31 janvier 2009
Accompagner les adolescents
La vie d'un adolescent est comme en transit entre l'enfant qu'il n'est plus et l'adulte qu'il aimerait déjà être, tout en craignant de ne pas y arriver en ayant perdu les avantages de son âge précédent. Car il ressent que "grandir", se développer, c'est susciter un autre regard et d'autres attentes de la part des adultes qui l'entourent...
Or l'adolescence est une séquence de l'existence indispensable, bouleversante et merveilleuse. La bonne façon, me semble-t-il, d'aider les ados, demande de porter sur eux un regard bienveillant mais dénué de toute démagogie, d'avoir avec eux une relation de vérité, de disponibilité, d'écoute, sans intervertir les rôles. Il faut fuir les jugements de valeur qui les retrancheraient encore plus dans une posture défensive d'assiégé. Il ne faut rien minimiser ni majorer, ni dramatiser, ni baisser les bras. Il faut être discrètement et réellement présent, disposé à écouter dans une confiance sereine. Il faut avec eux analyser des situations dans lesquelles ils se trouvent, dévoiler ce qui est caché et discerner quel chemin de "bien" est préférable pour eux.
23 mai 2008
Eduquer la conscience morale
D
Mieux vaut prévenir par une éducation ferme et claire qu'essayer de guérir quand les signes d'une vie sans boussole ni gouvernail font craindre un naufrage. N'est-il pas insensé de penser que les enfants découvriront la bonne route sans l'aide de quiconque ? N'est-il pas illusoire et même coupable de ne pas leur apprendre les règles permettant de construire une vie personnelle réussie au milieu des autres ? Il est plus que nécessaire de ne jamais oublier de développer la conscience morale que chacun détient en lui.
27 janvier 2008
Au moins une Bible par famille
la Bible la Bible
La Bible la Bible. Voilà
A Charleville comme à Reims existe une librairie religieuse où tous les conseils seront donnés pour choisir le "livre" le plus édité du monde.
Invité le soir de Noël dans une famille, j'étais heureux de voir un jeune couple ravi de recevoir en cadeau une belle Bible de Jérusalem. Et, dans une autre famille, on me disait que des parents avouant une certaine incompétence avaient demandé à des proches, lecteurs assidus de la Bible
Certes la Bible
15 octobre 2007
Une étape décisive dans la vie
Il peut arriver à certains parents, en particulier aux mamans, parvenus à l'âge de la vie qui voit les enfants quitter le nid, de ressentir comme une "panne de sens" qui les anéantit. Longtemps occupés à temps complet par le présent et l'avenir de leurs enfants, attentifs à leurs désirs et leurs besoins, préoccupés de leur développement physique, moral, intellectuel et spirituel, à l'écoute de leurs "bobos", soucieux de leur orientation, ils leur ont donné tout le meilleur d'eux-mêmes, parfois jusqu'à l'excès et l'oubli de soi et de leur couple.
Un jour arrive où ces parents se retrouvent à deux, sans toujours s'être rendu assez compte que chacun avait changé... Leur histoire a connu comme une longue parenthèse où les enfants occupaient tout le temps. Et chacun en vient parfois à faire retour sur soi et à s'interroger vivement ! "¨Pourquoi ai-je tant donné ? N'ai-je pas négligé de m'occuper de moi, de nous ? Je me sens vidé, comme asséché..." Tandis que les enfants tracent leur chemin et nouent leurs relations, les parents ressentent comme une nécessité vitale de "recaler" leur vie.
Il peut même arriver que cette étape chamboule la foi jusque là axée sur le devoir de la transmettre aux proches et qui tout à coup se réduit à ne plus la vivre que pour soi. Et si d'aventure les signes religieux ne sont pas probants chez les enfants, le doute et même la culpabilité d'avoir failli à son rôle de parents peut ajouter à la "déprime". La tentation existe alors de regretter les choix de vie passés.
23 mai 2007
Transmission en famille
La plus pertinente et la plus imprégnante des transmissions se déroule en famille. La liste est longue des grands et petits événements, des attitudes et des comportements, des paroles et des actes qui sont « la marque » et l’ambiance d’une famille. La façon dont se parle et dialogue le couple, dont les parents écoutent et parlent avec leurs enfants, les thèmes les plus souvent abordés - la politique, la religion, la famille, le travail, l’école, les résultats, les échecs, les réussites, les projets, l’argent…- , les commentaires faits sur la pensée et la vie d’autrui, les jugements, les préjugés, les médisances, qui traduisent parfois le mépris et discréditent telle ou telle personne ou catégorie sociale. Le ton des conversations, qui peut être positif ou négatif, constructif ou destructeur. Même le son de la voix et le ton auquel on recourt, qui peut exprimer le calme, la sérénité, la paix, ou l’agressivité, la violence. Même les petits captent les mots, sans toujours les comprendre.
Si en famille on ne prend pas ce qui est raconté pour argent comptant, s'il faut apporter les preuves de ce que l'on avance, si on s'efforce d'analyser les raisons et les causes, les conséquences d'un événement, d'un comportement, si on apprend à discerner et expliquer selon des critères objectifs et explicites, si en famille on est tenus à être libres, mais aussi vrais..., une transmission se fait dans le quotidien de la vie commune.
Qui est accueilli dans la maison ? A quelles conditions et de quelle façon ? Les portes, les fenêtres, le courrier, le téléphone, la boîte e-mail, donnent-elles des signes d’ouverture, de bienveillance, d’accueil, d’intérêt porté aux autres ? A la famille élargie ? La famille, protégée ou lieu d’apprentissage et de fréquentation de la diversité et de la différence dont le monde grouille ? La place des livres, des revues, des médias audio et télé. Ce qui est favorisé ou au contraire écarté, les raisons alors invoquées des choix. Les commentaires exprimés, la place donnée à la liberté de conscience, d’analyse. Le partage des tâches et des responsabilités, comme des idées et des convictions les plus personnelles.
Cette forme de transmission est le plus souvent diffuse, de temps à autre plus explicite à l’occasion d’événements marquants. Elle peut inviter à intégrer et faire sien ce qui a été offert, ou au contraire inciter à rejeter peu à peu, ou violemment.
12 avril 2007
La famille, lieu de la gratuité
La famille a sa source dans l'amour d'un couple. Ni fusionnel dans lequel l'on est fondu dans la personnalité de l'autre, ni conditionnel comme s'il était soumis aux variations des circonstances, des événements et de l'environnement fluctuant d'une vie, l'amour d'un couple se donne normalement à vivre "dans le meilleur et dans le pire". Dans ce sens, il est gratuit et inconditionnel.
Or cet amour conjugal dans le couple et en couple est la source de la conception, de la naissance, de la croissance d'un enfant. Personne n'oblige un couple à prendre cette initiative et cette responsabilité de transmettre la vie. Il s'agit d'un don. Il est gratuit. Dieu lui-même fait à un enfant conçu le don d'une âme personnelle dont la destination est éternelle. Lorsque l'enfant paraît, nul ne sait ce qu'il devra vivre. Tout ce qui est fait pour lui repose sur la confiance, vertu cousine de la gratuité. Fonder une famille, se charger d'instruire, d'éduquer des enfants, est de l'ordre du service désintéressé. Aucun calcul, aucune stratégie commerciale ou financière n’entre en ligne de compte.
Le don préside aux relations "familiales", des parents aux enfants et réciproquement. La fratrie est initiée et invitée à inspirer leur vie commune à l'aune du don mutuel. Du coup, la cellule familiale constitue une école de l'amour, filial, fraternel et social. On y trouve normalement le bonheur de recevoir et de donner, de faire plaisir et de se réjouir de la socialité. On y apprécie les différences qui, au lieu d'être des menaces ou des moyens de dominer, deviennent des occasions de servir et d'associer les talents. Dans le lien familial s'aiguisent les sentiments, s'expriment les qualités et se polissent les défauts. Avec une seule contrepartie : celle d'être aimé et d'aimer dans la gratuité.
Toutefois, la famille a ses limites et même ses inconvénients lorsqu'au lieu de fournir aux enfants les capacités de se confronter à la vie sociale, à se débrouiller dans une vie autonome, elle devient un étouffoir de liberté et d'audace, leur rogne les ailes qui devraient leur permettre de prendre leur envol.
N'est-ce pas ce piège de la famille que dénonce en sous-entendu Jésus lorsqu'un jour on lui annonce que sa famille le cherche et désire le voir ? Jésus répond en public : "Qui sont ma mère, mon père, mes frères et mes sœurs ? Ce sont tous ceux qui font la volonté de mon Père qui est aux cieux". La famille est un lieu transitoire où chacun(e) reçoit gratuitement les principaux bagages pour "faire sa route".
