13 mars 2009
Chrétien : carrément...
Comment le chrétien annonce-t-il la couleur de sa foi sinon en la vivant vraiment en toute occasion ? En effet la posture chrétienne dans un monde pluriculturel et multireligieux, souvent matérialiste, indifférent et individualiste, contraste et se fait remarquer de plus en plus. Le chrétien qui ne cache rien de ses convictions honore sa parole donnée. Il lui demeure fidèle. Il parle vrai et sans ostentation, sans blesser quiconque est différent de lui, tout en étant ferme dans ses convictions. Il ne craint pas de se prononcer à contre courant de la pensée majoritaire du moment. Ce qui est juste, bien, vrai et bon lui est préférable à l'absence de débats.
Le chrétien éduque ses enfants dans la conviction que "l'être" passe avant "l'avoir". Pour lui, l'argent n'est qu'un instrument et surtout pas une fin en soi. Le chrétien sait que s'il a reçu des talents il se doit de les développer et d'en partager les fruits. Il développe ses facultés autant de raison que de cœur. Il cultive les qualités et rectifie les défauts de sa personnalité. En tout il parait modeste et se veut humble, car il sait que ce qu'il est et ce qu'il devient, il le doit à Dieu qui le lui a confié en gérance. Le chrétien se montre libre de tout conditionnement : dictats, interdits, tabous, menaces. Et en même temps il se sait responsable, il s'efforce d'analyser et de discerner avec honnêteté et clarté. Il se montre solidaire, lié pour le bien mais non complice dans la combine.
Etre carrément chrétien, c'est aussi aimer l'Eglise comme un enfant est attaché à sa mère, même s'il peut avoir des points de désaccord avec elle. Jamais le chrétien ne renie l'Eglise qui le ressource dans sa foi. Le chrétien porte les difficultés comme tout un chacun, les siennes et moralement aussi celles des autres. Mais jamais il n'adopte un visage triste et accablé qui trahirait celui d'un sauvé par le Christ. Le chrétien ne se dérobe pas devant une parole à dire, une décision à prendre, même s'il lui en coûte du courage et des risques d'incompréhension. Car il n'est pas un adepte de la démagogie, de la dérobade, de la flatterie ni de l'ironie.
Enfin, le chrétien respecte la vie humaine depuis sa conception jusqu'à la mort, puisqu'elle est sacrée. Ce caractère transcendant lui fait un devoir de sauvegarder l'environnement présent et à venir de toute vie humaine. Le chrétien considère d'une égale dignité la vie de tout être humain quels que soient ses moyens, puissants ou limités, de la faire valoir.
La posture chrétienne, sans complexe et décidée, ne peut s'expliquer que par une sincère adhésion et une relation forte, permanente, avec le Christ et son chemin évangélique. Cette foi qui l'habite et anime sa vie n'enlève pas les tracas et les embuscades que tout un chacun peut rencontrer en chemin. Le "carrément chrétien" dans un monde qui ne l'est "carrément pas" n'est pas un convive habitué à choisir la vie à la carte, mais le menu du jour.
01 octobre 2008
Refuser Dieu, le nier
Parmi les raisons de refuser Dieu et de rejeter l'Eglise, il y a ce reproche fait aux religions d'avoir pactisé avec la violence du Diable. On évoque les croisades, les guerres de religion et bien sûr l'Inquisition. Ainsi la religion chrétienne serait-elle de nature vindicative et offensive ? Aurait-elle ce projet de détruire ou à tout le moins de dominer par la force les résistants à ce qu'elle prêche ?
Comment expliquer alors que le fondateur du christianisme, lui, n'ait jamais pris les armes quand bien même il se trouvait dans une situation de légitime défense et que ses disciples aient dans l'histoire parfois recouru à la force violente ? Ce sont les hommes qui sont agressifs et dominateurs, mais pas l'Evangile dont la figure emblématique est Jésus crucifié offrant sa vie. Les chrétiens sont disciples d'un Maître en qui ils reconnaissent Dieu fait homme jusqu'à livrer sa vie, dans la logique de l'Amour sans condition ni restriction.
17 septembre 2008
La foi irrigue nos vies
Comme l’eau provient de la source et passe par des torrents, des ruisseaux, en irriguant les terres avant de se jeter dans l’océan, la Foi a son origine en Dieu et alimente le jardin personnel des humains et leurs champs communautaires. Oui ! Le fait de croire en Dieu a forcément un impact sur les comportements, les choix, les actions individuelles et sociales.
Ainsi en est-il de la vie spirituelle. Elle recharge les batteries pour la longue route de l’existence. En semant les graines d’Evangile qui invitent à quitter la peur, à avancer en eau profonde avec courage et confiance, à être levain, sel et lumière, à être libre et responsable, debout et en route... Alors les murs de Berlin ou les murailles de Chine ne sont plus des bastions et des foyers de divisions, mais des occasions de colloques fraternels. Le monde devient un village.
Un croyant détient une richesse qu’il peut partager avec les incroyants. Il connaît la source qui dévale de la montagne et fertilise les terres. Il est des capteurs privilégiés de l’amour divin : ce sont tous les sacrements, rendez-vous où Dieu vient nous faire signe de sa présence réconfortante et vivante. Ce sont aussi la prière personnelle et la méditation de la Bible, des réunions entre chrétiens et bien sûr la vie Paroissiale qui fait l’Eucharistie et que celle-ci fait devenir Corps du Christ.
23 mai 2007
Toi tu crois encore en Dieu ?
A l'inverse, pour leurs amis, Dieu est une illusion, tout au plus une consolation. Eux ont rayé Dieu de leur carnet d'adresses. Ils n'ont d'intérêt que pour ce qui dépend d'eux. Ils veulent être seuls maîtres à bord de leur existence et libres d'agir. Mais en évacuant Dieu, ne serait-ce que pris comme hypothèse, ne se privent-ils pas de la chance que seul l'être humain possède, à savoir celle de s'interroger sur son origine et sa fin ? Ecarter Dieu de la liste des questions que la Raison et l'esprit, par curiosité et satisfaction, se posent normalement, n'est-ce pas renoncer à explorer ce domaine de la transcendance qui pourtant est la caractéristique de l'humain ?
La Raison, les sciences ont donné à l'homme le goût de découvrir, de connaître, d'expérimenter, d'expliquer comment "ça marche", et la capacité d'utiliser les lois de la nature, d'inventer, d'améliorer, de progresser. Mais l'homme doit-il pour autant déserter les questions tout aussi importantes de l'origine, "d'où vient-on", du sens de l'existence et de sa finalité, de son arrivée, "où va-t-on" ?
A l'évocation de croyances religieuses, certains ressentent avec émotion la nostalgie de leur enfance, mais un peu à la façon dont on monte au grenier de la grand-mère pour ouvrir le coffre de souvenirs. Or en réalité la foi chrétienne est un levain qui fait lever la vie quotidienne, une lumière qui éclaire le devant du chemin, du sel qui donne sa saveur à l'humain.
La foi comme du sel et de la lumière
l'Eglise comme un corps...
Baptiser, c'est souhaiter transmettre la foi en Jésus sous mode d'imprégnation. Comme le sel imprègne les aliments et valorise le goût quand il est dissous et mélangé. Autrefois, dans l'ancien rituel, on mettait un peu de sel sur la langue du bébé pour signifier la présence invisible et pourtant réelle de Dieu dans la vie et l'amour. L'âme personnelle que Dieu attribue à chaque être est intérieure à la vie, à l'esprit, aux potentialités. Elle a beau être invisible comme le sel, sa présence se ressent.
Baptiser, c'est souhaiter transmettre la foi comme une lampe éclaire de sa lumière le chemin, montre où mettre nos pas et oriente notre marche. La lumière du Christ n'éblouit pas, elle met la vie dans la lumière du jour. Elle révèle et fait comprendre.
Baptiser, c'est aussi reconnaître la finalité éternelle de la vie. C'est en même temps souhaiter prendre les moyens de développer cette vie éternelle. Baptiser, c'est aussi l'accueil dans l'Eglise, Corps vivant du Christ dont tous les croyants sont des membres. Par cette image du corps pour expliquer l'Eglise, St Paul nous dit plusieurs vérités importantes. Par le baptême, on accepte d'être uni au Christ et relié aux autres par lui. Chacun accepte de recevoir du Corps et de lui donner en échange. St Paul témoigne donc de l'unité à rechercher. Par le baptême, un enfant est accueilli. Il sera aidé dans sa découverte de Dieu et de l'Evangile qui fait partie de la vie. Mais dans l'Eglise il aura aussi à participer et apporter. Comme dans la vie du Corps, il existe une vie interactive et solidaire.
L'amitié avec le Christ est à vivre comme du sel mélangé donne saveur aux aliments. L'amitié avec le Christ est à vivre comme les membres ne font qu'un avec le Corps tout entier.
"Donnez-moi des preuves que Dieu existe..."
2. Dans cet univers, l'homme semble tenir une place à part par ses capacités ajustées pour en découvrir la nature et les lois qui le régissent, tout en utilisant ses découvertes dans une volonté de progrès. Comme si une alliance permanente entre le créateur et le créé était offerte à l'homme pour, qu'en y répondant, celui-ci démontre sa singulière "dignité".
3. Dans l'histoire, la foi des croyants a été une source d'énergie considérable pour édifier des cathédrales, découvrir des terres inconnues, entreprendre les grandes découvertes scientifiques, faire émerger les valeurs humaines universelles de droits, de justice, de liberté, de fraternité. La foi en Dieu, malgré les interprétations abusives, a constitué un tremplin pour le développement de l'homme et des civilisations.
4. Certains scientifiques américains vont jusqu'à trouver une preuve de l'existence de Dieu dans la connivence étonnante existant entre la nature de l'homme et le divin. Les hommes ne peuvent se passer de satisfaire leur besoin de religieux sous peine de compromettre l'harmonie de leur développement. Comme les plantes ont besoin d'air et de lumière, et les poissons d'eau, l'homme a besoin de "respirer" Dieu. Priver l'homme de religion en l'enfermant dans le matérialisme pratique ou philosophique, c'est peu à peu lui faire courir le risque d'être déshumanisé. Inviter à prioriser l'hédonisme plus que la recherche du Bien ou du vrai, l'individualisme plus que le vivre ensemble, finit par donner à l'homme l'illusion d'une vie réussie sans Dieu et les autres, alors qu'elle est "incomplète"...
5. S'il n'est rien ni personne en dehors de l'homme qui le transcende, qui peut se montrer garant des normes et des valeurs du vivre ensemble ? S'il n'est personne au-dessus, avant et après l'humanité, qui peut lui tracer un chemin ? Si chacun se doit d'inventer, si tout est relatif et subjectif, provisoire et transitoire, comment peuvent être envisagés des fondements universels que les hommes présentent comme un Bien souhaité et nécessaire pour tous ?
6. Pascal était mathématicien et philosophe. Il a, à propos de la foi, démontré qu'il était plus intelligent de croire en Dieu que de nier son existence. Car parier maintenant que Dieu existe réellement ne fait rien perdre, s'il n'est pas, et fait tout gagner dans le cas où Il existe vraiment.
7. Enfin, l'existence de Dieu et la façon "révélée", étonnante, en rupture avec son temps, dont Jésus-Christ en parle, peut être considérée comme une preuve de sa réalité. Dieu comme Père, l'amour comme vocation de l'homme, le Pardon, la vie éternelle, la Résurrection comme Avenir de l'homme... Le Dieu de Jésus n'est pas une invention de l'homme mais une révélation. Or des historiens non chrétiens ont attesté l'existence historique de Jésus : Pline le Jeune, mort vers 115. Tacite, mort vers 120. Suetone, mort vers 128. Philon, un Juif vivant à Alexandrie, mort en 54.
Et le fait que l'aventure chrétienne ait traversé 20 siècles d'histoire mouvementée et parfois chaotique tout en gardant sa capacité d'éclairer et d'imprégner des cultures nouvelles n'est-il pas un signe qu'elle est assistée et habitée ?...
Pourquoi moins de croyants ?
Pourquoi constate-t-on aujourd'hui une désaffection pour la pratique religieuse et si peu de volontaires pour témoigner de la foi ? Certes on ne refuse pas des discussions sur la religion, mais c'est souvent pour dire que celle-ci est dépassée au sein de la modernité.
Ce qui mobilise et motive aujourd'hui, ce qui fait courir les foules, c'est le "pouvoir d'achat" qui donne celui de consommer. L'acte d'acheter permet de s'approprier des choses jugées utiles, voire indispensables, d'ouvrir les portes des loisirs et des distractions. Or il y a tant de choses à consommer que chacun y déploie toute son énergie et y perd la liberté que pourtant il croyait pouvoir y trouver.
Chacun recherche non le bien mais ce qu'il entend dire être bon. On n'est pas seulement invité à trouver réussite et bonheur dans l'acquisition de choses matérielles, mais dans l'appropriation d'idées fabriquées par d'autres. Les capacités d'analyse critique, de discernement intellectuel et moral, subissent un matraquage qui endort insidieusement les forces de résistance. La pensée unique, un comportement uniforme, des stéréotypes finissent par s'imposer comme la "culture" découlant de la "modernité". Je prie quand ça me plait. C'était bien, je ne me suis pas ennuyé. La mélodie musicale et le rythme ont enlevé toute importance aux paroles de la chanson.
A force de préférer les choix matériels, notre existence devient matérialiste. Faut-il alors s'étonner d'être gagnés par la vanité, la cupidité, la jalousie, l'âpreté au gain sans fin, la conformité à "l'esprit du monde" ? Est-il donc si étonnant que le recueillement et le silence, l'intériorité, la contemplation, l'invisible face cachée de notre vie subissent aujourd'hui une désaffection ?
Les chiffres peuvent-ils rendre compte de la foi ?
Dans une culture où la Raison impose à la vérité ses normes du savoir, du mesurable, de l'expérimentable, des preuves, il peut être difficile à quelqu'un d'accepter de se situer dans le domaine du "croire". Lorsqu'une personne affirme ne pas croire en Dieu, qu'exprime-t-elle vraiment ? Ne dit-elle pas : "Je ne sais pas s'il existe et je doute, je cherche, j'avance..." ? Faut-il classer cette personne qui s'interroge, indécise, parmi les incroyants ?
Quant à ce nom, "Dieu", par rapport auquel le sondage invite à se situer, quelle image chacun(e) en a-t-il ? L'histoire a offert de Dieu tant de visages qu'il n'est que l'embarras du choix ! Entre les dieux grecs, romains, celui qui résulte de la pensée des philosophes - à rejeter ou à adopter - , et le Dieu dévoilé en sa personnalité par Jésus des Evangiles, il y a plus que des nuances, des divergences, des inversions.
Alors, de quel Dieu s'agit-il ? De quelle religion s'agit-il ? Dans un sondage ? Comment se prononcer sur un "produit" qu'en fait la plupart ignorent ? Il se pourrait que le refus de Dieu corresponde à un rejet d'un Dieu imaginaire, qui n'est surtout pas celui en qui les croyants mettent leur foi !
Et, pour conclure, si le nombre de catholiques reflue, la société toute entière ne bénéficie-t-elle pas de leur présence active, telle le sel laissé par la mer après qu'elle se soit retirée ?
