque les circonstances, la culture, changent. Benoît XVI prêchait un retour au Christ, qui est la source. Demandons au Christ et au Saint-Esprit de rayonner au travers des membres de l'Eglise. Demandons à l'Esprit de nous faire davantage prendre une place active dans la vie de l'Eglise et dans l'évangélisation du Monde. Dieu attend que nous soyons des témoins. Les uns pour les autres. Les uns avec les autres dans la diversité des mouvements apostoliques et des groupes de baptisés qui se réunissent au nom de Jésus.

 

L’Esprit Saint assure en chacun de nous la présence divine. Il assure aussi le lien d’unité entre les croyants. L’Esprit Saint fait de tous les chrétiens ensemble le Corps du Christ qu’est l’Eglise. Viens, Esprit Saint, remplir nos cœurs !

16 mai 2026

7ème dimanche de Pâques (Année A)

17 mai 2026

Actes 1 12-14 - 1ère de Pierre 4 13-16 - Jean 17 16-11a

Quelques heures avant d'être arrêté au jardin des Oliviers de Gethsémani, Jésus prolonge le repas pascal avec ses apôtres par une longue prière prononcée à haute voix qu'il adresse à son Père. Assez souvent, les évangiles nous montrent Jésus en train de prier. Tard le soir. Tôt le matin. Mais rarement on en apprend le contenu. Or cette ultime prière de Jésus, Jean nous en rapporte les paroles.

 

Dans cette prière testamentaire, saint Jean nous rapporte les échanges intimes de Jésus avec Dieu son Père. Jésus sait que son temps de vie terrestre va s'interrompre par une mort brutale. "Père, l'heure est venue." Et plusieurs fois il sera question de gloire. Comprenons bien le sens de cette expression. Le Père glorifie son Fils en reconnaissant qu'il a parfaitement accompli la Mission reçue de Lui. Le Père authentifie et signe le parcours humain de son Fils Jésus. Il a été à la hauteur de sa tâche. A été le digne visage de Dieu. "Moi", dit Jésus, "je t'ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre  que tu m'avais confiée". Jésus se réjouit d'avoir pu, dans le langage de l'existence humaine, révéler Dieu lui-même. Il en rend grâce : "j'ai fait connaître ton nom aux hommes..." "Ils ont reconnu que tout ce que tu m'as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m'avais données ; ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis venu de toi et ils ont cru que c'était toi qui m'avais envoyé". Unanimité, confiance, communion entre Dieu et Jésus au point que lorsque nous lisons l'Evangile, nous pouvons connaître Dieu, le vrai Dieu. J'ai toujours considéré comme un immense cadeau le fait que Jésus nous ait révélé Dieu « en clair ». Depuis la nuit des temps, on cherche à le connaître, Jésus nous le montre en lui-même.

 

Et c'est bien cela l'interpellation de cet Evangile pour nous. Par notre baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu. Nos vies, à l'instar de celle de Jésus, ont vocation à rencontrer Dieu. Un peu à la façon d'un puzzle. Chaque membre de l'Eglise est un élément de ce puzzle. Et les chrétiens dans leur ensemble, réunis, révèlent le visage de Dieu. Le Christ parti vers son Père compte sur les chrétiens pour continuer cette mission de révélation. Le Christ était le visage entier de Dieu. Chacun de nous est une partie de cette totalité divine. Plus nous sommes unis, plus le visage de Dieu apparaît complet.

 

Pour que notre témoignage soit vrai, il faut d'abord que l'Evangile, le Christ, inspirent nos vies. Il nous faut vérifier que Dieu auquel on se voue, Dieu dont nous parlons aux autres, est bien Dieu révélé par Jésus. Dieu des chrétiens. Et non un Dieu façonné par notre imagination, nos rancœurs, ou trouvé dans un tiroir de l'histoire des religions. Des images pieuses colorées...

 

Seule une humble attitude d'accueil peut nous permettre d'accueillir Dieu par Jésus et l'Esprit Saint. Il y a tant de caricatures de Dieu proposées dans les réseaux commerciaux des religions ou des philosophies. Et le Dieu nié, rejeté, ignoré par certains, au nom de leur Raison ou de leurs addictions matérialistes, n'est le plus souvent que création façonnée.

 

Dans quelques jours, la Pentecôte nous rappellera à notre devoir de témoins de Dieu. Dieu connu, aimé, transmis, révélé par Jésus. "Or la vie éternelle (ce qui fait vivre au delà de la mort), c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus-Christ."

13 mai 2026

Pâques, l'Ascension, la Pentecôte

Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, trois fêtes pour parler de la Présence de Dieu en nos vies. Pour signifier que l'Eglise a reçu la responsabilité de témoigner. L’envoyé de Dieu est venu : il s'est incarné. Il a assumé l'humain en totalité, et, maintenant, il retourne vers le Père pour être à sa droite (c'est-à-dire à égalité et en pleine union) avec son humanité. Tous les hommes, tous les peuples, ont vocation d'aller dans la maison de Dieu à la suite du Christ qui en est le chemin.

 

Jésus sort de la perception sensible de ses disciples. Il s'efface avec son corps pour laisser place au Corps de l'Eglise qui devient sa Présence dans l'histoire. Désormais, ces deux "présences" vont être reliées par un signe mystérieux : l’Eucharistie.

 

De son vivant, combien de fois Jésus a-t-il dû s'enfuir parce que des foules trop empressées voulaient le faire roi ou que des disciples manifestaient l'envie de s'asseoir à la droite ou à la gauche de sa seigneurie ! Même après sa résurrection, alors que déjà il à commence à échapper à l'épaisseur et à la pesanteur de la chair, Madeleine s'efforce de le retenir (Jean 20,13). A l'Ascension encore, il ne faut pas moins de "deux hommes en vêtement blanc" pour renvoyer les Apôtres de leur extase vers Jérusalem. "Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?" (Actes 10-11) Retenir, détenir par les yeux, par la raison. En quelque sorte posséder. Non Jésus n'est pas à prendre. Il est souverainement libre. Il doit être cherché et désiré.

 

L'Ascension est le moment de la rupture et de la séparation voulues par Jésus pour passer d'un lien extérieur qui le relie encore à ses disciples à un lien intérieur qui responsabilise. Il ne sera plus à côté d'eux. Alors où devront-ils le chercher ? La Pentecôte apportera la réponse il sera au-dedans d'eux. L'Esprit, en intériorisant la présence et le message dans le groupe des disciples, le fait devenir corps du Christ vivant, appelé à se déployer dans toutes les cultures et sur tous les continents jusqu’à la fin des temps. "De toutes les nations, faites des disciples." "Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.’

 

L'Esprit leur permettra de discerner les voies et les moyens de l'annonce et de la venue du Règne de Dieu. Même les livres légués par les Apôtres sont déjà une manière d'inscrire la présence de Jésus et son enseignement dans l'actualité de leurs préoccupations. A l'Eglise d'aujourd'hui, il revient de prendre la suite.

 

Ainsi donc, l'Eucharistie est un des lieux majeurs où se réalise, par la puissance de l'Esprit Saint, la rencontre, la conjonction du Passé et du Présent. Celui qui est parti est demeuré là, parmi nous. Nous y reproduisons les paroles et les gestes de Jésus au cours du dernier repas pris avec ses Apôtres à la veille de sa mort. Nous ne reproduisons pas le passé, nous le faisons présent. Non par la magie du verbe, mais parce que nous sommes aujourd'hui le Corps de ce Christ et que nous rendons actuel, par notre corps livré et notre sang versé, le mystère pascal qui ouvre la porte de la rencontre avec Dieu et de la Communion avec les autres. C'est l'Eglise, c'est nous qui disons aujourd'hui : "Ceci est mon Corps livré, ceci est mon Sang versé".

 

L'Esprit Saint reçu au baptême nous permet de devenir ces membres du Corps du Christ qu'est l'Eglise: Et, comme une terre devient fertile si elle sait absorber l'eau et accueillir la semence, ainsi la Bonne Nouvelle de Jésus pourra-t-elle pousser en nos vies à la mesure de notre ouverture à l'Esprit. "Allez dans le Monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création..." (Marc 16 15)

 

L'évangélisation n'est pas une entreprise de conquête spirituelle ou religieuse, mais la contagion d'un amour vécu dans l'Esprit de Jésus. La vie religieuse contemplative est une de ces voies évangéliques qui disent radicalement le message chrétien qui invite à en vivre, vraiment !

 

A la Transfiguration sur le mont Thabor, les trois disciples imaginent de s'installer dans ce bonheur qui les rend proches. Jésus leur demande de redescendre et de reprendre la route des humains. A l'Ascension, il les quitte et leur demande de poursuivre sa Présence dans l'Histoire, à sa façon et sur ses traces, dans l'attente de son retour : "Il vous est bon que je m'en aille.

 

Oui. le temps passe ! Notre vie est transitoire. Que de fois il faut accepter de partir, de diminuer, de nous en aller, de passer. Ne sommes-nous pas d'abord des itinérants, des migrants ? N'est-ce pas ainsi que l'on progresse et que d'autres peuvent grandir en liberté et en responsabilité, advenir en leur dignité ? Jésus s'est comme effacé pour laisser place à l'homme libre et responsable, tout en demeurant pour lui "chemin, vérité et vie"...

 

Comme l'écrivait Jean Sullivan : "Le temps est passé où le Christ était hors de nous, parmi nous. Par l'Esprit, il est au milieu de nous. Il ne peut être parmi nous que s'il est en nous. Il n'est plus possible dans ces temps nouveaux de rester au dehors. Toute chose doit devenir transparente pour ne point se pétrifier comme une idole".

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12 mai 2026

« Respecter », une attitude qui concerne tout humain…

Un ami prêtre me demande si je pourrais écrire un billet sur le « respect » que tout un chacun(e) se doit de nourrir vis-à-vis de son prochain. Il motive sa demande en m’expliquant que nombre de ses paroissiens lui font part de leur désarroi devant la dégradation des rapports humains par l’irrespect qu’ils voient devenir une habitude dans la vie sociale et familiale. Je remercie cet ami de m’avoir donné l’occasion de réfléchir sur ce sujet, parce que moi aussi je constate, par moi-même et par certaines confidences, que « l’irrespect » gangrène les comportements et affaiblit gravement la confiance. Je pense même que le « respect » que tout humain se doit de pratiquer quelles que soient sa condition et ses convictions est l’expression première et basique de son identité. Et mettre le respect au cœur des relations implique de commencer par se montrer respectueux soi-même en paroles et en actes, par un comportement qui diffuse la confiance.

 

Un « respect » permanent est sans doute la vertu la plus commune et la plus indispensable que chaque être humain doit cultiver et renforcer dans une société qui peut avoir tendance à se déliter. J’aime ce terme de respect car il est un droit et un devoir que tout le monde, quelles que soient ses convictions, sa condition et son origine, doit exprimer en toute circonstance de son existence personnelle, sociale, familiale. Respecter ne prive nullement de pouvoir contredire ou désapprouver quelqu’un dont on ne partage pas les idées ou la conduite. Respecter le rival, l’adversaire et même l’ennemi est me semble-t-il une caractéristique de la nature humaine. Respecter, ce n’est pas renoncer à être clairvoyant ni absoudre facilement. C’est une faculté qui permet de percevoir plus profondément et plus en avant.

 

C’est à tout moment que chacun de nous est invité à regarder autrui avec respect. Colporter sur les autres des jugements approximatifs et pire encore des mensonges, saborder par des mots violents qui salissent la dignité de telle ou telle catégorie, mérite que l’on pose cette question : que connaissez-vous vraiment de sa vie, de son parcours, de ses origines, de ce qu’il a reçu ou non pour bâtir sa vie ? La vérité et le respect se côtoient et ont vocation à s’associer. Cela ne veut pas dire que cette attitude signifie approbation, car on peut être en désaccord avec quelqu’un sur ses façons d’être et le contenu de ses pensées, tout en étant tenu de les respecter avec calme et humilité sans forcément renoncer à les contester !

 

Dans le registre « respect », la liste est longue des occasions de pratiquer cette attitude. Cela commence par le respect de soi dans la maîtrise du langage, la retenue du comportement, la simplicité des contacts. Comment ne pas penser aussi au respect de la nature, espace commun à tous qu’il faut éviter de polluer et que l’on doit sauvegarder pour le transmettre ? Je pense aussi au « respect » de la vie démocratique dans laquelle la participation, la contribution, la solidarité font partie de la préoccupation du Bien commun : jamais pour soi seul, mais aussi avec et pour les autres.

 

J’aime ce mot basique et universel de « respect » parce qu’il peut être admis et partagé, mis en pratique par tous les êtres humains de la terre, qu’ils soient fervents tenants de la laïcité, athées ou pratiquants fidèles d’une religion, militants d’une philosophie ou d’une idéologie. Bien sûr le chrétien a lui une raison essentielle de respecter ses frères et sœurs, puisqu’il croit en Dieu qui, le premier et en permanence, aime tout le monde à la façon dont Jésus en sa vie terrestre nous l’a lui-même montré. Créé à la ressemblance de Dieu, tout être humain est doté d’une dignité intrinsèque qu’aucune origine raciale ou sociale, aucune conduite déviante ou violente ne peut faire disparaître même quand elle apparait défigurée.

 

Le respect semble donc une clé universelle que tout humain détient pour entretenir ou réparer ses liens avec le monde et avec les autres ! Et pratiquer le respect au quotidien est le meilleur chemin de chacun en toute circonstance !

10 mai 2026

Paix désarmée et désarmante

 

Suite à la parole du pape Léon XIV et à la guerre que mènent Israël et les Etats-Unis contre l’Iran, au refus de la France de se joindre à cette guerre, une personne m’a demandé ce qu’il faut entendre par « guerre juste » et quelle est la guerre qui n’est jamais justifiable. Que veut dire le Pape quand il réclame une paix « désarmée et désarmante » ! Je me permets donc d’écrire ces quelques lignes sur ce thème de la paix et sur le devoir que chacun a de contribuer à la construire, en même temps que les responsables politiques des différentes nations du monde.

 

Il faut tout d’abord distinguer les guerres défensives, qui visent à se protéger corps et biens de tout anéantissement et domination, et les guerres offensives, auxquelles un état prétend recourir pour résoudre des antagonismes avec d’autres états. Pour qu’une guerre soit justifiable, il faudra d’abord avoir épuisé tous les recours à la diplomatie par des rencontres et des négociations adaptées et honnêtes. La France a eu raison, derrière le Général de Gaulle, de résister à l’Allemagne envahissante pour garder son identité, sa liberté, ses lois et ses droits, et de refuser de se soumettre à la force des armes d’un pays voisin dominateur. Aussi je pense raisonnable qu’un pays se dote de moyens de défense militaires dans le but de se faire craindre par d’autres nations vindicatives qui n’auraient comme référence morale que la puissance des armes et de l’argent, animée par l’ambition hégémonique.

 

Nous savons bien que le référentiel éthique n’est pas forcément partagé universellement. Ce qui est bien, mal, préférable, peut s’avérer très opposé d’un pays à l’autre et générer des initiatives divergentes. Etre doté de la bombe atomique était dans l’esprit du Général de Gaulle une façon de dissuader des pays belliqueux de recourir à la guerre pour résoudre des problèmes. On peut se montrer puissant sans avoir le projet d’être violent… Ne peut-on admettre – et peut-être est-ce même un devoir – qu’il faut se montrer capable de se défendre tout en renonçant à l’utilisation offensive des moyens que l’on détient, en privilégiant toujours ceux de la rencontre, du dialogue, du respect des droits internationaux ?

 

J’observe que pour légitimer le déclenchement d’une guerre, certains dirigeants politiques font valoir la menace que des pays agitent et font peser sur une paix durable. Aussi envisagent-ils de prévenir, y compris par les armes, un possible déclenchement des hostilités sans toujours mesurer qu’un foyer de guerre locale peut embraser toute une région ! Cette stratégie est-elle justifiable moralement et peut-elle être considérée comme défensive ? Parce que je me sens menacé, ai-je le droit de désarmer l’autre de façon préventive avant qu’il ne m’attaque ?

 

« Paix désarmée et désarmante »… « si on te frappe sur la joue droite, présente l’autre… » m’apparaissent comme les fondations d’une posture permanente du chrétien : toujours choisir et vouloir la paix, quelles que soient les situations conflictuelles dans lesquelles on se retrouve, en tant que personne ou peuple souverain !

10 mai 2026

6ème Dimanche de Pâques (Année A)

10 mai 2026

Actes 8 5-8, 14-17 - 1ère lettre de Pierre 3 15-18 - Jean 14 15-21

 

Dans l'extrait de sa lettre, Pierre nous dit : "Frères, vous devez être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'Espérance qui est en vous, mais faites-le avec douceur et respect". Croyants, nous ne devons jamais prendre la foi comme une supériorité morale, mais comme une responsabilité de témoigner de l'Evangile.

 

Durant ces trois ans aux côtés de Jésus, Pierre avait bien promis d'accompagner Jésus partout où il irait. Et pourtant, nous le savons, il l'avait renié 3 fois au moment tragique de son arrestation. Cette trahison de Pierre constituait pour lui une cruelle expérience de ses faiblesses et de ses limites. Et c'est sans résister ni jamais plus compter sur ses seules forces que Pierre se laissera interpeller par Jésus ressuscité au bord du lac de Tibériade. Parce qu'il sait qu'il a failli, Pierre sera pendant toute sa vie un croyant confiant et humble à la fois.

 

Tandis que Pierre, accompagné d'autres disciples, a pêché durant toute la nuit et que tous reviennent bredouilles, Jésus a préparé pour eux du feu et un repas. Après avoir mangé, Jésus lui demande trois fois : "Pierre, m'aimes-tu ?" Et, à chaque fois, Pierre répond : "Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime". Et Jésus lui confie la mission d'être Apôtre : "Pais mes brebis". Désormais, Pierre remet sa vie dans cet Amour que Jésus lui porte. Par nous-mêmes, nous ne pouvons rien dire ni faire. Nous devons tout à l'Amour inconditionnel que Dieu nous porte !

 

A la Pentecôte, lorsque l'Eglise naîtra, il sera le premier à témoigner à la face de tous ces peuples venus à Jérusalem que le Christ mort est vivant. On le menacera s'il ne se tait pas. Rien ne l'intimidera et ne le fera renoncer à parler. Rien d'étonnant qu'il nous invite nous aussi à préférer la vérité à la lâcheté. "Ayez une conscience droite, pour faire honte à vos adversaires au moment même où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ. Car il vaudrait mieux souffrir pour avoir fait le bien, si c'était la volonté de Dieu, plutôt que pour avoir fait le mal".

 

Si les pécheurs comme Pierre bénéficient de l'Amour du Christ et de sa confiance jusqu'à être investis de la mission d'Apôtres, des Samaritains, catégorie de gens suspects pour les Juifs, accueillent l'Evangile et se font baptiser. Ils reçoivent aussi le Saint Esprit. A l'arrivée de Pierre et de Jean, ceux-ci prièrent pour les Samaritains afin qu'ils reçoivent le Saint Esprit ; en effet l'Esprit n'était encore venu sur aucun d'entre eux. Ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. "Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains et ils recevaient le Saint Esprit.

 

Au moment de passer de ce monde à son Père, Jésus promet que l'Esprit Saint sera avec ceux qui lui resteront fidèles. C'est l'évangile de saint Jean que nous venons d'entendre. Et si dans quelques jours nous allons commémorer l'Ascension de Jésus, ce n'est pas pour regretter son départ, mais pour nous rappeler que l'Esprit Saint lui a succédé. Aujourd'hui, l'Esprit préside à l'animation et à la mission de l'Eglise. Nous sommes dans le temps de l'Esprit Saint. Dans les ouragans, les tempêtes et les traversées dangereuses de nos itinéraires humains, nous savons que l'Esprit Saint est au milieu de nous et même en nous.

 

Puissions-nous demander à l'Esprit d'éclairer nos vies lorsque nous devons choisir, agir, nous engager, lorsqu'il nous arrive d'avoir peur ! Afin que par notre vie et notre foi nous soyons les témoins du Christ et de son Evangile.

 

2 mai 2026

5ème Dimanche de Pâques (Année A)

3 mai 2026

Actes 6 1-7 - 1ère de Pierre 2 4-9 - Jean 14 1-12

 

Durant toutes ces semaines, depuis Pâques, nous lisons les Actes des Apôtres. Nous entendons Pierre témoigner avec force du Christ ressuscité au risque d'indisposer certaines autorités civiles et religieuses. Nous l'avons vu accueillir au baptême le centurion Corneille et de nombreux païens sans qu'ils soient tenus de passer par le judaïsme. La communauté des chrétiens augmente. "La parole du Seigneur gagnait du terrain, le nombre des disciples augmentait fortement à Jérusalem et une grande foule de prêtres juifs accueillaient la foi". Les Apôtres doivent résoudre de multiples questions. Ils instituent le diaconat. Ils cherchent sept frères "estimés de tous, remplis d'Esprit Saint et de sagesse". Parmi eux, on choisit Etienne. Et les Apôtres lui imposent les mains. On sait qu'Etienne va mourir lapidé et qu'il fut le premier des martyrs de l'Eglise naissante.

 

Pierre, dans cette progression et expansion de l'Eglise, joue un rôle de premier plan. Lui, le pêcheur du lac de Tibériade que Jésus appela un jour en lui promettant de faire de lui un pêcheur d'hommes, est devenu non seulement un grand témoin du Christ, mais aussi un bâtisseur de l'Eglise avisé et audacieux. Et il n'est qu'une explication de cette transformation de sa personnalité, c'est l'Esprit Saint qui l'anime et a libéré en lui toutes ses énergies et ses talents. L'Esprit Saint, voilà l'acteur principal dans l'Eglise présidée par Pierre et ses successeurs. On ne comprend rien à la nature même de l'Eglise et à ses serviteurs, parmi lesquels en premier le Pape, si on ne sait pas que l'Esprit Saint a un rôle prépondérant dans son animation et sa Mission.

 

Au moment où Jésus fait ses adieux - l'Evangile de Jean nous rapporte le discours d'adieux que fait Jésus à ses proches -, tous les ingrédients sont-ils réunis pour que les disciples deviennent Apôtres, pour que l'Eglise prenne le relais du Christ ? Non. C'est même l'incertitude et la faiblesse qui prévalent. Thomas dit à Jésus : "Nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ?" Et, quelques heures après, ce sera la dispersion et la fuite. Il faudra l'Esprit Saint pour qu'ils comprennent vraiment ce qui arrive à Jésus. Il faudra la Résurrection et la Pentecôte. Et l'Eglise commencera. Et depuis ce temps l'Eglise marche dans l'histoire des hommes. Elle s'y mêle. Avec ce repère fondamental qu'est le Christ : "Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi." On ne peut comprendre l'Eglise que d'après le Christ "pierre éliminée par les bâtisseurs mais devenue pierre d'angle, dit le premier des Apôtres dans la 1ère lecture. Et comme pour apporter la preuve qu'il est bien "chemin, vérité et vie", Jésus dit cette phrase inédite jamais prononcée par un homme : "Celui qui m'a vu a vu le Père". Jésus révèle sa divinité dans le langage de son existence humaine. Dieu se fait connaître par les faits, gestes, paroles, attitudes de Jésus. Aussi Dieu imaginé, approximatif, Dieu des philosophes et des religions animistes, Dieu des idoles, Jésus le montre en clair par toutes les séquences de son existence. "Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c'est le Père qui demeure en moi et qui accomplit ses propres œuvres". "Croyez ce que je vous dis ; je suis dans le Père et le Père est en moi". Vous voulez voir Dieu, regardez Jésus dans les évangiles ! Par ses choix, ses actes, ses comportements, ses paroles, ses réactions, ses fréquentations, l'expression de ses sentiments, nous connaissons Jésus, et, par lui, Dieu l'Invisible se dit à nous en langage humain !

 

Or ce don de découvrir Dieu en contemplant Jésus est une grâce doublée d'une Mission, celle de faire connaître Dieu que nous révèle Jésus. Ce Dieu tel que Jésus me le révèle, j'ai la Mission de le faire connaître. Aujourd'hui, c'est la grande Mission de l'Eglise, donc du Pape et des évêques, des chrétiens du Monde entier. Dans toutes les langues et situations de la terre. Et nous savons combien cette connaissance de Dieu a d'impact sur le développement et le progrès humains. La foi chrétienne civilise. L'hommage à Jean-Paul II béatifié n'a pas été seulement rendu par les croyants, mais par beaucoup d'hommes et de femmes reconnaissant en lui un ardent promoteur de l'Homme, de tout homme. Ils ont compris qu'en faisant connaître Dieu, le Pape faisait aussi connaître le chemin exigeant et heureux de l'Humain. "N'ayez pas peur !", qui est la reprise d'une phrase de Jésus, a libéré beaucoup de gens. Rien de plus normal puisque la foi au Christ humanise et en même temps conduit à Dieu. C'est d'ailleurs la Mission à double détente de l'Eglise. Donc de chacun de nous. Et l'humain et le divin, Jésus est les deux en même temps.

 

"Tu es le chemin, la vérité et la vie, Jésus Fils de Dieu. Celui qui croit en Toi a reconnu le Père". Alléluia !

30 avril 2026

Merci aux prêtres ouvriers…

Que Nicaise Rousseau, Henri Brisfert, Michel Roquier, Jean-Luc Mangeard, Bernard Collet… me permettent de parler de leur vie de prêtres ouvriers dont ils nous ont fait les témoins, forçant notre admiration à commencer par la mienne. Ils ont choisi, dans un esprit exclusivement inspiré par l'Évangile, de partager la condition ouvrière à la suite du Christ incarné dans l'humain au cœur de l'histoire du peuple hébreu. Partager la vie de travail de compagnons et de compagnes, leur quotidien, avec tout ce que cela représente de joies, de peines, d'aspirations, d'implication et d'engagement, de solidarité et de fraternité.

 

Ils ne cherchaient qu’à offrir leur présence, discrète et gratuite, sans avoir en tête de recruter de nouveaux adeptes à l'Église. En donnant leur préférence aux fumées des braseros des piquets de grève, allumés par les meneurs syndicaux pour revendiquer, ils n'étaient sans doute pas si éloignés de leurs confrères qui, dans leur église paroissiale, offraient l'encens pour honorer Dieu. Eux, se faisant proches en étant solidaires, souhaitaient contribuer à ce que soient reconnues la dignité humaine de tout être humain et la justice qui assurait son « pouvoir vivre ». Je les ai toujours admirés dans leur générosité, ces prêtres ouvriers qui ne choisissaient pas d'être prêtres sans risque de n'être pas compris des gens d'Église. Oui, ils ont contribué à renouveler l'Église, par l'esprit qu'ils ont diffusé par leur engagement.

 

Ce que je dis là de bien des prêtres ouvriers n'ignore pas tout ce que l'on doit aux mouvements d'action catholique, surtout la Jeunesse Ouvrière et l'Action Catholique Ouvrière, qui ont soutenu tant de chrétiens soucieux de témoigner du message évangélique et universel du Christ. Les prêtres ouvriers ont parfois été soupçonnés d'être soumis à des idéologies plutôt que poussés par des motivations évangéliques. C'était mal connaître le fond de leur âme de prêtre et leur capacité à se ressourcer dans le Christ, tout en acceptant courageusement et lucidement de se mêler sincèrement au terrain où ils se sentaient appelés à déployer leur mission particulière de prêtres ouvriers.

 

Il se peut qu'aujourd'hui ils soient moins visibles et d'abord moins nombreux, mais je crois vraiment que l'esprit d'enfouissement et de détachement dont leur existence a fait preuve demeure comme un beau et bon moment offert à l'Église et au monde. Aussi, grand merci à eux et à Dieu qui les a inspirés. Je souhaite pour ma part que l'on n'oublie jamais ce que leur vie de prêtre ainsi donnée continue à inspirer aux communautés chrétiennes.

 

Dans les diverses responsabilités que j'ai reçues et assumées en Église, ils m'ont moi-même guidé, je leur devais donc tout naturellement ce merci exprimé dans ce billet !

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