Il arrive que pour le baptême de leur enfant des parents posent des questions. Par exemple, peut-on présenter deux parrains ou deux marraines ? Un enfant de 12 ans, non catéchisé, peut-il être parrain ? Peut-on être parrain si l'on n'est pas baptisé ? Et si une personne est d'une autre religion ? Pour faire plaisir aux deux familles, est-il possible de donner à l'enfant deux parrains et deux marraines ? Je vais m'efforcer dans ce billet de répondre à ces cas de figure différents en rappelant ce que demande l'Eglise, et surtout les raisons de son attitude qui repose sur une longue expérience.

A la différence des témoins lors du sacrement de mariage qui jouent surtout un rôle durant la cérémonie, les parrain et marraine s'engagent à accompagner l'enfant par une relation suivie durant sa vie, en particulier sa croissance et son itinéraire vers sa vie d'adulte. Et comme il s'agit, pour un parrain et une marraine, d'entretenir une relation privilégiée faite de soutien, de confiance, parfois de confidence intime si le courant passe bien, mieux vaut pour l'enfant lui permettre de se confier à un seul parrain, visage masculin, et une seule marraine, visage féminin, plutôt qu'à quatre personnes à qui il ne pourrait se confier de façon égale et instantanée ! Quant à l'âge requis, qui est au minimum de 16 ans, on comprend aisément qu'un enfant peut moins facilement jouer le rôle de relation et de transmission de la foi chrétienne qui lui est demandé, surtout si en plus lui-même n'a jamais été instruit ni initié à cette religion.

Pour toutes ces raisons à la fois d'ordre anthropologique et religieux, l'Eglise recommande aux parents d'appeler comme parrain et marraine un homme et une femme, le plus possible conscients de leur mission humaniste et chrétienne auprès de leur filleul et aussi respectueux de la responsabilité première des parents dans l'éducation, le développement et l'orientation de leur enfant. Si les parents sont des murs porteurs pour le développement global et intégral de l'enfant, ne peut-on dire que les parrain et marraine sont des contreforts ?

Une fois que l'on a rappelé tous ces points de repère, les décisions concernant la célébration du baptême seront prises après une concertation entre les parents et le célébrant.

J'ajouterai encore que, si le baptême est une démarche personnelle et familiale, celle-ci a aussi un caractère social et ecclésial. Faire baptiser un enfant, en effet, c'est demander à l'Eglise universelle de l'accueillir dans une communauté, une paroisse. Ainsi les parrain et marraine, en particulier quand ils sont choisis en dehors de la famille biologique, représentent la société humaine dans laquelle les parents ont fait naître leur enfant. En l'inscrivant au registre d'état civil et en décidant de le faire baptiser, les parents confient ainsi leur enfant pour qu'il soit reconnu et intégré dans la société comme citoyen et dans l'Eglise comme chrétien. C'est dire l'importance de bien réfléchir avant de solliciter tel ou tel proche comme parrain ou marraine de baptême.

Il arrive aussi parfois que dans les paroisses on reçoive la requête de rayer le parrain ou la marraine de l'enfant qui se plaint de n'avoir aucun signal de leur rôle confié quelques années auparavant. Or on ne peut rayer ce qui a été acté ! Il arrive aussi que les parents aient perdu de vue tel parrain qui au moment du baptême était leur voisin et ami. Ces deux dérives possibles auraient sans doute pu être évitées avec un peu plus de vigilance.

On l'aura compris, l'Eglise est sage en souhaitant que les parrain et marraine soient baptisés (au moins l'un des deux), qu'un dialogue ait eu lieu entre les parents et eux pour définir le contenu et les attentes des uns et des autres au regard de la mission que ce titre leur dévolue auprès de l'enfant pour la durée de sa vie !