Au n° 98 de l'exhortation La joie de l'Evangile, le pape François décrit les menaces d'éclatement qui pèsent sur l'Eglise et ses diverses communautés : "A l'intérieur du Peuple de Dieu et dans les diverses communautés, que de guerres ! Dans le quartier, sur le lieu de travail, que de guerres par envies et jalousies, et aussi entre chrétiens ! La mondanité spirituelle porte certains chrétiens à être en guerre contre d'autres chrétiens qui font obstacle à leur recherche de pouvoir, de prestige, de plaisir ou de sécurité économique. De plus, certains cessent de vivre une appartenance cordiale à l'Eglise pour nourrir un esprit de controverse. Plutôt que d'appartenir à l'Eglise entière avec sa riche variété, ils appartiennent à tel ou tel groupe qui se sent différent ou spécial"…

"L'individualisme et le libéralisme, le subjectivisme s'insinuent dans les groupes et font éclater leur cohésion et leur unité. Au lieu de donner priorité à ce qui réunit, on a tendance à survaloriser ce qui différencie et même diverge et s'oppose". Le Pape rappelle la recommandation de Jésus (n° 99) : "A ceci tous reconnaîtront que vous êtes ses disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres" (Jn 13, 35). C'est ce que Jésus a demandé au Père dans une intense prière : "Que tous soient un en nous afin que le monde croie" (Jn 17, 21). A l'évidence le pape François souffre des divisions constatées (n° 100) : "Cela me fait très mal de voir comment, dans certaines communautés chrétiennes et même entre personnes consacrées, on donne de la place à diverses formes de haine, de division, de calomnie, de diffamation, de vengeance, de jalousie, de désir d'imposer ses propres idées à n'importe quel prix, jusqu'à des persécutions qui ressemblent à une implacable chasse aux sorcières. Qui voulons-nous évangéliser avec de tels comportements ?"

Et le Pape de revenir à la loi d'amour. Au n° 101, il cite saint Paul : "Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien" (Romains 12, 21). Dans les Galates, 6,9 : "Ne nous lassons pas de faire le bien"… "Ne nous laissons pas voler l'idéal de l'amour fraternel"… Au n° 102 le Pape lance une pressante invitation aux laïcs baptisés à assumer leur responsabilité de chrétiens dans le monde et dans l'Eglise : "Même si on note une plus grande participation de beaucoup aux ministères laïcs, cet engagement ne se reflète pas dans la pénétration des valeurs chrétiennes dans le monde social, politique et économique. Il se limite bien des fois à des tâches internes à l'Eglise sans un réel engagement pour la mise en œuvre de l'Evangile en vue de la transformation de la société. La formation des laïcs et l'évangélisation des catégories professionnelles et intellectuelles représentent un défi pastoral important".

Au n° 104, l'exhortation souligne la place importante des femmes dans la société et dans l'Eglise : "Les revendications des droits légitimes des femmes, à partir de la ferme conviction que les hommes et les femmes ont la même dignité, posent à l'Eglise des questions qui la défient et que l'on ne peut éluder superficiellement". Au n° 105, le pape François parle de la Pastorale de la Jeunesse en ces termes : "Dans les structures habituelles, les jeunes ne trouvent pas souvent de réponses à leurs inquiétudes, à leurs besoins, à leurs questions et à leurs blessures. Il nous coûte à nous, les adultes, de les écouter avec patience, d'apprendre à parler avec eux dans le langage qu'ils comprennent"… Evoquant la pénurie de vocations à devenir prêtres, le Pape écrit, au n° 107 : "Là où il y a vie, ferveur, envie de porter le Christ aux autres, surgissent des vocations authentiques"…

A la lecture de ces thèmes divers abordés par le pape François, nous nous sentirons souvent invités à faire le point de nos pratiques habituelles, et sans doute pressés de les rectifier, de les ajuster davantage à l'Evangile et de les rendre pertinentes pour le monde actuel en changement.