Avec la "vie" et le baptême reçu, chacun reçoit la mission de servir ses sœurs et ses frères en humanité. Et chacun doit librement assumer ce "devoir". Il est des gens qui le font spontanément et généreusement. Pour d'autres, cela relève d'un choix mûri et réfléchi. Certaines personnes attendent que des appels leur soient explicitement adressés pour accomplir tel ou tel service dans une association, une communauté paroissiale en particulier.

Cette sollicitation exprimée à l'adresse d'une personne repose sur plusieurs piliers. Le premier suppose qu'il s'agisse d'un vrai besoin de la communauté pour son développement. Le deuxième est bien sûr de discerner dans la personnalité de l'appelé des capacités ou au moins des potentialités à répondre au mieux aux besoins évalués. Le troisième pilier est de s'assurer que la personne volontaire soit d'accord avec la feuille de route de la mission qui lui est confiée, et qu'elle acceptera les rendez-vous de formation qui lui seront fournis pour continuer à développer ses capacités. Enfin, le quatrième pilier consiste à prévoir, avec "l'embauche" d'une personne pour accomplir un service, la continuité de ce service lorsque la personne devra s'arrêter et passer la main.

On voit trop souvent des gens engagés se donner à fond et un jour "rendre leur tablier de service" sans trop se préoccuper de la poursuite de ce service ! Or, si l'on pense avoir servi utilement pour une communauté, ne faut-il pas s'assurer que ce que l'on fait généreusement pour elle soit continué par d'autres que l'on aura si possible mis en route et déjà éveillés et rendus capables et heureux, à leur tour, de poursuivre cette mission ? A quoi bon servir les autres si cela les habitue à être servis seulement ? Ce que l'on fait pour les autres, pour un groupe constitué, doit donner envie à chaque membre d'apporter sa contribution. Il n'est vraiment pas souhaitable que dans une paroisse seul un petit groupe détienne toutes les manettes de la conduite… Car, au lieu que chacun apprenne à pêcher, quelques-uns prétendent fournir le poisson pour tous !

Notre société actuelle ne serait-elle pas en panne de ce goût pour la transmission et donc de la durée au-delà des "coups de cœur solidaires" qu'elle sait heureusement vivre au travers d'événements exceptionnels et ponctuels ! Se donner des occasions et des moyens de transmettre ce que l'on fait, ce que l'on sait et croit, c'est non seulement assurer l'avenir, mais c'est aussi offrir l'opportunité à d'autres de développer en leur propre vie les qualités parfois enfouies de leurs richesses humaines. Cela réclame de la part de celles et ceux qui "appellent" un discernement perspicace, une grande confiance, quasi une Foi en "l'autre" au-delà de ce que l'on en perçoit ou de ce que la rumeur en dit.