Les terriens ont l'habitude ancrée en eux que la force d'un homme se mesure à sa capacité à s'imposer à ses semblables. Or Jésus va transformer cette idée de régner par la contrainte en liberté de choisir par soi-même. Dès sa naissance, pas de trompettes ni de clairons, ni de mise en scène suggérant l'origine puissante de cet enfant : au contraire, la simplicité, l'humilité et une pauvreté évidente. Cette arrivée dans le monde, ses 33 ans d'existence et sa mort en croix apportent une façon inédite, toute nouvelle, d'envisager la vie humaine.

 Le peuple hébreu attendait un Sauveur démonstratif et combatif, capable de renvoyer les occupants romains chez eux et de mettre de l'ordre en Palestine, comme l'avait fait Moïse en son temps. Or Jésus n'a pas pris les armes ni levé une armée. Il n'a eu recours qu'à son influence morale et spirituelle en paroles et en actes d'Amour. Jésus a choisi un itinéraire sans escorte, non violent, acceptant d'être confronté aux souffrances, aux peines, aux mêmes difficultés que tous les humains. Il a été non seulement le porte-parole d'un esprit nouveau, mais aussi son prototype et donc pour nous le modèle à imiter.

 En effet, la façon de vivre de Jésus est devenue la source d'inspiration et de créativité de tous ceux et celles qui choisissent d'être ses amis. Ainsi la liste est longue des chrétiens par lesquels Jésus a continué son œuvre de libération, de guérison, de réconciliation, en un mot qui résume tous les progrès possibles de l'homme : son humanisation. Or l'esprit de l'Evangile confié par Jésus-Christ à celles et ceux qui poursuivent son œuvre, c'est d'être libre, d'être vrai, sans hypocrisie ni démagogie, c'est de préférer l'être à l'avoir, la puissance des forces spirituelles à la domination ou la séduction par l'argent ou les flatteries, c'est d'être juste et de contribuer à la justice. L'esprit évangélique, c'est ne pas être ébloui ni séduit par ce qui brille pour les yeux et obscurcit le cœur. A Noël, Jésus vient régler nos vies sur la longueur d'onde de la sienne. Il nous faut tous nous mettre à hauteur des enfants. Conserver un cœur d'enfant comme Jésus nous l'a recommandé : "Le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent"…

 Les hommes ont-ils essayé cette nouvelle façon de vivre ? La réponse est oui. Citons au moins quelques évolutions qui ponctuent ces 2000 ans après Jésus. La force des armes de guerre pour dominer fait place peu à peu à des solutions par la rencontre et la négociation. L'instinct de domination et de soumission est remplacé par des projets de scolarisation, de coopération et de transferts technologiques. Des murs économiques, idéologiques, politiques tombent, des frontières s'ouvrent, des continents s'associent, des organismes contre la faim et pour le développement sont créés, d'autres permettent de traiter au sommet les événements mondiaux et de réguler les droits légitimes des états au regard de la justice, de la liberté et en vue de sauvegarder la Paix.

 Bien sûr il y a encore des conflits graves et des guerres déclarées, mais l'humanité d'aujourd'hui s'est dotée de moyens efficaces pour assurer à l'échelle du monde la défense et la promotion des droits humains universels. L'esprit apporté par Jésus et proposé à chacun(e) se concrétise par une liberté de conscience plus affirmée, mais en même temps par une plus vive conscience de nos responsabilités à l'égard des autres, du couple, de la famille et de la société tout entière.

 Il reste beaucoup, beaucoup à faire pour améliorer le cœur et l'esprit des femmes et des hommes, à commencer par le nôtre. Puisse le message diffusé depuis son berceau de paille par Jésus parvenir à nous convaincre de commencer par nous !