Il est aujourd'hui admis que le monde entier est en état de guerre contre le terrorisme qui peut frapper à tout moment et partout. La violence imprévisible et subie est l'arme préférée des terroristes. Elle vise à tuer et semer la peur, générer la haine et susciter la vengeance en retour. Le terrorisme poursuit ses projets diaboliques en se réclamant de Dieu qui, prétend-il, lui aurait confié cette mission de purifier la terre des infidèles et des mécréants. Il se cache pour n'être visible qu'au moment fatal où il sévit. Ses agents, fanatisés, sont prêts à mourir eux-mêmes tant ils ont été abusément convaincus que leur mort pour cette cause leur ouvrira la porte du ciel et leur obtiendra la récompense divine.

Pour mener à bien cette guerre destinée à déstabiliser les démocraties et soulever les groupes sociaux et religieux différents les uns contre les autres, on l'a maintenant compris, tous les moyens sont utilisés. En dehors même de toute règle légale ou morale, toute personne humaine est une cible potentielle. Aussi pour lutter contre cette forme de guerre, certes l'on attend beaucoup des autorités politiques, militaires, policières, judiciaires, mais cela ne suffit pas. A l'évidence chaque citoyen doit prendre sa part dans ce long et dur combat contre la terreur diffusée et ressentie par beaucoup de près ou de loin. A chacun, aux groupes humains, de développer la conscience lucide des dangers encourus, de se tenir en éveil, d'acquérir des capacités pour résister et dénoncer les mensonges propagés, les convictions déguisées et faussaires.

L'ennemi de l'humain, de la liberté, de la vérité, de la dignité comme valeurs universelles, avance et agit en se dissimulant. Cette guerre-là n'est plus la guerre des tranchées dans laquelle les ennemis, se faisant face, essayaient de regagner du terrain. Elle n'est plus celle de 39/40 au cours de laquelle l'artillerie, la cavalerie des chars et l'aviation ont joué un rôle primordial. La guerre contre le terrorisme certes provient bien de conflits actuels situés géographiquement, mais elle a, par contagion intellectuelle, morale et religieuse, gagné et contaminé beaucoup d'esprits, de cœurs et d'âmes, d'ailleurs en plus fragilisés par diverses maladies diffusées par la société actuelle.

Nous ressentons sans doute que face à cette guerre sans visage nous sommes désarmés. Nous sommes aussi parfois, peut-être plus encore dans des milieux urbains, désemparés quand derrière le voisin peut se cacher un ennemi potentiel ou ne serait-ce qu'un adepte des idées terroristes. Il nous faut maîtriser en nous ces réflexes instinctifs et redoubler de respect et même de confiance en l'autre qui, bien sûr, peut être amené à afficher devant nous ses différences, de point de vue, de conviction ou de mode de vie.

Comment ne pas souhaiter à nos villages de confirmer et d'accentuer en paroles, en actes, ce que nous défendons le plus dans cette guerre défensive et préventive contre le terrorisme international : un vivre ensemble harmonieux qui fait place à toute vie individuelle, qui donne préférence au dialogue, à la négociation, à la concertation, sur les instincts de domination jusqu'à la "suppression" de "l'autre" ! Comment ne pas souhaiter que nos peuples gardent raison et ne sombrent jamais dans la peur tout en résistant aux menaces de cet ennemi réel qu'est le "terrorisme mondialisé" !