29 avril 2009
La loi naturelle
Dans le monde catholique, l'expression "loi naturelle" est volontiers employée. La "loi" n'est pas nécessairement un éteignoir de liberté, mais elle peut être un chemin d'humanisation. Sans loi, pas de structuration personnelle ni d'organisation collective. Il existe un programme inscrit dans la nature humaine et il est universel. La loi naturelle, c'est ce qui fait que l'homme "est". La loi naturelle, c'est quelque chose d'incontournable, de propre à l'homme, quelle que soit sa condition physique, mentale, sa naissance.
Dans le langage courant, la nature désigne ce qui environne l'homme. Dans le langage de la morale catholique, parler de loi naturelle c'est évoquer l'homme dans sa dignité profonde de créature de Dieu. "En créant l'être humain intelligent et libre, Dieu lui a donné le moyen de découvrir, comme à tâtons, ce qui allait dans le sens de son accomplissement, de sa liberté… " "En créant l'homme à son image et ressemblance, Dieu inscrit dans le cœur de celui-ci la loi de son propre développement et le rend capable de découvrir cette loi plus ou moins clairement par lui-même, parce qu'il est une créature douée de raison" (Catéchisme pour adultes des évêques de France).
Parler de loi naturelle, c'est aussi reconnaître la capacité de l'homme à discerner par sa propre conscience le bien et le mal. La loi naturelle s'exprime à travers un ensemble d'impératifs qui ont valeur universelle (Décalogue, Droits de l'homme). Ainsi les interdits fondamentaux, ceux du meurtre, de l'inceste et du mensonge ne varient pas selon le bon plaisir des cultures. Benoît XVI définit ainsi la loi naturelle comme "le message éthique inscrit dans l'être humain". Or la loi naturelle est affaire de raison capable de discerner ce qui constitue ces fondamentaux de l'homme.
En son exigence, la loi naturelle est immuable et ouvre à tout homme le chemin de la vie. Il y a donc une sagesse morale qui irrigue toute l'humanité et qui n'est pas la propriété de l'Eglise. Mais elle sait, à partir de Jésus, que le sens profond en est l'amour. Cette loi est la volonté et le don de Dieu dans sa création : "le reflet en l'homme de la splendeur du visage de Dieu".
Nier qu'il y ait une nature humaine universelle, c'est faire éclater en morceaux le concept d'humanité unique. C'est donner la priorité aux cultures sur la nature. C'est désocler le caractère planétaire des Droits de l'homme. En clair, les valeurs des uns ne coïncideraient pas avec celles des autres. Aussi ce serait renoncer à ces chemins qui fondent l'existence de grands organismes internationaux sur une éthique universelle. Ainsi la déclaration universelle des droits de l'homme suppose une "nature" humaine universelle. Parmi ces "lois que le créateur a inscrites dans la nature spirituelle et morale de l'homme" (Vatican II), le sens du bien, le respect de la vie, de toute vie qui a la même dignité, ce que l'Eglise a traduit par l'expression "de la conception à la mort naturelle".
24 avril 2009
LA DIGNITE HUMAINE ?
En ce moment, une large consultation a lieu en France, en amont de débats qui doivent se tenir au Parlement, afin de faire un bilan des lois de bioéthique et de les ajuster le cas échéant. Scientifiques, soignants, philosophes, moralistes, religieux, sont sollicités à donner leur point de vue. De quoi nous faire réfléchir sur ces sujets qui touchent au plus intime de nos vies personnelles, familiales et sociétales...
La dignité est intrinsèque à l'homme, et ce dernier est digne simplement parce qu'il est Homme. Quelle que soit la situation dans laquelle il se trouve : au sommet de ses possibilités ou au seuil de sa mort. Quelle que soit l'image qu'il donne aux autres. C'est la conception chrétienne. La dignité humaine est inaliénable et indépendante de son état du moment. Elle est inhérente au fait que l'homme a été créé à l'image de Dieu. Cette dignité s'inscrit dans une histoire, de la naissance à la mort et au-delà. Dans la maladie même, tout homme conserve la dignité intrinsèque à sa nature.
Certains font dépendre la dignité humaine de la capacité à la faire valoir. C'est la porte ouverte à toutes les dérives : "la demande d'interruption d'une existence à laquelle la maladie a fini par ôter toute dignité". Comme si la dignité pouvait se perdre et était en relation avec la qualité de vie... Y aurait-il des humains plus ou moins dignes ? D'autres lient la dignité de quelqu'un au degré de conscience qu'il en a. Ainsi serait-il plus ou moins humain. Dans ce cas, arrêter une vie qui ne serait plus humaine ne serait pas tuer...
En réalité, la dignité est liée au fait qu'il est homme. Il reste sur le plan éthique à en tirer toutes les conséquences.
03 décembre 2008
L'Euthanasie
Faudrait-il donc remettre en cause l'interdit fondamental de l'atteinte à toute vie quand la raison de l'euthanasie est l'amour ? L'attitude actuelle, qui consiste à maintenir l'interdit et la loi tout en étant clément avec les personnes qui les enfreignent pour des raisons humaines objectivement identifiables n'est-elle pas de beaucoup préférable !
Certes la conscience de chacun est le dernier recours où se prononcent le choix et la décision de l'acte. Mais qu'adviendrait-il de la vie si rien ni personne, aucune loi ou morale, n'étaient plus là pour guider nos choix ? Ce qui ne nous dispense pas d'ailleurs d'avoir à discerner, exercer notre liberté et assumer nos responsabilités et les conséquences de nos actes.
30 avril 2008
Les valeurs ont un enracinement
Selon les chrétiens, les valeurs humaines ne se reçoivent pas en kit sur catalogue ou sur internet ! Elles sont comme les bons fruits d’arbres aux solides racines. Les valeurs qu’invite à vivre le christianisme se trouvent dans la vie du Christ. Connaître le Christ, l’aimer, le fréquenter, inspire la vie, permet d’apprendre comment choisir, agir, tenir, se relever, espérer, en un mot « vivre ». Attention, Jésus ne prend pas notre place : on reste libres ! Il ne vient pas cautionner nos décisions. Il revient à chacun d’être libre et responsable, de chercher ce qui serait mieux.
La principale mission de l’Eglise n’est pas de transmettre des principes et des valeurs, même si une société doit s’en fixer pour qu’un vivre ensemble harmonieux soit possible. L’Eglise a bien plus que des règles et des normes, elle est là pour faire connaître et mettre en communion avec celui qui est à l’origine de la vie, de l’amour, celui qui donne du sens à la vie : Jésus-Christ
19 mars 2008
L'avortement légalisé dont on reparle ces temps-ci...
"Mon corps m'appartient... J'ai donc le droit d'en faire ce que je veux...", me dit cette personne d'une voix forte comme pour m'obliger à réagir face à son propos.
Erigée en idéologie dans l'ordre économique, cette doctrine prône le droit absolu du plus fort "qui n'a de compte à rendre à personne". Seul, le "propriétaire" a des droits. Or, comment le JE peut-il tout décider sans consulter et entendre le NOUS dont pourtant aussi il fait partie ? Le libéralisme, c'est le JE sans le NOUS. La liberté du JE est dans son lien au NOUS, et celle du NOUS dans sa responsabilité du JE.
Certes, chaque personne est munie d'une conscience. Mais celle-ci, sans succomber aux conditionnements et aux pressions, ne doit-elle pas chercher à faire à droit à l'existence de l'enfant à naître, et solliciter le point de vue et l'aide de l'entourage familial et social ? Loin de se désintéresser du sort d'une personne confrontée au choix ou au refus d'avorter, les proches doivent l'entourer plus que jamais. La personne amenée à "se décider" ne doit-elle pas aussi mesurer combien ses choix peuvent avoir d'influence sur les autres, sur la culture et les modes de vie en cours ? Car, à force de réaffirmer que chacun est propriétaire exclusif de soi, on finit par voir se développer une société "émiettée, réduite en poussières" !...
Bien sûr, il ne s'agit pas ici de juger les personnes, mais de discerner la logique d'un slogan : "Mon corps m'appartient, j'en fais ce que je veux..."
15 août 2007
L'Euthanasie
Dans le but de permettre à des gens de "mourir dans la dignité", des associations font de la légalisation de l'euthanasie un droit de toute personne humaine à maîtriser sa fin de vie. Chacun possède sa vie et n'a de comptes à rendre à personne, c'est un principe de base de cette démarche. Entre l'acharnement ou l'abandon thérapeutiques, ou l'euthanasie qui consiste à hâter ou provoquer la mort, le choix médical sollicite la conscience et engage la responsabilité de ceux qui doivent prendre la décision et la mettre en œuvre.
Or on oppose de plus en plus à l'euthanasie une pratique alternative qui elle aussi vise à permettre à des gens de "mourir dans la dignité". Il s'agit des "soins palliatifs". Outre qu'ils s'efforcent de soulager au maximum les souffrances, ils consistent à transformer "les derniers instants" souvent marqués par une cruelle solitude morale, par une présence chaleureuse et constante et un accompagnement jusqu'à la mort.
