Les billets du Père Lucien Marguet

Chroniques et billets de réflexion sur des thèmes religieux, de société et d'actualité

08 avril 2009

La Nuit qu'il fut livré…

Durant 3 ans, Jésus a mangé souvent avec ses amis à la même table. Mais ce soir-là le repas est exceptionnel. C'est le repas de Pâque en souvenir du passage de la Mer Rouge qui a libéré les Hébreux de leur exil en Egypte. C'est aussi le dernier repas de Jésus avant sa mort en croix. Jésus ne sera plus corporellement au milieu de ses amis. Alors il imagine un moyen d'y rester. Mais il faut que ce moyen respecte la liberté pour chacun de croire ou pas. Que Jésus soit accueilli en chacun de ceux qui le veulent bien. Que Jésus soit aussi le lien entre tous.

Alors il trouve le signe du Pain. Attention, Jésus ne donnera pas du pain comme il en a fait distribuer à la foule qui avait faim. Le Pain qu'il donne à manger, c'est sa vie, ce Pain c'est lui. "Prenez, mangez-en tous, ceci est mon corps" ; et il fait passer une coupe de vin en disant : "Prenez, buvez-en tous, ceci est mon sang versé pour vous". Et après avoir accompli ce don, Jésus ajouta : "Faîtes cela en mémoire de moi". Ainsi à chaque messe, non seulement on se souvient de ce geste de Jésus, mais on recommence ce même geste qui annonce que le Monde marche vers son unité.

Et pour que ses Apôtres comprennent bien pourquoi il veut rester avec nous sous la forme du Pain, Jésus lave lui-même les pieds des convives. Laver les pieds est un geste de service, d'amour. Il faut être Jésus pour s'abaisser ainsi, y compris devant Judas qui va le trahir et aussi Pierre qui va le renier. Durant toute sa vie, Jésus n'a été que simplicité, humilité et proximité. Bien plus que des choses, Jésus donne sa vie. L'hostie, c'est lui-même. Pour venir en nous et pour que l'on soit uni à lui. Vraiment. Réellement communié à lui, et aux autres. L'Eglise, c'est la communion de tous ceux que Jésus aime, en retour l'aiment et se sentent unis entre eux. Ainsi le passé, le présent et le futur font de la première messe un mémorial vivant. Jésus demeure au cœur de l'Humanité.

St Jean Chrysostome disait, dans une homélie prononcée en 390 à Antioche : "tu veux honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu'il est nu. Ne l'honore pas ici dans l'église par des tissus de soie tandis que tu le laisses souffrir du froid et du manque de vêtements. Car celui qui a dit "ceci est mon corps" et qui l'a réalisé en le disant, c'est lui qui a dit : "vous m'avez vu avoir faim et vous ne m'avez pas donné à manger". Quel avantage y a-t-il à ce que la table du Christ soit chargée de vases d'or tandis que lui meurt de faim ? Commence par rassasier l'affamé et avec ce qui te restera tu orneras ton autel."

Posté par lucien marguet à 15:40 - Jeudi Saint - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le jeudi Saint

En venant habiter sur terre et en devenant un homme, Jésus à commencé à donner sa vie. Il a vécu en tout comme tout le monde. Pendant 3 ans, ses proches l'ont vu, entendu. Il allait de village en village, de ville en ville. Il s'intéressait à chacun. Le malade, le handicapé, le sourd, le muet, le lépreux. Il guérissait. Il donnait des conseils. Il consolait. Il pardonnait les péchés. Il aidait chacun, petit, grand, pauvre ou riche, à vivre. Cela ne plaisait pas à tout le monde. Certains se sentaient bousculés, alors ils décidèrent de le faire taire.

Jésus, sentant l'heure de sa mort arriver, invita les douze disciples les plus proches à venir prendre un dernier repas avec lui. C'était justement la fête de Pâque juive durant laquelle il est fait mémoire de la libération de l'esclavage d'Egypte. Jésus fit surtout deux gestes au cours de ce repas. Il a lavé lui-même les pieds de ses invités pour leur dire que dans la vie il faut servir les autres. Il a pris du pain sur la table et du vin, et il a dit : "ceci est mon corps livré pour vous", "ceci est mon sang versé pour vous". Une façon pour Jésus de résumer sa vie donnée et d'annoncer le sens de sa mort en croix. Une façon aussi de demeurer réellement présent dans l'hostie que l'on reçoit en communion.

Jésus n'est plus seulement à côté de nous. Il est en nous, Il n'est pas seulement en moi. Mais aussi dans mon voisin. Alors Jésus nous unit, nous réunit, nous communie. En respectant, en aimant mon voisin, c'est aussi Jésus en lui que j'aide, que j'aime. Et ensemble nous devenons le Corps de Jésus. Toute personne qui reçoit Jésus devient membre de Jésus et l'image de Jésus.

Posté par lucien marguet à 15:38 - Jeudi Saint - Commentaires [0] - Permalien [#]

La Cène

Ce soir-là, Jésus sait qu'il prend avec ses plus proches amis son dernier repas. Jésus a mangé tant de fois avec eux. Avec eux, il s'est tant de fois nourri par l'écoute des récits bibliques et dans la prière au Temple. Jésus a aussi nourri leur esprit, leur cœur, de ses paroles, de ses conseils. Car l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de la parole.

Ce soir-là, comme chaque année, les Juifs font un repas du souvenir de la sortie d'Egypte. Or c'est au cours de ce repas pascal que Jésus va faire du pain et du vin les signes de sa présence après sa mort. Jésus s'attend à être arrêté, condamné, crucifié et mis au tombeau. Ses amis ne le verront plus. Il leur offre alors de pouvoir faire mémoire de lui en disant : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang". Et en recevant chacun une part de ce pain consacré, les chrétiens permettent à Jésus d'être présent en eux et reliés entre eux. En recevant le pain de vie, nous devenons un seul Corps. Nous devenons le Corps du Christ aux membres divers et différents.

Le corps de Jésus va mourir sur la Croix. Mais il demeurera présent par sa parole gardée précieusement et partagée souvent. Jésus demeurera par l'Esprit Saint. Jésus demeure présent dans l'Eglise, c'est-à-dire la famille des chrétiens. Et il sera présent dans les sacrements et dans le Pain de Vie, l'hostie en particulier. Dire que Jésus est dans du pain, c'est aussi inimaginable que de voir en Jésus Dieu qui a pris un corps humain pour habiter la terre. En accueillant Jésus dans la Parole et le Pain, nous acceptons aussi les autres comme des frères à aimer et à aider. Une communion s'instaure par Jésus.

"Celui qui ne renonce pas à lui-même et ne prend pas sa croix n'est pas digne de moi". Jésus a choisi de sacrifier sa vie, ses forces, son temps, ses talents, pour sauver. Jésus n'a pas seulement donné sa vie en acceptant de mourir, mais il l'a donnée pendant toute son existence. "Ma vie, nul ne la prend, mais c'est moi qui la donne", dit-il. Il dit aussi : "Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir". Jésus nous fait comprendre qu'il a tout donné de lui par Amour de son Père et de l'Humanité. Jésus n'a vécu que pour donner, aimer, guérir, pardonner, relever, libérer, sauver. "Je suis venu pour qu'ils aient la vie, la vie en abondance". Jésus a donné sa vie, a voué sa vie, l'a consacrée aux humains ! Jusque dans le don de son corps à la mort.

Posté par lucien marguet à 15:35 - Jeudi Saint - Commentaires [0] - Permalien [#]

Jésus lave les pieds de ses disciples

Au cours du dernier repas de la Pâque juive pris avec ses disciples, à quelques heures de son arrestation, de sa condamnation et de sa crucifixion, Jésus se lève de table et se met à laver les pieds de chacun de ses disciples. C'est un message qui résume sa vie. Il a toujours tout fait par amour, pour servir tout homme.

Ce geste inhabituel au cours d'un repas est symbolique et emblématique de tous les actes de bien accomplis par Jésus durant sa vie. Jésus accomplit dans l'humilité ce geste d'Amour qui récapitule le don sans réserve qu'il a toujours fait de lui.

Ce geste est aussi un appel à en faire autant. Servez les autres, aimez, donnez votre vie. Mais aussi, laissez-vous aimer par Dieu qui prend soin de chacun.

Oui ! Que de gestes, que de choix, que d'actes faits pour les autres. Laver les pieds, c'est dire à chacun : je te reconnais, tu comptes à mes yeux. Tu es quelqu'un.

Or, cela suppose de s'abaisser, se mettre à genoux pour être à hauteur. Comme le père, la mère, se mettent à la portée de l'enfant, de ses problèmes, de ses projets. C'est donc accueillir, écouter, susciter la confiance par la bienveillance, c'est créer la relation par l'attention.

Les pieds, c'est ce qui peine dans le déplacement : les laver, c'est en prendre soin. Alors qu'ils sont souvent oubliés, Jésus nous montre qu'en honorant cette partie qui porte tout le corps, il valorise la personne tout entière. Dans une société, les petits, les oubliés, ceux qui sont en bas, ont aussi leur importance, comme les pieds dans la vie du corps.

Ce geste de laver les pieds, St Jean le raconte à la place de l'institution de l'Eucharistie. Comme si ces deux épisodes du dernier repas se rejoignaient pour concrétiser et actualiser sans cesse cette parole : "Il n'y a pas de plus grand Amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime."

Posté par lucien marguet à 15:33 - Jeudi Saint - Commentaires [0] - Permalien [#]



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