Comme beaucoup de prêtres ayant déjà de nombreuses années de ministère derrière eux, je ne peux m'empêcher de m'interroger sur la nature de ma tâche actuelle. Elle n'est pas seulement de répondre aux sollicitations qui me sont faites de célébrer des messes, des sacrements, mais aussi de penser à celles et ceux qui ne viennent pas ou plus, et en particulier aux générations montantes largement absentes des lieux d'Eglise.

 D'ailleurs cette tâche missionnaire ne repose pas seulement sur les prêtres mais concerne aussi tout baptisé, appelé à être appelant et éveilleur ! J'avoue que c'est ce qui me préoccupe le plus pour aujourd'hui et en pensant à l'Avenir. Comment notre Eglise, nos paroisses, seront-elles vivantes et rayonnantes grâce à des chrétiens éveillés, formés, impliqués et soucieux de vivre en concertation, en communion, dans la diversité de leur situation ? Théoriquement, partout où deux ou trois croient en Dieu, une cellule d'Eglise existe. Mais a-t-on habitué à compter sur les baptisés pour faire vivre les paroisses ? Oui ! Mais sans doute pas assez !

 Nous sommes encore trop dans le registre de la consommation et des prestations de service… Trop rarement dans celui de l'engagement. Dans le dispositif paroisse, le prêtre demeure la clé de voûte. Or le lien ecclésial n'est pas que hiérarchique, vertical, il doit aussi être latéral et horizontal. Le témoignage de foi, la proposition de la foi, la transmission, la célébration, ne sont pas réservés au prêtre, mais sont le ministère commun de tous. Cette commune responsabilité doit être démultipliée dans tous les domaines et amplifiée. Le Concile Vatican II dont nous célébrons le 50ème anniversaire a énormément insisté sur la participation des laïcs à l'évangélisation.

 Cela demande une conversion, et d'aimer l'Eglise et lui consacrer du temps, non pour elle-même mais avec elle, auprès des villages, des lieux de travail, des écoles et des lieux de loisirs, des lieux associatifs… On baptise encore beaucoup d'enfants, peu viennent en proportion au caté, peu d'adolescents pour la confirmation, et, parmi les confirmés, peu gardent une place dans l'Eglise ! Le tissu associatif est dense, et on peut se demander pourquoi dans le cadre paroissial il y a si peu d'animateurs auprès des enfants et des jeunes ?

 Certes on m'a déjà dit : pourquoi vous soucier de demain ? Vivez dans le présent et l'Esprit Saint s'arrangera pour l'avenir ! Je trouve que c'est au contraire à nous d'appeler et de former, pour les rendre acteurs, celles et ceux qui feront que nos paroisses auront demain les capacités d'affronter les défis déjà perceptibles aujourd'hui ! Permettre aux baptisés d'assumer leur mission me parait une urgence !

 Bonne année à tous et à chacun(e) !