Un dialogue a des chances d'être fécond si les interlocuteurs ne cherchent pas coûte que coûte à avoir raison, mais désirent en priorité progresser vers plus de vérité et de Bien. En toute discussion, il est utile de discerner à quels ressorts intérieurs il est fait appel. Si l'on recherche un consensus à tout prix en éludant tous les sujets qui fâchent, le contenu de l'échange ne va-t-il pas s'en trouver tronqué ? Si l'on minimise dès le début les différences de point de vue, ne va-t-on pas faire avorter tout débat et empêcher tout enrichissement d'idées ?

Un dialogue réussit lorsque chacun, ayant clairement et sereinement annoncé ses idées sans rien simuler, accepte d'accueillir et pourquoi pas d'adhérer à une vérité qui inclut mais dépasse celles exprimées par tous les partenaires. Il existe aussi une autre tentation quand le désir de bonheur ou d'émotion pousse à rechercher en priorité une communion qui interdit à la Raison d'avancer ses questions et ses exigences critiques.

Enfin, un dialogue est envisageable lorsqu'il est entouré de simplicité et d'humilité, lorsque les silences que chacun ménage permettent aux autres de déposer leur parole, lorsque personne n'est interrompu ni dominé par des discours ne visant qu'à se justifier, lorsque chacun s'efforce de considérer, respecter et comprendre les propos des autres, sans les déformer ni les détourner.

Pour qu'un échange soit un profit pour tous, il faut à la fois que chacun puisse exprimer ses idées et se soumettre à une très sincère écoute de celles des autres, il faut aussi que la confrontation qui s'ensuit soit toujours bienveillante, confiante et courtoise, et vécue dans un désir de se rapprocher ensemble d'une vérité qui appelle chacun à avancer.